Lecture / Ecriture
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Par les routes de Sylvain Prudhomme

Sylvain Prudhomme
  Les grands
  Par les routes

Sylvain Prudhomme est un écrivain français né en 1979.

Par les routes - Sylvain Prudhomme

Perplexe...
Note :

   Rentrée littéraire 2019
   Prix Femina 2019
   
   C'est un roman dont on dit beaucoup de bien, dans la presse et sur les blogs : et je me suis dit pourquoi pas, même si je ne sais rien de l'auteur et pas grand chose de l'histoire...
   
   Sacha, la quarantaine, vient s’installer dans une petite ville au sud de la France une ville qu’il désigne par la lettre V. une ville charmante où coule le Rhône, proche de la mer… pour y écrire son prochain roman… il possède un bagage « minimaliste » notamment les livres qu’il a emportés : une vingtaine seulement, bravo !
   
   Il va retrouver « l’autostoppeur » un ami avec qui il « faisait la route » autrefois ; dans leurs jeunes années. L’autostoppeur a continué à voyager de la même façon (mais seulement en France) ; et c’est pourtant lui, qui a une famille : Marie, traductrice d’italien, et Agustín, un petit garçon. Bien sûr c’est Marie qui fait bouillir la marmite, et elle ne fera pas « autostoppeuse" des fois qu’elle en aurait envie : tous les agissements féministe du monde ne feront jamais qu’une femme se balade seule ou à deux sur les routes… d’ailleurs même le gars routard, c’est étonnant qu’après toutes ces années il ne lui soit rien arrivé…
   
   Car il les quitte fréquemment pour partir sur les routes de France (les autoroutes d’abord, puis bientôt les petits villages aux noms suggestifs ).
   
   Sacha va progressivement remplacer L’autostoppeur au « foyer conjugal »…tandis que l’autostoppeur envoie des cartes postales, des photos (Polaroïd, c'est tendance...) des gens qui l’ont pris en stop… raconte son errance lorsqu’il revient.
   
   C’est l’intrigue.
   
   J’ai suivi le récit, de plus en plus perplexe : il est difficile de croire que l' "autostoppeur" ne rencontre que des conducteurs sympas, avec qui il partage des moments de vie, et qui se laissent photographier et donnent leurs adresse… qu’il ne s’épuise pas de cette vie sur les routes, que la vie continue de couler douce-amère mais sans vrais heurts, pour ceux qui sont restés à la maison… plus le récit avance, moins on y croit ! C’est d’un idéalisme désarmant ! La fin est carrément angélique...!
   
   Sacha avait énuméré ses auteurs préférés au début, il y a Thomas Bernhard, Jim Harrison, Cormac Mc Carthy… mais curieusement le monde de Sacha, est à l’opposé de ces auteurs pessimistes, lucides et férocement contestataires ! Pour lui, ça baigne ! Du coup, on croit encore moins à son histoire…
   
   L’écriture est plutôt soignée, avec un certain art de la description, du goût pour les énumérations , mais peu de relief, d’arête, de tranchant, et pas mal de monotonie. Lorsqu’il évoque l’amour avec Jeanne puis l’amour avec Marie, il a beau tenter de varier les adjectifs et les moments forts , on ne fait pas la différence entre les deux femmes. Pourtant Jeanne et Marie, c’est un peu l’opposé ou je me trompe ?
    ↓

critique par Jehanne




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Une ode aux chemins
Note :

   Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui partent. Et ceux qui restent.
   
   Sacha le narrateur, un écrivain de 40 ans, a quitté Paris pour entamer une nouvelle vie. Il rêve de repos, d'une existence plus vraie. Il s'installe dans un village où il retrouve l'autostoppeur qu'il a connu il y a vingt ans. Marié à Marie, papa d'Augustin, il bricole à droite et à gauche, ni trop souvent ni trop peu, juste ce qu'il faut pour maintenir le juste équilibre, rapporter à la maison sa part de revenus. L'autostoppeur a toujours ce besoin de partir, c'est nécessaire à son équilibre, s'il reste trop longtemps sans s'en aller, il étouffe. le goût des rencontres, l'envie de connaître des gens, de voir du pays, d'aller traîner ses guêtres ailleurs.
   Il prend des photos des personnes rencontrées pour garder un souvenir et il les envoie à ses proches pour simplement dire qu'il va bien.
   
   Des phrases de quatre ou cinq mots, pas plus, qui donnent de la souplesse et du rythme au récit. Une écriture tranquille comme le cheminement du héros. Une ode aux chemins, aux routes, aux paysages et aux rencontres. Une histoire originale dont on ne connaît pas le nom du personnage principal simplement son surnom « L'autostoppeur ». Un homme qui voyage sans but si ce n'est d'être par les routes, un appel irrésistible.
   
   Un beau récit sur l'éloignement. La quête sans fin d'un homme qui va s'effacer peu à peu. Un roman rempli d'amour, plein de délicatesse et de poésie qui vous donnera envie de prendre votre sac à dos et de partir sur les chemins.
   
   Les dernières pages sont magnifiques, un hymne au partage, au rassemblement.

critique par Y. Montmartin




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