Lecture / Ecriture
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A la vue, à la mort de Françoise Guérin

Françoise Guérin
  Mot compte double
  A la vue, à la mort
  Un dimanche au bord de l'autre
  Cherche jeunes filles à croquer
  Les enfants de la dernière pluie
  Quatre carnages et un enterrement*
  Maternité

Françoise Guérin est une psychologue et auteure française de romans policiers, née à Lyon en 1966.

A la vue, à la mort - Françoise Guérin

Le poids de la culpabilité
Note :

   Fichtre ! Obtenir d’emblée le prix du premier roman du festival de Cognac est déjà impressionnant en soi, mais offrir ainsi des heures de torture délicieuse à nos neurones est un sacré bonus. Françoise Guérin fait très fort avec son premier roman, et si la plume de la nouvelliste était charmante et mutine, elle prouve ici qu’elle manie à merveille le domaine
   psychanalytique.
   
   Eric Lanester est profileur, un crack dans son domaine. Il excelle à se placer littéralement dans la tête des assassins qu’il traque, aussi ne peut-on être totalement étonné qu’il perde soudain la vue alors qu’il est sur la piste d’un tueur obsédé par les yeux. Il signe en effet ses crimes par une énucléation et un gros œil dessiné au plafond.
   
   De fausses pistes en travail sur soi, on avance au rythme des histoires de famille, des tragédies dont on porte la charge sa vie durant ; sans oublier pour autant d’aérer tout ça avec quelques bons petits plats, un soupçon de sexe (pas assez, Françoise, rhoo ça démarrait bien, cette scène dans le noir !!), d’amitié et d’un drôle de chat pas beau.
   
   Je reconnais que je m’étais fourvoyée dans la fausse piste qu’on nous tend, pas vu venir le (ou la) coupable !
   
   Un très bon opus du masque, qu’il ne faut pas hésiter à (s’)offrir!
   ↓

critique par Cuné




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Belle découverte!
Note :

   Ah! Quel bon polar que celui-ci! J’ai été complètement emportée par l’intrigue menée avec rigueur et surtout littéralement conquise par le personnage d’Eric Lanester.
   
   L’enquête nous mène à Montrouge (oui, il s’agit bien du polar d’une auteure française qui se passe en France) sur les traces de Caïn, un tueur en série obnubilé par les yeux de ses victimes.
   
   Au 36 (quai des orfèvres) Eric Lanester a pour fonction de profiler la personnalité des criminels (emploi assez nouveau en France). L’action se déroule aussi sur fond de psychanalyse autour de la personnalité du profileur qui, tellement ébranlé par la dernière scène de crime où à nouveau la victime a été retrouvée énuclée, a subitement perdu la vue. Ainsi la progression de l’enquête est liée à l’analyse de ses traumatismes et démons intérieurs en étroite relation aussi avec la vue. C’est au cœur de l’indicible douleur de ses propres blessures que le commandant parviendra à dénouer les ficelles de l’intrigue magistralement orchestrée par l’auteure, au gré de multiples rebondissements et fausses pistes subtilement instiguées.
   
   Merci en tout cas à Cuné de m’avoir permis de passer un si bon moment en compagnie de ce livre.
    ↓

critique par Véro




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Beaucoup apprécié
Note :

   Le commandant Lanester, policier spécialisé dans le profilage, tombe subitement aveugle alors qu’il enquête sur un tueur en série. Cette cécité soudaine n’a pas de cause mécanique: Lanester décide donc de se tourner vers une psychiatre, spécialiste de ce genre de cas. En parallèle, il tente de dénicher qui est ce tueur en série, qui continue à faire des victimes selon un rituel très particulier: il leur enlève les yeux avant de les tuer. Mais cette cécité complique l'investigation de Lanester, qui se retrouve dans un univers hostile, et ses collègues et ses supérieurs ne l’aident pas tous dans cette épreuve…
   
   Voilà un premier roman policier extrêmement bien troussé: un héros déboussolé, un tueur en série aux pratiques assez barbares, et de nombreux personnages secondaires qui donnent tout son relief à cette œuvre: le chauffeur de taxi polonais, la psychologue, les collègues de bureau, le médecin légiste. S’y ajoute une partie plus intime, avec un frère interné en hôpital psychiatrique qui de temps à autre fait le mur. En plus, l'action se passe à Montrouge, ville de banlieue parisienne où j'habitais il y a encore peu de temps!
   
