Lecture / Ecriture
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La chaleur de Victor Jestin

Victor Jestin
  La chaleur

La chaleur - Victor Jestin

Premier roman torride
Note :

   Rentrée littéraire 2019
   
    "Oscar est mort parce que je l'ai regardé mourir, sans bouger"
   

   Léo, un adolescent désœuvré et mal dans sa peau, traîne son mal-être au camping où il passe des vacances en famille. Il assiste à la mort d'Oscar, un copain, étranglé avec des cordes de balançoire, sans lever le petit doigt pour lui porter secours. Tout de même, il se décide à dissimuler le corps sous le sable. Au cours des heures qui vont suivre, Léo va trouver l'amour, se battre (un peu) avec sa conscience, avoir très très chaud, dans tous les sens du terme...
   
   Premier roman, quelques défauts, des invraisemblances (Léo, avec ses seuls petits bras musclés, va transporter le cadavre de son camarade après avoir assisté sans broncher à son agonie, l'enterrer, continuer sa vie -presque- comme si de rien n'était. J'ai du mal à y croire...), une histoire d'amour et de sexe qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, au beau milieu d'une disparition qui finalement secoue à peine le camping et le personnage principal lui-même...
   
    Le remords et la culpabilité n'étouffent pas vraiment Léo, c'est le moins qu'on puisse dire, plus préoccupé qu'il est par la jeune fille convoitée et le malaise lié à ce camping où il ne se sent pas à sa place. Dommage, car la scène d'ouverture du livre, impressionnante, laisse présager une tension dramatique que je n'ai pas vraiment retrouvée par la suite. Les questionnements relatifs à l'adolescence, certes bien décrits, prennent le pas sur l'intrigue qu'on attend (que moi j'attends...) : le poids de la mort d'Oscar, l'inertie coupable de Léo pèsent peu finalement face au désir et au sexe, au camping dont l'ambiance est poisseuse et que Léo observe sans la moindre indulgence.
   
   Et pourtant, pourtant... le livre est bon : l'écriture est habile, précise, les phrases courtes souvent percutantes, l'atmosphère (chaleur étouffante, nerfs à vif, désir moite, bonne humeur factice des campings...) bien rendue. Il a quelque chose, ce roman, qui fait que malgré les défauts cités plus haut, on ne peut le lâcher jusqu'à la fin. Victor Jestin a une vraie pâte et je lirai certainement son second roman. Celui-ci est un objet curieux, à la fois décevant et fascinant, prometteur, malgré ces réserves.
   
   "On ne dormait jamais beaucoup ici. On se couchait tard, puis on se levait aux premières lueurs pour partir avec les autres, en rangs bien serrés vers la joie."

critique par Une Comète




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