Lecture / Ecriture
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Le syndrome d’Ulysse de Santiago Gamboa

Santiago Gamboa
  Le syndrome d’Ulysse
  Perdre est une question de méthode
  Nécropolis 1209
  Prières nocturnes
  Retourner dans l'obscure vallée

Santiago Gamboa est un écrivain colombien né en 1965 à Bogota. Il a étudié la littérature à l'Université nationale de la Colombie, puis la philologie hispanique à l'Université de Madrid. Après avoir été journaliste au service en langue espagnole de Radio France internationale et correspondant du quotidien El Tiempo, il est actuellement attaché culturel de l'ambassade de Colombie à l'UNESCO.
(Source éditeur)

Le syndrome d’Ulysse - Santiago Gamboa

« Ne sois pas aussi tragique, on dirait un péruvien. »
Note :

   « A mon avis, tous ceux qui veulent écrire n’en ont pas forcément les capacités, la littérature ne figure pas parmi les droits de l’homme. Il y a certains espaces que l’on doit conquérir seul, à la force du poignet, à condition de les mériter, tu ne crois pas ? »
   
   Dire que je culpabilise lorsque de nombreux livres me tombent des mains, que je ne parviens pas à trouver la motivation nécessaire pour les parcourir consciencieusement. Mais puisqu’il existe des romans comme celui-ci, dont la lecture est juste jubilatoire de bout en bout, au nom de quoi faudrait-il perdre son temps avec le reste ?
   
   Installons-nous confortablement et partons pour Paris avec Esteban. Nous sommes à la fin des années 90, et il vient juste d’arriver en France, bien décidé à empoigner la vie. Le cœur léger et le bagage mince, ce ne sont pourtant pas des rêves de conquête ou de haut d’affiche qui l’habitent. Non, ce qui le meut c’est Paris. Le Paris des écrivains, écrire, quitter la Colombie mais peut-être y revenir, pas de passif politique, pas de drame derrière-lui. Il trouve une petite chambre de bonne, donne des cours d’espagnol, fait la plonge dans un restau, mais ça ne nourrit pas son homme et c’est vraiment la dèche ; chaque sou est compté et ne suffit pas, la faim est là. Heureusement il y a des rencontres, surprenantes, variées, des amours et des amitiés qui se nouent. Au jour le jour, d’une façon extrêmement charmante et dont on jurerait la sincérité totale, installons-nous avec Esteban dans son nouveau pays, la France ; faisons connaissance avec tous ces êtres apatrides et évoluant dans des sphères aux antipodes les unes des autres, parlons littérature, romans, intrigues, sexe, parties fines, amour, amitié, vie.
   
   Il se perd, Esteban, pendant un moment. Laisse dormir son manuscrit dans son tiroir. Mais jamais ne s’éloigne de la littérature, c’est magique ce côté-là, tout lui fait penser à un livre, tout lui rappelle tout. Il avance, une chose après l’autre, le cœur droit, tout le temps, ne juge rien ni personne, il est naïf, il est lâche, il souffre…
   
   Ah j’ai adoré ce roman, il est foisonnant, il est tendre et méchant, drôle et étrange, plein d’une vitalité contagieuse. Ses personnages sont magnifiques, tous, c’est un formidable passeport pour la littérature latino-américaine, une incursion follement réussie dans un monde cosmopolite très attirant.
   
   Par contre, une mise en garde : certaines scènes, bien intégrées dans une narration fluide, sont très érotiques.
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critique par Cuné




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Esteban, un immigré parmi tant d'autres
Note :

   "Il est malsain de dormir trop longtemps sur les canapés ou les tapis des autres, il faut savoir résister à la gentillesse de ceux qui nous les offrent, car la vie a beau être dure, chacun a besoin d'une chambre à soi"
   
   
   Paris, début des années 1990.
   
   La vie n'est pas facile pour Esteban, jeune immigré colombien, qui vit pauvrement dans une chambre de bonne à Neuilly sur Seine, en donnant quelques trop rares cours d'espagnol pour survivre. Obligé d'aller à la piscine pour pouvoir se laver, il étudie la littérature et rêve de devenir écrivain. Des réunions avec d'autres réfugiés lui permettent d'échapper à la solitude de sa chambre et de tenter d'oublier Victoria, "le grand amour de sa vie" qui vient de le quitter.
   
   Heureusement, il côtoie d'autres exilés venus comme lui à Paris et notamment Paula, sa "fée protectrice" grâce à qui il réussit à se raccrocher à la vie, Sashia, la prostituée roumaine au coeur tendre, Salim, son ami arabe étudiant, Jung, son collègue de plonge dans un restaurant. Solidarité, amitié, amour mais aussi sexe -certaines scènes sont très érotiques- et alcool aident tous ces exilés à oublier la difficulté de leur quotidien et à garder l'espoir d'une vie meilleure, malgré tout toujours présent.
   
   Ce très beau roman, qui vous happe et vous prend aux tripes, est un livre sur l'immigration mais qui l'analyse de l'intérieur, grâce au parcours d'un de ces immigrés, Esteban. Il en parle mieux que tous les livres que j'ai lus sur ce thème. On en ressort différent et plus humain. Les personnages de ce roman sont très attachants et on a envie de les aider à s'en sortir, car ils le méritent.

critique par Clochette




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