Lecture / Ecriture
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Jeunesse de Joseph Conrad

Joseph Conrad
  Au cœur des ténèbres
  Le nègre du “Narcisse”
  Le duel
  Typhon
  Amy Foster
  Falk
  La ligne d’ombre
  Demain
  Les idiots
  Un paria des îles
  Lord Jim
  Un sourire de la fortune
  Le Frère-de-la Côte
  Karain : Un souvenir
  Un avant-poste du progrès
  Le retour
  Jeunesse
  Au bout du rouleau

Joseph Conrad est le nom de plume de Teodor Józef Konrad Korzeniowski, écrivain anglais d'origine polonaise, né en Ukraine en 1857, et mort en Angleterre en 1924. Orphelin à 11 ans, Conrad s'enrôla comme mousse en 1874 et sera marin jusqu'en 1894. Il se consacra ensuite à l'écriture.

Jeunesse - Joseph Conrad

Marlow raconte...
Note :

   Marlow intervient fréquemment en tant que narrateur dans les nouvelles, voire romans, de Joseph Conrad, et c’est le cas ici. Joseph Conrad emploie à nouveau un procédé pour introduire l’histoire qu’il veut raconter ; le biais d’une réunion d’hommes ayant eu des expériences similaires et se racontant un passage de leurs vies (l’histoire de "Jeunesse" en l’occurrence) :
   "Nous étions accoudés autour d’une table d’acajou qui réfléchissait la bouteille, les verres et nos visages. Il y avait là un administrateur de sociétés, un comptable, un avocat d’affaires, Marlow et moi."
   

   Et c’est Marlow qui va raconter à ses compagnons son premier engagement d’officier de la marine marchande, à destination de l’Extrême-Orient, destination mythique pour le jeune homme qu’il est encore. Un voyage, à n’en pas douter, des plus singuliers, marqué du sceau de la malchance la plus implacable mais qui reste pour le dénommé Marlow comme la marque la plus tangible de sa jeunesse. De même qu’un premier amour ne s’oublie jamais...
   
   "C’était mon premier voyage en Extrême-Orient, et mon premier voyage comme lieutenant ; c’était aussi le premier commandement de mon capitaine. Vous avouerez qu’il était temps. Il avait bel et bien soixante ans.../…
   Nous quittâmes Londres sur lest – lest de sable – pour aller prendre du charbon dans un port du Nord, à destination de Bangkok. Bangkok ! J’en tressaillais d’aise ! Il y avait six ans que j’étais à la mer, mais je n’avais vu que Melbourne et Sydney, des endroits très bien, des endroits charmants dans leur genre – mais Bangkok !"
   

   De fait, ce voyage Marlow ne pourra l’oublier tant les avanies s’accumulent sur le "Judée", vieux rafiot s’il en est, qui mettra déjà six mois à quitter la Grande Bretagne après trois départs ratés. Mais Marlow est jeune, mais Marlow est hypnotisé par la destination finale, Bangkok, et ce qu’il en imagine. Marlow est confiant en ses moyens et aucune des avaries, voire graves incidents, qui vont se dérouler tout le long du voyage ne remettra en cause son enthousiasme. C’est pourtant en commandant un canot avec deux autres hommes à bord qu’il abordera les côtes de l’Extrême-Orient après avoir dû quitter le "Judée" en catastrophe, "Judée" en proie à la combustion de leur cargaison de charbon. Mais l’essentiel n’est pas là. Et dans le récit non plus. L’essentiel, c’est que Marlow vivait sa jeunesse...
   "Depuis lors j’ai connu sa séduction (l’Orient) : j’ai vu des rivages mystérieux, l’eau immobile, les terres de nations brunes, où une Némésis furtive épie, poursuit, surprend tant d’hommes de la race conquérante, fiers de leur sagesse, de leur savoir, de leur puissance. Mais, pour moi, tout l’Orient tient dans cette vision de ma jeunesse."

critique par Tistou




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