Lecture / Ecriture
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L'âme du Mal de Maxime Chattam

Maxime Chattam
  Carnages
  L'âme du Mal
  Maléfices
  In Tenebris
  Le 5e règne
  Les arcanes du chaos
  La théorie Gaïa
  Ados: Autre monde T1: l’Alliance des Trois
  Ados: Autre monde T2: Malronce
  Le requiem des abysses
  Leviatemps

Maxime Chattam est un auteur français de romans policiers né en 1976.

L'âme du Mal - Maxime Chattam

Bon thriller, bon polar. Sans prétention(s).
Note :

   Avant de finir mon été, il me fallait bien plonger un peu à tout le moins dans cette littérature policière, celle qui donne de légers frissons dans le dos, celle qui sied tant aux effluves marins – un bon livre de plage quoi ! J’ai hésité un temps entre Maxime Chattam et John Grisham. Deux styles, deux maîtres à en croire les initiés et les adeptes. Grisham, l’ancien avocat, le spécialiste du thriller judiciaire, ou Chattam, le criminologue plus volontiers versé vers l’horreur, le scabreux, mais au sens implacable du suspens, paraît-il.
   
   Petit relent franchouillard, j’ai commencé par le « ptit gars bien d’chez nous ».
   
   «L’âme du Mal» est le premier roman de Maxime Chattam et premier tome de sa «Triologie du Mal», grand succès de librairie. On y découvre un tueur en série, éliminé au début de l’ouvrage. Mais voilà qu’un an plus tard, Portland est de nouveau le théâtre d’horreurs portant la signature du premier tueur, pourtant mort et enterré. Le jeune inspecteur Brolin, aux côtés d’une sémillante et futée étudiante en psychologie – traduisez : qui a beaucoup de temps pour elle… non c’est méchant et gratuit, je plaisante ! – qui aurait dû être la dernière victime du premier tueur, va élucider un mystère dont résonnent les murs de la cité.
   
   Que ceux qui me lisent régulièrement ne me taxent pas d’ironie impromptue – à prononcer avec un «p» muet, comme dans «comptable» et non comme les illettrés du journal de 20 heures. L’auteur mène son intrigue, son squelette, avec brio. Le synopsis est de qualité, son développement inventif et les rebondissements autant surprenants qu’haletants. Par contre, et je ne pense pas que cela représente une critique mais plutôt un constat, l’écriture n’est pas littéraire – passez-moi l’expression. C’est une plume que l’on pourrait qualifier de fonctionnelle en quelque sorte. Les descriptions sont évidentes, le champ lexical basique, les images se répètent à l’envi, les points fréquents. Phrases courtes. Intensité de l’adjectif unique. Mais tout cela est certainement voulu et correspond au genre représenté par un auteur qu’il convient de conseiller aux amateurs du thriller.
   
   Je n’aime pas ce genre d’écriture. Mais c’est un avis tout à fait personnel et, j’allais dire, qui n’a rien à voir avec ce bouquin. Tout se tient ici. A lire. Pour l’intrigue et non pour le verbe donc.
   
   
   Trilogie du mal :
   
   1 - L’âme du mal

   2 - In tenebris
   3 - Maléfices
    ↓

critique par Kassineo




* * *



Un peu trop didactique
Note :

   Portland, Oregon, de nos jours. L’homme que les policiers surnomment «le Bourreau de Portland» sévit dans la ville. Il a capturé l’une de ses proies en la personne d’une jeune étudiante de psychologie, Juliette. Au moment où le tueur en série s’apprête à commettre l’irréparable surgit Joshua Brolin, inspecteur de police d’une trentaine d’années qui a été formé en psychiatrie criminelle et excelle à traquer les tueurs. Il élimine le Bourreau de Portland et sauve de ce fait d’une mort certaine sa victime. Une année s’écoule paisiblement. Puis des meurtres atroces secouent de nouveau la ville qu’on croirait commis par le Bourreau de Portland, tant la signature des meurtres lui ressemble. S’agit-il d’un copycat? Ou bien alors du fantôme du bourreau? En voulant approcher la vérité, Juliette et Joshua courent droit vers l’Enfer…
   
   Maxime Chattam signe avec «L’âme du mal» le premier tome de sa «Trilogie du mal». J’ai lu l’ensemble de la trilogie mais dans le désordre: avec «L’âme du mal», je boucle la trilogie. Je dois dire que je regrette un peu de n’avoir pas lu cet opus introductif en premier. En effet, je connaissais déjà la fin, tout du moins l’un des épisodes majeurs de l’histoire. Cela a fait décroître quelque peu le suspens. Je conseille de lire les différents opus, notamment le premier, dans l’ordre afin de conserver le suspens.
   
