Lecture / Ecriture
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Là-bas août est un mois d'automne de Bruno Pellegrino

Bruno Pellegrino
  Là-bas août est un mois d'automne

Là-bas août est un mois d'automne - Bruno Pellegrino

Gustave Roud de 1962 à 1972
Note :

   Là-bas août est un mois d'automne - Bruno Pellegrino
   Pourquoi vous proposer un livre dont peut-être vous n’avez pas entendu parler ?
   Et bien parce que j’aime Gustave Roud et sa poésie, une raison quasi suffisante non ?
   Enfin parce que c’est l’occasion de parler ici de poésie ce que je ne fais pas suffisamment souvent.
   
   Un billet pour deux livres : l’un est un portrait sensible, l’autre un recueil de poésie pour faire connaissance avec le poète.
   
   Gustave Roud j’ai fait connaissance avec lui grâce à Philippe Jaccottet qui m’a incitée à le lire.
   Lorsque j’ai vu paraitre le roman de Bruno Pellegrino j’ai été ravie et je l’ai lu avec émotion. Il trace le quotidien de Gustave et Madeleine, le frère et la sœur qui ont toujours vécu sous le même toit.
   
   Il nous livre dix années de vie, de 1962 à 1972
   
   Il fait leur portrait, il décrit leur quotidien dans la maison de famille à Carrouge, une "maison massive , d’un seul bloc, en équilibre entre la cour, à l’est, et le verger à l’ouest" dans un village vaudois.
   
   Derrière Bruno Pellegrino on accède au jardin qui a parfois des "allures de jungle".
   
   L’une, Madeleine, est une passionnée par l’espace, l’autre est un fou de photos et de poésie.
   
   Ils ne sont mariés ni l’un ni l’autre. "Leur tâche, pour les années à venir, est de perpétuer ce qui peut l’être".
   
   On les connait bien dans le village "le frère et la soeur, enfin on la connaît surtout elle, qu’on voit à l’église, parce que lui c’est un peu un drôle d’oiseau."
   
   La ferme est témoin du temps qui passe, "Les hivers, après coup, sonnent comme un conte : de la neige à outrance et pour la déblayer, des traîneaux tirés par des chevaux."
   
   L’été est court dans ces contrées "Les matins sont frais, le soir on ne s’attarde plus sans châle ou couverture sur le banc devant la maison ; au verger, certains arbres tirent déjà sur le jaune…"
   
   Des passions exigeantes, parfois dérangeantes comme celle de Gustave qui photographie inlassablement "des hommes presque nus", une époque où il était très difficile de s’assumer homosexuel.
   
   Pour elle une bibliothèque riche et surprenante "Madeleine suit du doigts le dos des livres, en arrive aux traités de mathématiques et de vulgarisation. Une biographie de Copernic aux pages cornées. Un atlas céleste"
   

   Mais il y a aussi la vie simple, humble : l’une fait des confitures, l’autre est "un monsieur qui a fait des études et passe à la radio"
   

   Bruno Pellegrino sait mettre en avant ce déroulement lent du temps qui permet au poète "d’éprouver l’épaisseur des jours…"
   

   Curieusement on pourrait les croire hors du temps mais de fait c’est le contraire, ils sont tous deux les deux pieds dans la terre, vivant au rythme des saisons.
   
   D’un côté un homme simple, un homme de la terre, de l’autre un poète reconnu qui pour ses soixante ans déambule en Italie à l’invitation de son éditeur.
   Ce roman est une belle et pudique façon de faire connaissance avec Gustave Roud.
   
   Après la lecture de ce livre sensible j’ai eu envie de retrouver la poésie de Gustave Roud, le recueil Les Fleurs et les saisons est parfait pour faire connaissance.
   
   C’est un petit recueil qui rassemble des textes épars de l’écrivain-poète écrits entre 1935 et 1942, ce livre a vu le jour sous l’impulsion de Philippe Jaccottet et il est illustré par des photographies en noir et blanc prises par l’auteur.
   
   C’est un joli manifeste du poète, les fleurs ont un langage, les saisons se déroulent "des labours à la défaite de l’hiver" la poésie est là pour nous délivrer leur message.
   
   Les saisons s’égrènent dans un paysage de collines mais "ne se succèdent pas selon le simple appel du calendrier. Elles s’accompagnent et se quittent au gré de leurs caprices." que le poète découvre lors de ses balades sur le plateau du Jorat, son pays.

critique par Dominique




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