Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Horreur boréale de Asa Larsson

Asa Larsson
  Horreur boréale

Horreur boréale - Asa Larsson

En Laponie, fait froid mais le sang est chaud
Note :

   Rebecka Martinsson est avocate fiscaliste à Stockholm. Son boulot est toute sa vie, et elle lui consacre tout son temps. Un coup de fil d’une ancienne amie la renvoie dans le village de son enfance, en Laponie. Un passé qu’elle aurait grandement préféré laisser derrière elle, un milieu qu’elle a fréquenté un temps, celui d’une église au fonctionnement un peu sectaire. Un peu malgré elle, elle se retrouve au cœur du tourbillon et ne se dérobera pas : qui a tué Viktor Strangard, et pourquoi ? Attention, le temps qui passe n’a jamais effacé complètement les anciens souvenirs…
   
   Ah c’est un régal.
   Non pas le côté religieux ou le polar proprement dit, (même s’il est très bien fichu), mais la Laponie et le style d’Asa Larsonn que je vais dorénavant suivre avec assiduité.
   «Le substitut serrait les dents à s’en faire péter la mâchoire. Il n’avait jamais supporté cette naine de policière. On aurait dit qu’elle tenait en laisse ses collègues masculins. Vu son apparence, il n’arrivait pas à comprendre comment elle faisait. Haute comme trois pommes et un beignet, maximum 1,50 m, son long visage chevalin semblait constituer la moitié de sa personne. Avec son gros ventre (elle est enceinte !), elle était maintenant bonne à montrer dans les foires. Un vrai mètre cube, aussi large que haut : résultat de générations d’endogamie dans les villages isolés de Laponie. »
   Ca, c’est la seconde héroïne, Anna-Maria, le bon flic de l’histoire. Elle m’a énormément plu aussi. Ainsi que les parties de fia ou de bandy, les déplacements en spark, ou encore les remerciements de l’auteure en toute fin :
   « Maman et Eva Jensen n’ont pas arrêté de me dire : « Ecris plus vite » et ont trouvé que TOUT était DROLEMENT BIEN. »
   Moi aussi !!
    ↓

critique par Cuné




* * *



Sous le pouvoir des églises
Note :

   Viktor Strandgard, le Pèlerin du Paradis, surnommé ainsi depuis qu'il a survécu à un accident et qu'il est revenu des morts meurt une seconde fois. Cette fois-ci, c'est la bonne, il est retrouvé sauvagement assassiné dans l'église de la communauté que sa résurrection précédente vue comme un miracle déclencheur d'une ferveur religieuse a aidé à rendre prospère. Sa sœur, Sanna, est accusée du meurtre. Elle appelle à la rescousse son ancienne amie Rebecka Martinsson, ancienne membre de l'Église, désormais avocate fiscaliste à Stockholm, pour la défendre. Mais une amitié brisée ne se ressoude pas d'un simple claquement de doigts.
   
   Ça tarde à démarrer, les personnages sont à peine crédibles, notamment Rebecka Martinsson, et l'intrigue traîne en longueur. Il faut attendre une bonne moitié du livre pour qu'il devienne enfin intéressant et que le suspense monte. Bon, la policière, enceinte jusqu'aux yeux, aidée d'un collègue aux moustaches de morse, je peux y croire; le substitut du procureur, irascible, en colère perpétuelle de se retrouver dans ce trou de Laponie alors qu'une telle intelligence doublée d'un tel charisme pourrait faire de lui un procureur très en vue dans la capitale, je veux bien aussi, bien que je sente poindre une légère caricature; mais l'avocate fiscaliste, limite anorexique qui trouve des forces surhumaines pour affronter ses propres démons internes et externes et ceux de l'église de la Force originelle et qui dans le même temps doit s'occuper de deux fillettes, elle qui peut à peine s'assumer, là, je n'adhère plus. Pas crédible, même pour un roman policier dans lequel, on sait bien qu'on risque de trouver des situations exagérées, voire totalement fantaisistes. Mais le propre des polars nordiques, c'est justement de confronter ce genre à une réalité tangible; là, Mlle Martinsson n'est pas réelle!
   
   A part ça, eh bien, on retrouve, les joies du climat frisquet -enfin, totalement glacial- de la Laponie, les paysages de neige, de glace, les voitures qui ne veulent pas démarrer, les motoneiges, ... On découvre aussi une description des églises dites libres de Suède qui fait froid dans le dos et qui n'incite pas vraiment à la gaudriole. Mieux vaut les éviter que d'affronter leur courroux. "Comme dans tout pays protestant, l'Église officielle (qui vient seulement d'être séparée de l'État) se double d'une foule de confessions indépendantes (dites "Églises libres") souvent beaucoup plus critiques envers elles que les agnostiques." (note du traducteur, Philippe Bouquet en bas de la page 26). Le contexte de la toute puissance de ces très fortes et très implantées églises libres est très intéressant. Il est bien rendu et crée un climat de tension palpable. Je pourrais dire qu'il rafraîchit le climat, mais vues les températures du pays, ce n'est guère possible. Néanmoins, c'est pour moi le bon point du bouquin.
   
   Pour finir, si je mets dans la balance mes réserves et mes bons points, je ne pèse, en sortant de ce livre pas vraiment plus lourd qu'en y entrant. Concrètement: Pas mal, mais peut mieux faire!

critique par Yv




* * *