   J’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. Il y a une ambiance très particulière liée à l’aveuglement du personnage principal, ce qui donne une écriture qui s’attarde beaucoup sur les sons. Les scènes chez la psy sont des passages très réussis de ce roman. J’ai beaucoup apprécié aussi cette kyrielle de personnages qui gravitent autour de Lanester. On y ressent le travail en équipe, nécessaire pour mener à bien une investigation aussi difficile que celle-ci. Cet élément fait que j’ai plus apprécié ce livre que les Vargas qui mettent en scène Adamsberg, que je trouve froid et qui est à distance des lecteurs. J’ai eu beaucoup plus d’empathie pour le personnage de Lanester, mais sa cécité a peut-être joué pour lui!
   
   C’est donc un très bon premier roman que je ne peux que conseiller. Je ne sais pas si Françoise Guérin a prévu d’en faire un personnage récurrent, mais cela vaudra la peine d’être lu si c’est le cas.
    ↓

critique par Yohan




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Devenir aveugle pour enfin voir?
Note :

   Paris et sa région: trois meurtres particulièrement horribles ont eu lieu portant une signature identique, ennucléation, sang partout et mise en scène macabre. Le commandant Lanester, profiler du 36 Quai des Orfèvres, mène l'enquête jusqu'à ce que sur le lieu du deuxième crime, il perde soudainement la vue. Pourquoi, comment cela lui est-il arrivé? Pourquoi lui? Comment peut-il continuer l'enquête? Comment peut-il exercer son métier? Autant de questions que de stress et de silence. La perception du monde de Lanester n'est plus la même: le noir dans lequel il se trouve, le contraint à ressentir plus intensément les choses et les êtres ainsi que l'espace et le temps.
   Ainsi, Lanester va-t-il rencontrer une psychologue, Jacinthe Bergeret, qui l'aidera à mettre en lumière les zones d'ombres de sa vie, Jazek, un chauffeur de taxi polonais bien étrange, incroyablement serviable et disponible, affublé d'un chat, Walesa, grincheux.
   
   Françoise Guérin met en scène, avec brio, une intrigue, complexe qui tient en haleine le lecteur de bout en bout. Les histoires de famille mêlent et emmêlent les pistes et les fausses pistes, les rivalités entre services de police et les accès de rigueur et de colère du directeur des services jalonnent les embrouilles et émaillent l'enquête de scènes savoureuses.
   
   Lanester, dans la nuit de sa cécité, devient un homme que la vie passée amène à une introspection lente et douloureuse. Un chemin de patience pour accepter de ne plus être un homme parfait, lisse et sans reproche. Peu à peu, à force de souvenirs et de lapsus, il obtiendra des réponses à ses questions existentielles.
   
   "A la vue, à la mort" est un premier roman réussi et prometteur qui s'interroge sur la nature humaine, ses méandres psychologiques, ses lourds secrets, tous ces petits détails qui construisent une personnalité et une âme. C'est aussi un roman sur la culpabilité, ce sentiment lancinant et pernicieux qui commença avec le premier fratricide de l'histoire biblique..."L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn": le meurtrier en série poursuivi par Lanester n'a -t-il pas été surnommé Caïn!!
   
   Françoise Guérin a réuni avec art la majeure partie des ingrédients nécessaires à l'élaboration d'un excellent polar dont la chute est très inattendue car le flou est maintenu de manière souveraine, alors un seul conseil: lisez-le!
    ↓

critique par Chatperlipopette




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Captivante cécité hystérique
Note :

   A la vue à la mort est le premier de la série, celui où l'on va découvrir tous les personnages récurrents (y compris Walesa)
   
   Lanester (et son équipe du quai des orfèvres) est à la recherche d'un tueur en série laissant sans crainte ses empreintes sur les lieux de ses crimes, et dessinant un œil noir au dessus des cadavres. En référence à Victor Hugo, il est baptisé Caïn par la police.
   
   Une enquête classique? Par certains côté, oui, car la routine policière a son efficacité et ses obligations. Mais quand on sait que Lanester a perdu la vue d'un seul coup sur le lieu du troisième crime, et qu'il va continuer à travailler vaille que vaille, l'intérêt redouble. Tout un travail se fait dans le cabinet de Jacinthe, la psy qu'il a choisi de voir (déjà là un mot peu approprié, mais...): tout à la fois le passé de Lanester se dévoile et son enquête avance.
   
   Comme le précédent, ce roman a été dévoré (démarré à l'entracte d'un spectacle, continué dans une file d'attente, puis tout de même lu en majorité dans des positions plus confortables...).

critique par Keisha




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