Lecture / Ecriture
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Ni d’Eve ni d’Adam de Amélie Nothomb

Amélie Nothomb
  Les combustibles
  Cosmétique de l'ennemi
  Les Catilinaires
  Robert des noms propres
  Antechrista
  Stupeur et tremblements
  Journal d’Hirondelle
  Acide Sulfurique
  Mercure
  Le sabotage amoureux
  Métaphysique des tubes
  Ni d’Eve ni d’Adam
  Le fait du Prince
  Une forme de vie
  Tuer le père
  Hygiène de l'assassin
  Le mystère par excellence
  Barbe bleue
  Attentat
  La nostalgie heureuse
  Pétronille
  Le voyage d’hiver
  Biographie de la faim
  Le crime du comte Neville
  Frappe-toi le cœur
  Riquet à la houppe

Amélie Nothomb est le nom de plume de Fabienne-Claire Nothomb, écrivaine belge francophone née en 1966 à Bruxelles. Fille d'ambassadeur, elle a passé son enfance en Asie et aux Etats Unis.
Auteur prolifique, elle a écrit de nombreux romans (traditionnellement un par an).

* Interview dans la rubrique "Rencontres"

Ni d’Eve ni d’Adam - Amélie Nothomb

Dans ce furoshiki, il y a…
Note :

   Je ne suis pas une spécialiste d’Amélie Nothomb, loin s’en faut. J’ai dû lire deux de ses romans, en commencer deux autres, sans me laisser jamais séduire. Par contre, j’ai beaucoup ri avec «Stupeur et tremblements», et me suis également énormément amusée avec ce dernier opus. J’apprécie donc peu la romancière, mais la narratrice m’enchante lorsqu’elle est le sujet de ses écrits.
   
   Or donc, Amélie a vingt ans et nous sommes juste avant son embauche dans la grosse boite japonaise qui a été racontée dans «Stupeur… ». Fraîchement établie au Japon, elle décide de donner des cours de français, dans le but (logique) de perfectionner son japonais. Rencontre avec Rinri, et plus si affinités…
   
   C’est un petit régal léger et sophistiqué, narré d’une plume alerte et gentiment moqueuse, qui nous parle d’un Japon fort séduisant. J’ai été émue à la conclusion, j’ai été touchée à vrai dire par l’ensemble du roman. Je trouve la photo en couverture magnifique, je suis admirative de cette capacité à rendre un personnage si amusant en l’éreintant sans cesse, surtout quand il s’agit de soi !!
   
    C’est pétillant, c’est fantaisiste, la plume manie un français qui chante à mes oreilles (j’ai découvert le verbe équivaloir, je suis partie dans un rapprochement avec Philippe Katherine et son « il aurait mieux fallu, c’eut été plus élégant », etc.) bref, j’ai lu ça en deux petites heures (oui, quand même, quelle typographie aérée !!), un sourire ravi aux lèvres, et je ne regrette pas un instant mes 17,90 €.
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critique par Cuné




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Amélie Nothomb se met en scène avec brio
Note :

   "Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français".
   
   
   Tokyo, 1989.
   
   Amélie passe une annonce pour donner des cours de français, pensant que cela pourra l'aider à parfaire son japonais, langue qu'elle n'a plus parlé depuis qu'elle a quitté ce pays à l'âge de cinq ans, et où elle vient de revenir alors qu'elle est maintenant âgée de 21 ans. Le soir même, elle reçoit un appel d'un étudiant intéressé. Rendez vous est pris pour le lendemain dans un café où elle se retrouve face à Rinri, jeune homme de 20 ans, dont le niveau de français laisse vraiment à désirer. Le japonais d'Amélie n'étant pas meilleur, ils commencent par converser en anglais avant d'entamer une leçon ou du moins de s'appuyer sur leur conversation pour progresser. Rinri semble satisfait, et ils conviennent d'une seconde leçon pour la semaine suivante au même endroit. Peu à peu entre l'élève et le professeur se lie une amitié et ils passent du vouvoiement au tutoiement. Puis ils finissent par devenir amants.
   
   C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé l'univers d'Amélie Nothomb, toujours égale à elle même, dans cette autobiographie où elle se met en scène avec brio. Loin des autofictions nombrilistes qu'on peut lire ici ou là et qui n'apporte pas grand chose, ce récit d'une période amoureuse de sa vie est vraiment réjouissant, prétexte à parler de ce Japon qu'elle aime tant et où elle a vécu, des coutumes et bizarreries de ses habitants mais aussi des relations amoureuses.
   
   Emouvante, franche, elle se livre et s'ouvre sans détour mais toujours avec pudeur, nous réservant des passages à la fois drôles et surprenants -des invités très ponctuels, un appartement technologique-, toujours une même vivacité d'écriture, une façon particulière de jongler avec les mots, de faire des dialogues plus que de l'action une force.
   
   Une lecture vraiment distrayante, facile et agréable. Enfin, je trouve la première de couverture avec la photo d'Amélie superbe. Bref le dernier Nothomb m'a plus que convaincue.
   ↓

critique par Clochette




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L’étreinte fraternelle du samouraï…
Note :

   Bien évidemment, je ne pouvais pas commencer l’année sans le dernier d’Amélie Nothomb…et celui-là, je n’ai même pas été obligée d’attendre qu’il sorte en poche (merci Père-Noël !). Et comme de coutume, je ne m’en lasse pas !
   
   Nous voici donc encore une fois dans la trépidante vie d’Amélie qui nous raconte une période de sa vie, entre 21 et 23 ans, et son premier «amour»… Entre guillemets, parce que c’est bien plus complexe que ça et très difficile à définir… elle l’explique beaucoup mieux elle-même.
   
