Lecture / Ecriture
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Le Dieu dans l'ombre de Megan Lindholm

Megan Lindholm
  Le Dieu dans l'ombre

Bon à savoir: Meagan Lindholm = Robin Hobb

Robin Hobb, ou Megan Lindholm, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogden, est une écrivaine américaine de fantasy née en Californie en 1952.

Le Dieu dans l'ombre - Megan Lindholm

Dans les bois il y a ...
Note :

   Ecrit en 1991, et sous le pseudonyme de Megan Lindholm, « Le Dieu dans l'ombre » n'a rien de commun avec les sagas écrites par la suite par Robin Hobb, le ton y est résolument plus intimiste et féminin.
   
   Evelyn Poter a 25 ans, elle est née et a vécu en Alaska, et part pour quelques temps dans la famille de son mari à Washington avec leur fils de 5 ans. S'adapter et se faire accepter lui sera impossible, et lorsqu'une tragédie arrivera elle rompra les amarres pour replonger dans le monde de son enfance, avec Pan, son Dieu dans l'ombre...
   
   Le roman est écrit à la première personne, et toute la première partie est psychologiquement imparable. Descriptions fouillées du monde intérieur d’Evelyn, en alternance avec des flash-back dans l'enfance nous expliquant comment elle en est arrivée là. La peinture de l'Amérique rurale de années 70 est elle aussi parfaite, portrait de la cruauté pragmatique et ordinaire.
   
   La seconde partie est tout aussi intéressante, mais beaucoup plus difficile à appréhender. Il faudrait pouvoir ressentir sa propre animalité, faire surgir ses sens primitifs pour tenter la symbiose avec la nature... Faute de quoi on reste sur sa faim, toujours spectateur et fatalement on se lasse un peu…
   
   J'ai beaucoup aimé la suggestion des hypothèses explicatives : Pan existe-t-il en dehors de sa tête, pourquoi, comment, mais j'ai eu du mal à accepter la fin de l'aventure, que j’ai trouvée trop facile.
   
   Un roman intéressant, troublant, mais qui ne respecte pas complètement les promesses de son début.
   ↓

critique par Cuné




* * *



Bouleversant!
Note :

   # Résumé de l’éditeur #
   
   Evelyn a 25 ans. Un séjour imprévu dans sa belle famille avec son mari et son fils de 5 ans, tourne à l'enfer puis au cauchemar absolu. Une créature surgie de son enfance l'entraîne alors dans un voyage hallucinant, sensuel, inquiétant et totalement imprévisible vers les forêts primaires de l'Alaska. Compagnon fantasmatique ou incarnation de Pan, le grand faune lui-même... Qui est le Dieu dans l'ombre ?
   
   # Mon Avis #
   
   Je viens de finir ce roman et j'ai tout simplement adoré. Impossible de le lâcher avant la fin, je l'ai lu en quasiment 1 journée.
   
   C'est un livre bouleversant, qui prend aux tripes. L'histoire est très particulière, étonnante, presque dérangeante. Il se dégage une atmosphère mystérieuse, sensuelle, oppressante même.
   Pourtant j'ai beaucoup aimé. J'ai été touchée, émue. C'est un livre qui ne plaira pas à tout le monde je pense, l'histoire est trop intime.
   
   Quant au style... ah... sublime! Fluide, puissant... Les personnages sont très fouillés, les descriptions magnifiques. On ressent presque les odeurs, les couleurs, en même temps qu'Evelyn.
   
   Ce livre est aussi un beau portrait de femme, dont on suit l'évolution tout au long du récit. Un roman quasi initiatique en somme, mêlé à une ode à la nature, une histoire d'amourS (oui avec un S) sans pour autant tomber dans la mièvrerie.
   
   Bref, une lecture inoubliable, un récit très fort, et qui m'a fait réfléchir....
   
   Une histoire dont le parfum me poursuivra longtemps je crois.
    ↓

critique par Morwenna




* * *



Tout pour plaire, mais...
Note :

   C’est un roman que l’on m’a offert. Et mon premier Robin Hobb je dois l’avouer. Cela fait des années que je me dis que j’essaierai bien l’"Assassin royal", mais à chaque fois, j’ai toujours trop de livres en attente, qui sont prioritaires, et Robin Hobb attend donc désespérément sur ma liste.
   
   Je dois faire un second aveu : je n’ai pas terminé le roman. Il avait pourtant des atouts à mes yeux. Les descriptions de la nature, de la forêt en particulier m’ont réellement plu, ce sont même les seuls passages que j’ai aimés, et le personnage de Pan m’a séduite. Une réelle bonne idée de faire intervenir cette grande figure de la mythologie dont on ne sait pas, jusqu’à la dernière ligne, s’il est une pure invention de la jeune femme, héroïne de cette curieuse histoire.
   
   Celle-ci justement est un personnage de femme comme je les déteste : faible, lâche, qui doute toujours d’elle, qui se complique la vie comme il n’est pas permis, qui passe son temps à se plaindre : suis-je belle? Suis-je normale? Pourquoi suis-je en colère? Pourquoi Tom s’éloigne-t-il de moi? (Tom c’est l’époux parfait qui doit la supporter…) et bla bla bla. Au bout de cent pages cela devient pénible. Evelyne raconte son enfance, ses premières rencontres avec Pan qui est sans cesse présent (malgré ses longues absences) dans sa vie, puis son installation qu’elle croit temporaire dans sa belle-famille qui peine à l’accepter. Le grand-père et la grand-mère, les deux autres filles et sœurs de Tom, tous plus ou moins radins et maniaques du ménage (il y a d’ailleurs beaucoup de passages qui se répètent). Au fil des jours, la seule consolation d’Evelyne c’est son fils, Teddy, un bambin de 4 ou 5 ans, et le retour de Pan qui survient à point nommé dans sa triste vie. L’existence d’Evelyne se résume en effet à briquer sa maison, éviter les confrontations avec les beaux-parents et faire plaisir à tout prix à son cher et tendre, tout en culpabilisant d’aimer Pan, le compagnon de son enfance.
   
   J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’incohérences dans le personnage d’Evelyne qui ne semble adulte à aucun moment (c’est même un peu le propos du roman d’ailleurs, comme il est difficile de quitter l’enfance…) : elle fait de son époux Tom, l’homme idéal, elle le voit comme sa moitié complémentaire mais place tout de même Pan au-dessus de lui, elle est forte de caractère et même rebelle dans son enfance et son adolescence alors qu’elle s’écrase lamentablement devant sa belle-famille et son mari, fuyant les conflits à tout prix. Et puis, sa réaction face au drame qui la touche et celle de la famille sont tellement extravagantes que rien ne semble crédible. C’est à partir de là que j’ai décroché, pour finir de lire en diagonale, sautant des pages mais lisant la fin tout de même. Cette seconde partie n’est pas dénuée d’une certaine beauté bien qu'elles soit déroutante, mais elle ne colle pas avec le reste de l’histoire. Sauf à se dire que l’imagination dérangée de la jeune femme a tout inventé. Mais alors, cela enlève tout intérêt à l’histoire. Bref, je suis relativement déçue par ce roman qui n’a pas tenu toutes ses promesses. Je ne retiendrai que le personnage du satyre, particulièrement réussi et l’envie de me promener en forêt. Ce n’est pas si mal après tout…
   
   A noter : la couverture des éditions Telemaque est très jolie, plus que celle du Livre de poche...

critique par Folfaerie




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