   J’ai retrouvé l’écriture efficace de Maxime Chattam, les éléments essentiels qui composent son style. Tout d’abord, l’œuvre est très glauque, même si le début reste très soft et peut justement attirer de ce fait. L’auteur aime à nous entraîner dans les salles d’autopsie, se plaisant à fournir à son lecteur maints détails lugubres et médico-légaux. D’ailleurs, contrairement aux autres tomes, je le trouve très didactique dans cet opus: il a le souci d’instruire son lecteur (un peu trop à mon goût) en décrivant les ressorts des enquêtes de police scientifique ou de la psychiatrie criminelle. Il pousse un peu trop l’idée selon laquelle Joshua Brolin se met dans la peau du tueur en série, faisant preuve d’une véritable empathie. Après les premiers meurtres, Joshua est capable de dresser un portrait – physique et psychique– très précis du tueur. Cela m’apparaît peu crédible et ôte beaucoup au suspens. D’ailleurs les autres protagonistes du récit ne croient guère non plus à la véracité du portrait-robot dressé par Joshua.
   
   On trouve beaucoup d’action, notamment à la fin, beaucoup de mystère, de suspens, un peu de sexe également, sexe déviant, à travers le meurtrier, pulsions plus avouables entre Joshua et Juliette.
   
   Maxime Chattam a écrit un thriller terrifiant et l’on se demande même à un moment donné s’il ne va pas basculer dans la sphère du fantastique, autre domaine qu’il affectionne particulièrement (à travers par exemple sa saga «Autre-monde»).
   
   Je n’ai guère accroché à la deuxième partie (la partie majeure de l’opus); mon intérêt s’est davantage mobilisé lors de la troisième partie, la partie finale et conclusive, un peu comme pour «Maléfices» (3ème opus). Même si j’ai bien aimé la troisième partie, j’ai trouvé le final assez peu crédible.
   
   Une œuvre divertissante dont la fin annonce bien les deux autres opus, mais trop glauque et trop didactique.
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critique par Seraphita




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Roman de jeunesse
Note :

   Lorsqu'il a décidé de renoncer à sa carrière de profileur au FBI pour rejoindre la police de Portland, Joshua Brolin n'imaginait pas qu'il serait rapidement confronté à l'une des enquêtes les plus éprouvantes qui soit: deux femmes ont été retrouvées mortes, à quelques jours d'intervalle, le front brûlé par une sorte d'acide et les avant-bras découpés. Alors que Brolin tente d'établir le profil psychologique du meurtrier, une jeune étudiante, Juliette Lafayette, est enlevée devant la villa de sa meilleure amie, et se réveille dans une cave aux murs épais, qui ne présente visiblement aucune issue. Mais Brolin et ses collègues découvrent, grâce aux prélèvements effectués sur l'une des victimes, l'existence de Leland Beaumont, un marginal célèbre pour sa passion peu commune: les sculptures de mains. Aussitôt, Brolin décide de rendre une petite visite de courtoisie à l'étrange sculpteur. Il est bien loin d'imaginer qu'au même moment, Leland Beaumont vient de rejoindre Juliette dans la "cave" de sa demeure, et s'apprête à lui trancher les avant-bras, avant de l'achever, comme il l'a fait pour les deux victimes précédentes. Et comme les choses sont bien faites, alors que Beaumont lève son arme pour accomplir son funeste geste, Brolin fait irruption dans la pièce et l'abat d'une balle dans la tête, sauvant la pauvre Juliette in extremis. Un an plus tard, toute l'affaire semble bel et bien terminée, quand Brolin est averti de la découverte, dans une maison abandonnée transformée en squat, d'un cadavre féminin atrocement mutilé: la femme semble avoir succombé après avoir reçu un grand nombre de coups de couteau, couteau que le meurtrier lui a ensuite planté dans le sexe. Mais le plus incroyable est qu'elle présente sur le front une brûlure étrangement familière, et qu'elle a les avant-bras tranchés. Brolin ne croit pas aux revenants, et il a vu le crâne de Beaumont exploser sous ses yeux. Alors, a-t-il affaire à un simple copycat? Mais qui pourrait savoir, pour l'acide, alors que ce détail est resté secret et n'a été communiqué qu'aux enquêteurs? D'autant que peu après, les policiers et Juliette reçoivent une lettre anonyme du meurtrier, leur annonçant d'autres crimes et citant des vers de L'Enfer de Dante. D'après Brolin, ces lettres viendraient non du serial-killer lui-même, mais d'un mentor, quelqu'un qui tirerait les ficelles dans l'ombre et que l'inspecteur a surnommé "Le Corbeau". Mais Brolin et ses collègues vont avoir fort à faire pour empêcher Le Corbeau et le Fantôme de Portland de mener à bien leur sinistre mission, et de franchir les neuf cercles de l'Enfer en laissant derrière eux des victimes atrocement mutilées...
   