   Amélie a donc 21 ans et décide de retourner dans le pays de son enfance, le Japon et plus précisément à Tokyo… Pour pouvoir trouver un emploi et survivre, elle décide, en parallèle des cours de japonais qu’elle étudie, de donner des cours de français… L’échange lui semble intéressant… C’est là qu’elle va rencontrer celui qui va être son élève, Rinri… Leur relation va bientôt passer naturellement de élève/professeur à de l’amitié et puis les points communs et tout simplement le bonheur qu’ils ont d’être ensemble vont les emmener vers une relation plus profonde…
   
   Deux années vont s’écouler, dans la sérénité, le bonheur, les imprévus, l’humour, la liberté… jusqu ‘à ce que Rinri demande Amélie en mariage… Et oui, Amélie aime son indépendance… choisira-t-elle Rinri, son âme sœur ou la fuite ?
   
   Ce roman est un très beau témoignage, Amélie Nothomb nous montre une de ses facettes, la sensibilité, même si bien évidemment, l’étrangeté et l’humour sont toujours de la partie… Mais quoi qu’il en soit, pas de sarcasme, pas d’envie de meurtre… Un roman qui m’a beaucoup touchée et de toute manière… j’aime son style et je n’en démords pas !
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critique par Mme Patch




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Autobiographie ( ?) d’un cas
Note :

   Pour moi, cette auteure est un vrai phénomène. Elle est toujours dans la provocation ; même si dans ce dernier opuscule, on trouve davantage de tendresse et de modération.
   
   L’écriture reste des plus intéressantes, Amélie Nothomb a manifestement une certaine aisance, que ce soit dans la description ou dans le comique de situation, elle maîtrise… Son style, son vocabulaire, sa connaissance des langues et de la littérature en font un écrivain bien à part dans sa génération. Je dois avouer qu’il y a des romans – je ne citerai que "Journal d’ Hirondelle"- qui m’ont carrément "saoûlée" ! Dans celui-ci, hormis quelques platitudes concernant les coutumes japonaises, j’ai trouvé une certaine mansuétude que je ne soupçonnais pas chez Nothomb. Sa vision de l’amour est des plus éthérées, bien sûr, comment pourrait-il en être autrement quand on connaît un peu LE personnage ?
   
   Le thème principal du roman repose sur la relation Rinri – Amélie, avec, en filigrane, un retour aux sources (le Japon) pour Amélie, ce qui n’est pas négligeable dans l’intrigue. C’est savoureux, élégant ; enfin, plaisant et facile à lire (ce qui n’est pas toujours vrai avec cette auteure !)
   
   *Quelques phrases piochées parmi tant d’autres :
    «- Le moyen le plus efficace d'apprendre le japonais me parut d'enseigner le français.
   
   - L'amour est un élan si français que d'aucuns y ont vu une invention nationale.
   
   - On ne dira jamais assez combien je me suis dévouée pour la littérature française.
   
   - J'ai toujours eu le lyrisme mégalomane.

   
   PS : je trouve aussi que la couverture vaut une mention.
    ↓

critique par Jaqlin




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Retour sur un passé japonais
Note :

   Nous sommes ici dans un Amélie Nothomb "sobre", dans la lignée de "Stupeurs et tremblements". Largement autobiographique en fait, Amélie Nothomb revient sur une partie japonaise de sa vie et, à l’instar de Marguerite Duras avec "L’amant", d’une partie amoureuse, plutôt douloureuse semblerait-il…
   
   Amélie Nothomb a 21 ans, elle est au Japon, n’a pas d’indépendance financière à proprement parler et se retrouve à devoir gagner de quoi subsister. En même temps, peu à l’aise avec la langue japonaise, elle cherche à progresser. Additionnez les deux termes de l’équation, secouez bien et vous trouverez peut-être la solution brevetée Nothomb : donner des cours de français à un Japonais! Chose imaginée, chose faite et Amélie Nothomb se retrouve vite fait avec un élève, tokyoïte, à peine moins âgé qu’elle, aussi mauvais en français qu’elle l’est en japonais. C’est Rinri.
   Les cours s’enchainent, une relation se noue et le professeur et son élève passent au statut d’amants. Rinri, au contraire de son professeur, a beaucoup d’aisance financière – fils d’un riche entrepreneur, ça aide! – et Rinri est très amoureux. Au point de proposer à son professeur de l’épouser. Mais, contre toute attente – le professeur est peut-être aussi moins amoureux que l’élève? – elle élude, trouve une solution d’attente et de compromis – bien japonaise, je trouve, la solution! – elle accepte de se fiancer à Rinri. Ne pas dire non et reculer le moment crucial de la décision.
   
   Bien évidemment on est toujours rattrapé un jour ou l’autre par la décision fatale. C’est qu’entre temps, Amélie Nothomb a intégré une société japonaise (cf "Stupeurs et tremblements") dans laquelle le concept d’épanouissement n’est pas le mieux respecté (!) et choisit brutalement, un peu lâchement quand même, de tout casser : le contrat nippon et la relation avec Rinri. Elle ne lui dit pas qu’elle part définitivement, prend un billet d’avion pour la Belgique et s’invite à vivre chez sa sœur, chose qui ne coule pas de source pour autant.
   
   La relation avec Rinri doucement s’estompe. On est surpris de la passivité et du grand stoïcisme du dénommé Rinri. Toujours est-il… toujours est-il que c’est un roman (autobiographie plutôt?) de plus d’Amélie Nothomb et que ça me parait une réussite.

critique par Tistou




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