Lecture / Ecriture
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Au secours pardon de Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder
  Nouvelles sous ecstasy
  14,99 € (ex 99 Francs)
  Au secours pardon
  Un roman français
  Premier bilan avant l'apocalypse
  Oona et Salinger
  L'amour dure trois ans
  Une vie sans fin

Frédéric Beigbeder est un auteur, critique et réalisateur français, né en 1965.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Au secours pardon - Frédéric Beigbeder

Bof… non.
Note :

   Ca le fait pas, comme disent les djeuns.
    Et comme je dis moi, ce serait que ce bouquin est mauvais aux deux tiers pour s’améliorer nettement vers la fin. Toutefois, le passif était alors trop lourd pour que la lectrice ennuyée et grognon que j’étais devenue s’estime dédommagée.
   
   D’ailleurs, dès l’abord, moi qui avais beaucoup aimé « 14,99 € », je n’ai pas retrouvé ici le style pétillant qui m’avait séduite dans le récit des premières aventures d’Octave.
   
   Reprenons. Octave Parangon, le héros de «99 francs» est sorti de prison et s’est lancé dans une nouvelle carrière. Maintenant il «chasse» le top modèle pour une grande marque de cosmétiques : L’Idéal. Non, ça ne me rappelle rien, pourquoi ?
   La mode étant au slave, son terrain de chasse, c’est l’actuelle Russie et il habite Moscou. Où ce que l’on appelle « la mafia russe » ne l’inquiète guère. Il a su se faire les amis qu’il faut.
   
   Le récit que nous lisons est celui qu’Octave fait au Pope de la cathédrale du Christ Sauveur auquel il est allé se confesser. Ce récit est entrecoupé de divers documents qui permettent de comprendre en cours de route comment s’est terminée l’histoire.
   
   Dans «99 francs», Octave avait honte de créer de faux désirs qui allaient nuire aux « foules sentimentales », dans « Au secours pardon », il a honte de livrer de jeunes beautés au monde pourri où elles seront détruites. « Et c’est ainsi que j’ai travaillé tranquillement à donner aux hommes du monde entier l’envie de coucher avec des enfants. » Octave aime avoir honte de ce qu’il fait.
   
   Après avoir traité de l’aliénation du consommateur, il semblerait que Beigbeder ait voulu traiter de l’aliénation des femmes, mais c’est nettement un sujet qu’il maîtrise moins bien. Le personnage d’Octave du style « Je ne suis pas misogyne mais… » a sans doute pour but de nous faire sentir ses outrageuses erreurs de jugement, mais il m’a lassée et à force de subir ses considérations niaises et sexistes en me répétant « Octave n’est pas Frédéric, Octave n’est pas Frédéric… » j’ai tout de même fini par éprouver une nette exaspération. « Octave n’est pas Frédéric, Octave n’est pas Frédéric… » Bon, d’accord, mais si ce n’est pas Beigbeder, c’est qui ? Et combien de temps devrais-je supporter avec patience ses divagations sexo-fachistes ? Bref, pour tout dire, un léger ras le bol se manifestait, accompagné de sa montée de refus clair et net. Et non, je ne peux pas rire de tout, même quand ce n’est pas avec n’importe qui.
   On allait au clash.
   
   Surtout que pendant tout ce temps là, Octave causait, causait… mais rien ne se passait et franchement, je m’ennuyais ferme. Pour dire les choses comme elles sont, si je n’avais pas été décidée à rédiger cette fiche, ce qui dans mon esprit m’oblige à tout lire, j’aurais balancé le bouquin bien, bien avant la fin. J’aurais ainsi raté l’amélioration finale…
   
   Et pour les systématiques de la page 100, je signale qu’ici, elle est blanche. Ils seront feintés. Comment ? Vous me dites que c’est un signe aussi?
    ↓

critique par Sibylline




* * *



Slave et seulement distrayant
Note :

   La suite des aventures d’Octave Parengo, l’homme de Pub, personnage du célèbre roman 99 Francs ne vous laissera pas indifférent, on y retrouve le style sans détour de l’auteur F.Beigbeder.
   
   Octave a 40 ans, il a un nouveau job, il est prié de dénicher entre Moscou et Saint-Pétersbourg la beauté de demain, il cherche ce qui fait bander les mecs. Il cherche l’ultime femme de nos rêves aux courbes et traits parfaits. Il est chasseur de chair fraîche, de filles slaves pré pubères. Il essaie d’aimer ça, il se jure de ne pas tomber amoureux de ses proies aux sexes duveteux. Ces femmes sont destinées à faire vendre des produits cosmétiques de la multinationale L’Idéal.
   
   A travers les aventures d’Octave se trame une réflexion sur la tyrannie de la beauté, restant subjective, et le fascisme installé du paraître tel qu’il s’étale dans les journaux, à la télévision, sur le net. C’est plus un constat qu’une dénonciation, mais nous sommes effectivement en droit de nous demander: Qu’est ce que la société de consommation est devenue? et où va-t-elle? Mais réduire la femme à cet objet de fascination et de désir à la limite de la pédophilie crée un sentiment d’inquiétude. L’image de la femme est dégradée. Octave n’est pas au bout de ses surprises il cherche et recherche encore et encore avec acharnement par tous les moyens nécessaires, il fréquente les lieux russes peuplés de riches hommes d’affaires peu scrupuleux qui ne connaissent aucune limites à leurs délires pédos-sados-masos. Alors il finira par trouver Lena qui ne lui épargnera pas d’atroces souffrances.
   
   "Au secours pardon" manie la caricature, par moment le dégoût surgit d’entres les lignes, peut-être par nécessité? Malheureusement le manque d’action lasse et la vision trop pessimiste sur l’image de la femme que la société a crée finit par insupporter. F. Beigbeder a le mérite de s’être penché sur le sujet et d’y mettre sa pointe surprenante, à la fin du roman. Je suis, je l’espère, le plus loin possible de ces sphères trop artificielles qui existent, sans nul doute.
   
   Alors lassant dégoûtant ou inspirant et constatant, à vous de voir?
   
   Pour finir, j’ai trouvé cette phrase du récit troublante: «Les filles qui font consommer les femmes sont celles qui excitent leurs maris» (page 20).

critique par Solera




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