Lecture / Ecriture
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La douceur des hommes de Simonetta Greggio

Simonetta Greggio
  La douceur des hommes
  Les mains nues

La douceur des hommes - Simonetta Greggio

Tout ou rien….
Note :

   Constance et Fosca sont en route pour Venise. Un voyage fait comme un pèlerinage. Un voyage d’ombres et de lumières. Pour Fosca qui est âgée de 87 ans, c’est une ligne droite, la dernière. Un peu comme le dernier bout de chemin à accomplir, celui qui ne mènera plus nulle part…
   
   Elle, qui a tant profité de cette vie, de ce qui lui a été donné de croquer, de goûter, veut profiter de ces derniers instants, de cette amitié qui la lie à Constance pour tout dire, tout ce qui peut l’être…Tout sur l’amour, le sexe et les hommes…
   
   Grand-mère d’emprunt, Fosca étalera au gré des kilomètres ses souvenirs, ses étreintes impudiques et sensuelles. Elle racontera sa première fois, ses désirs gourmands.
   
   En amour, pour et par les hommes, elle sera tour à tour dépendante, prisonnière, puis dominatrice… Jusqu’à devenir l’esclave de ses sentiments.
   
   Ce roman, écrit avec délicatesse, finesse, tout en douceur et légèreté, nous parle d’amour, de poésie, de passion, de sensualité. Avec grâce mais jamais de violence, l’auteur nous montrera qu’à trop aimer, l’on peut parfois tout perdre…et même plus.
    ↓

critique par Patch




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Un peu banal...
Note :

   «Toute ma vie, j’ai aimé, bu, mangé, fumé, ri, dormi, lu. De l’avoir si bien fait, on m’a blâmée de l’avoir trop fait. Je me suis bagarrée avec les hommes pendant plus de soixante ans. Je les ai aimés, épousés, maudits, délaissés. Je les ai adorés et détestés, mais jamais je n’ai pu m’en passer… La chaleur des hommes qui m’a si bien enveloppée, ne fait que me rendre plus odieux ce grand froid qui avance.»
   
   Rien de mieux que cet extrait maintes fois repris pour résumer ce court premier roman de Simonetta Greggio. On suit pendant 153 pages une jeune femme qui part sur les traces de l’histoire de Fosca, la vieille dame indigne qui l’a adoptée, un soir à Venise. Fosca qui l’a initiée à la vie et à ses plaisirs, qui a répondu à son besoin de tendresse et d’amitié, si nécessaires à l’être humain. Fosca à la vie si bien remplie par l’amour. Car "La douceur des hommes" est avant tout un roman qui parle d’amour, de désir, de rencontre des corps, de découverte de soi: Fosca a appris à se connaître, à se donner à ceux qu’elle a aimés. La douceur des hommes est aussi une douceur et une douleur de vivre. On découvrant Fosca, en la suivant, il vient comme une envie de vivre comme elle a vécu. Entièrement.
   
   Mais malgré le plaisir que j’ai eu à la lecture de ce roman, une chose m’a gênée: sa banalité. Je m’explique: Fosca parle beaucoup au fil de ces pages. Elle parle beaucoup et énonce sous une forme parfois choquante, parfois poétique, parfois touchante des choses que nous savons sur l’amour, la souffrance, l’amitié, le bonheur. Ces propos donnent des moments de lecture intenses, mais font de Fosca un personnage assez monolithique: celui de la vieille dame porteuse de la Sagesse et de la Vérité. Cela encore passerait sans peine grâce à la plume de Simonetta Greggio. Mais le mystère soigneusement entretenu jusqu’à la fin autour de ce Samuel dont Fosca refuse de parler n’aboutit finalement qu’à la plus banale des histoires. Je n’en révèle pas plus, sinon que cette chute m’a déçue, même si ce sont les histoires les plus communes qui provoquent les plus grandes souffrances. Quant aux malheurs de la narratrice, je ne suis pas parvenue du tout à compatir: aucune empathie ni identification! Les aventures de Constance ont donné pour moi des moments de creux.
   
   
   Bref, une jolie lecture, portée par le style agréable de l’auteur, mais une lecture sans passion.
   
   Encore un extrait pour la route:
   
   «Aimez-les, vos amis, vos amours, aimez-les de toutes vos forces, mettez-y tout ce qu’il y a de plus beau en vous.»

