Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Essais de réponse de Erri De Luca

Erri De Luca
  Montedidio
  Trois chevaux
  Acide, Arc-en-ciel
  Le contraire de un
  Essais de réponse
  Un nuage comme tapis
  Le jour avant le bonheur
  Les poissons ne ferment pas les yeux
  Le chanteur muet des rues

Erri De Luca est né à Naples en 1950, il vit actuellement près de Rome.

Il a participé à des mouvements d’extrême gauche qui continuent à avoir sa sympathie.

Ayant quitté à 18 ans un avenir tout tracé (études, métier confortable) il a voyagé en menant une vie d’ouvrier non qualifié sans jamais cesser d’écrire. Il n’a pas été publié avant d’avoir 40 ans.

Il est actuellement un écrivain reconnu.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Essais de réponse - Erri De Luca

La voix
Note :

   Ces essais de réponse ne sont pas une interview, ce n’est même pas une interview dont les questions auraient été effacées. Il s’agirait plutôt de tentatives de réponses par de Luca à des questions qui lui ont été plusieurs fois posées à diverses occasions, ou simplement, des renseignements qu’il a envie de donner sur lui-même.
   
   Après avoir opposé le silence aux questions de la police, lors de ses activités politiques, il admet que tous les questionnements ne sont pas interrogatoires, que l’on puisse aussi vraiment « demander pour connaître quelqu’un », que cette démarche est respectable et que c’est ce que font maintenant ses lecteurs. A ce jeu-là, il veut bien se prêter, en partie du moins. Il choisira les questions, donnant la préférence à celles qui portent sur ce qu’il aime.
   
   Il a organisé cela en une douzaine de courts textes prenant forme de souvenirs ou de considérations sur tel ou tel thème. Il a écrit en toute liberté de forme et j’ai retrouvé là sa voix et sa personnalité exactement accordée à l’idée que je m’en étais faite à la lecture de ses nouvelles ou romans.
   
   Il aborde quelques questions personnelles comme dans ses considérations sur les origines, sur ses actions militantes, l’alpinisme, ses lectures de la Mikra (quoique ce point soit à cheval entre les domaines personnels et littéraires) ou ses activités politiques.
   Il aborde également quelques unes des questions qui sont celles des écrivains : les relations à la fiction (moi qui venait de lire Vargas Llosa s’exprimer abondamment sur ce thème…*), aux livres, à la lecture et à l’écriture (bienvenue chez nous).
   
   En ce qui concerne sa lecture quotidienne de la Mikra, certains ont eu le culot de décider pour lui que cela impliquait qu’il était forcément « et même s’il l’ignorait lui-même » (!) , croyant.
   
   Il dit bien, parlant de sa lecture des textes religieux : « Moi, je reste à l’entrée, au début, je m’arrête à la source, tandis que la religion, la tradition sont l’estuaire de cette eau qui, chemin faisant, s’enrichit et se trouble de tout. »
   Cependant, on lit parfois sur lui des phrases du genre «bien qu’il se prétende athée». « Prétende »!! Mais qui le saurait si ce n’est lui-même ? Qui a le droit d’en décider sinon lui ? Quand UnTel déclare « Je suis juif, ou chrétien, ou musulman » personne ne met jamais sa parole en doute. Mais ceux qui parmi vous essaient d’expliquer qu’ils sont athées, non, non, pas agnostiques (comme on leur ressort aussitôt en faisant semblant de répéter ce qu’ils ont dit), athées; eux-là connaissent le mur de la surdité et du refus implicite que j’évoque ici. Apparemment, encore un mur que De Luca connaît aussi.
   
   Quoiqu’il en soit, il réagit pourtant quant à lui avec la plus grande tolérance vis-à-vis des religieux et ne leur a pas cédé le terrain au point de ne pouvoir parler de sa propre lecture et évoquer la fascination qu’il éprouve pour ce livre.
   
   Conclusion : à lire si vous aimez Erri de Luca ou s’il vous intéresse, et sinon… ben non.
   
   * En ce qui concerne les liens entre souvenirs et vérité, création et fiction, il rejoint le point de vue de Mario Vargas Llosa.

critique par Sibylline




* * *