   
   Avec ce roman, qui constitue le premier volet de La Trilogie du Mal (dont nous avons déjà critiqué le dernier tome, Maléfices), Chattam ouvre sa série d'enquêtes menées par Joshua Brolin, ancien agent du FBI, profileur, fraîchement parachuté au sein de la police de Portland, ce qui ne lui a pas attiré que de la sympathie, étant donné son jeune âge et son manque d'expérience sur le terrain. Néanmoins, comme les premières pages le confirment, Brolin est un excellent élément, et peut compter sur l'appui de ses collèges Lloyd Meats, Larry Salindro et Craig Nova, avec qui il forme une équipe soudée et efficace. On s'attache rapidement à cette équipe de fins limiers, qui conjuguent investigation scientifique poussée et profilage (selon la technique que Brolin utilise pour cerner la personnalité du tueur, l'empathie, comme il nous le rappelle à peu près toutes les cinquante pages pour être sûr que l'on comprenne bien).
   
   L'histoire est plutôt originale, on a rarement affaire à des copycats dans les polars francophones, mais malheureusement, il faut bien le dire, le dénouement est d'une facilité désarmante, de celles qu'on pourrait à la rigueur tolérer dans un épisode de Julie Lescaut ou les romans de Grangé, mais là, vraiment, de la part de Chattam, on s'attendait à mieux, parce que le deus ex machina donne vraiment l'impression qu'il ne savait pas trop comment terminer son roman. L'idylle naissante entre Brolin et l'ancienne victime de Beaumont, Juliette, est assez bien menée, et c'est l'un des points positifs de l’œuvre.
   
   Toutefois, on sent, à la lecture de ce roman de jeunesse, que Chattam, ancien élève de criminologie, a essayé de caser dans son œuvre le maximum de détails crédibles, notamment sur les pratiques médico-légales ou les techniques d'investigation, on se croirait dans un épisode des Experts, mais délayé sur 500 pages, et l'on sent le "Frenchie" en admiration devant les moyens et les techniques de la police scientifique américaine. Du coup, Chattam lasse un peu son lecteur, et semble un peu trop se positionner dans la lignée de Patricia Cornwell et Harlan Coben, sans acquérir sa propre identité d'écrivain, ce que confirme un style encore trop plat, digne d'un bon roman de gare, certes, mais d'un roman de gare quand même.
   
   Un bon point à accorder à Chattam, c'est que, même avec un sujet aussi morbide, et malgré des descriptions assez crues, il ne tombe pas réellement dans le glauque, comme aurait pu le faire un Thilliez, par exemple. L'auteur parvient également à tenir, bon gré mal gré, son lecteur en haleine (presque) jusqu'au bout, et livre un roman loin d'être indigent, mais certainement pas son meilleur.

critique par Elizabeth Bennet




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