   ↓

critique par Chiffonnette




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Une petite merveille
Note :

   Résumé
   
   "Toute ma vie, j'ai aimé, bu, mangé, fumé, ri, dormi, lu. De l'avoir si bien fait, on m'a blâmée de l'avoir trop fait. Je me suis bagarrée avec les hommes pendant plus de soixante ans. Je les ai aimés, épousés, maudits, délaissés. Je les ai adorés et détestés, mais jamais je n'ai pu m'en passer... La chaleur des hommes, qui m'a si bien enveloppée, ne fait que me rendre plus odieux ce grand froid qui avance. Il n'y a pas de bras assez puissants pour m'en préserver, dans la nuit qui vient."

   
   
   Commentaire
   
   Il y a des périodes où, je crois, nous laissons davantage la porte ouverte et dans lesquelles nous sommes plus facilement touchés par des romans, des mots et des émotions. Je dois être dans l'une de ces périodes parce que après "Cher Émile", voici le deuxième roman qui me touche profondément depuis quelques jours. J'ai été vraiment chamboulée par ces quelques pages et par Fosca, cette femme qui a tant aimé.
   
   L'histoire? C'est celle de Fosca, 87 ans et de Constance, environ début trentaine. Fosca sait qu'elle va bientôt mourir. Et au cours d'un road trip en Italie, elle se raconte à Constance. Elle raconte ses amours, ses passions, ses hommes, sa vie. Une ode à l'amour et à la vie que nous entendons chanter le temps de ces 150 pages. Fosca livre à Constance ses grands bonheurs, ses petits instants de joie et ses grandes souffrances. Elle raconte sa façon de se jeter tête première à la rencontre de la vie et des sentiments - bons ou mauvais - qui y sont associés. Partout on sent l'intensité et le goût de profiter de chacun des moments qui lui sont accordés. Elle aura vécu des moments merveilleux, des moments de grande douleur... mais elle aura vécu!
   
   J'ai été profondément touchée, n'étant pas de nature à dévoiler ce que je suis et ce que je ressens vraiment. Je ne suis pas du genre à "dire"... mais j'y travaille! Il y a tant de choses qui sont venues me chercher dans ces pages que j'ai de la difficulté à en parler de façon cohérente. Une chose est certaine, c'est que ce fut pour moi une petite merveille que ce livre!
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critique par Karine




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Entre deux mâles, faut-il choisir?
Note :

    Certains livres, lors de leur parution, vous ont attiré, d'autant plus que leur titre ne manquait pas de flatter votre ego masculin, comme un réalité peu reconnue. Fortuitement, vous rencontrez à nouveau cette première de couverture, et, cette fois, vous investissez le roman.
   
    On assiste, au tout début, à la crémation de Fosca, vieille amie de la narratrice, Constance. Tout le roman consiste en ce long récit d'amitié, flashbacks de la vie de Fosca, avec retour vers le présent. A l'orée de leur rencontre, elles sont entre France et Italie et la route défile. Dans le récit, les hommes aussi.
   
    Orpheline toute jeune, Fosca est élevée par ses tantes. Bientôt les hommes vont la prendre en charge: voilà Nigel puis Jules. Camillo devient le mari. Surgit Olivier, le jardinier pour faire l'amant de la lady.
   
   Et on alterne entre présent et passé au point que, parfois, on se perd: sont-ce les souvenirs de Fosca ou de Constance? Les amants font également de l'alternance, le mariage est en CDD, volatil.
   
    Puis, on revient à un passé post mortem où Constance découvre des lettres et du courrier de la défunte à classer. Entre en jeu Samuel qui fait des détours très longs avec Clotilde au grand dam de Fosca.
   
    A l'heure de sa mort, Fosca, fiévreuse, fait un voyage onirique, sorte de descente aux enfers, au royaume d'Hadès, à la rencontre de ces amants-là.
   
    Peut-être avons-nous mal lu. Peut-être n'est-ce pas assez bien construit pour un lecteur rétif, en mal de la douceur promise, jamais advenue. Ce roman peut plaire l'été, en oisiveté, Il n'a pas comblé votre serviteur, qui apprécie les alliances méthodiques.
   
    Nous ferons sans doute d'autres rencontres fortuites avec d'autres premières de couverture où la douceur des hommes sera mieux comprise.

critique par Alain Dagnez




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