Lecture / Ecriture
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Complications de Nina Allan

Nina Allan
  Complications

Complications - Nina Allan

Le temps des horloges
Note :

    Ma pioche au hasard a été la bonne, au point que j'ai réservé un autre titre de Nina Allan.
   
    Le problème, ça va être de savoir en parler.
   
    Le premier texte, Chambre noire, ajouté en deuxième parution du livre, parle d'une fascinante maison de poupée, et de Sylvester John, un auteur dont le narrateur d'un de ses livres, Journal en chambre noire, se nomme Martin Newland.
   
    Et plop, le texte, magnifiquement écrit, sautant d'un événement à l'autre sans chronologie mais sans bousculer le lecteur, s'arrête brutalement sans tout expliquer. Je reste un peu sur ma faim (comme souvent dans ce genre d'histoires).
    Sauf que là, le bouquin fait 200 pages, on continue.
    Et oh que j'ai bien fait!
   
    Les courts textes suivants, de 30 à 50 pages, voient réapparaître Martin Newland, narrateur et personnage principal. D'autres sont toujours là, mais jouant des rôles différents. Dora peut être sa sœur décédée jeune, ou plus âgée, ou sa collègue, parfois son épouse Miranda n'est plus, ou alors il commence à mieux la fréquenter, Stephen est son frère, décédé ou pas, ou celui de Miranda et surtout un mystérieux nain intervient, le temps semblant ne pas avoir prise sur lui.
   
   En horlogerie, une complication est une fonction autre que l'affichage des heures minutes secondes. Elles peuvent être astronomiques, pratiques, etc. Tel le tourbillon, de l'horloger français Breguet
   
   Le texte le plus long, Le vent d'argent, est sans doute le plus classique en matière de mondes parallèles, mais tous les autres donnent l'impression de décalages dans le temps, dus on ne sait trop comment à des horloges. Mais peu importe la technique, ce qui importe est que le lecteur est immédiatement happé par ces histoires, en empathie avec les personnages, enchanté par cette écriture fluide et élégante.
   
    "Elle vit la trotteuse commencer à bouger. C'était une trotteuse centrale, délicatement usinée et effilée comme une aiguille à coudre. Du bout des doigts, qu'elle appuyait contre le verre, elle sentit une légère pulsation, le battement d'un minuscule cœur mécanique.
    Un instant, le temps sembla hésiter, dans un infime hoquet, une inspiration silencieusement réprimée comme en présence d'un merveilleux spectacle. Puis, tout seul, le monde se remit à tourner."

critique par Keisha




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