Lecture / Ecriture
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Dès 09 ans: A la courbe du Joliba de Maryse Condé

Maryse Condé
  Victoire, les saveurs et les mots
  En attendant la montée des eaux
  Le fabuleux et triste destin d'Ivan et Ivana
  La vie sans fards
  La vie scélérate
  Célanire cou-coupé
  Histoire de la femme cannibale
  La Belle Créole
  Moi, Tituba sorcière...
  Heremakonon En attendant le bonheur
  Ados: Rêves amers
  Dès 09 ans: A la courbe du Joliba

AUTEUR DES MOIS DE juin & juillet 2019


Maryse Condé est née en1937, à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), dans une famille bourgeoise noire de huit enfants. Elle a été élevée dans la culture française classique. Sa mère était institutrice et son père commerçant.

En 1950, l'année de ses 16 ans, elle part étudier à Paris, au Lycée Fénelon. C'est à Paris (Sorbonne) qu'elle continuera ses études, souffrira des comportements racistes et commencera à documenter et théoriser son analyse de la situation des Noirs et des Blancs en général, des Antillais en particulier. Elle commence à écrire.

En 1958, elle épouse l'acteur guinéen Mamadou Condé dont elle gardera toujours le nom, mais le mariage lui, ne durera pas. Elle devient professeure de français en Côte d'Ivoire, mais doit quitter le pays pour Londres en 1966, pour travailler au service Afrique de la BBC. Elle retournera à Ghana en 1969, puis ce sera le Sénégal avant un retour en France, la reprise des études et le travail à « Présence africaine », la revue et la maison d'édition panafricaine.

Son premier roman publié, Heremakhonon paraîtra en 1976, mais sera mal reçu. Elle ira aux USA et rencontrera des militantes noires, puis de retour, épousera Richard Philcox en 1981. Ségou paraît en 1984, et cette fois, c'est un succès, après lequel elle va retourner en Guadeloupe et se "réconcilier avec (m)on île". Elle continuera sa carrière en alternant romans, théâtre, conférences et essais.

De nombreux prix ont été attribués à Maryse Condé tout au long de sa carrière et en 2018, année sans Prix Nobel de Littérature officiel, le Nobel dit « alternatif » lui a été décerné.

Dès 09 ans: A la courbe du Joliba - Maryse Condé

Joliba ou Djoliba, le fleuve Niger en mandingue
Note :

   A la courbe du Joliba est un ouvrage jeunesse, donné pour un public de plus de huit ans. Le texte est illustré, joliment, par Letizia Galli.
   
   Il ne s’agit pas d’une histoire caribéenne mais d’une histoire africaine, de l’Ouest de l’Afrique, entre Côte d’Ivoire et Mali, région d’origine de la population afro-caribéenne.
   
   Une histoire tragique puisque sur fond de simili guerre civile ivoirienne, du temps (?) où les ethnies se déchiraient entre elles. Le père d’Aïcha et de ses sœurs est parti prendre part à la lutte avec les siens, l’ethnie Mandé. Aïcha, Réhane et Salima, ses sœurs, et sa mère, Safie, quittent le pays pour se mettre en sécurité. Elles partent pour le Mali où réside sa tante, la sœur de Safie. Voyage en autobus sur-bondé, comme de bien entendu en Afrique, passage de la frontière de nuit à Fraïka, avec des douaniers maliens réticents, puis grand taxi pour Bamako, premiers contacts avec le Sahel pour les fillettes, finalement pas si différent du nord de la Côte d’Ivoire.
   
   De Bamako les plus jeunes sœurs et Safie prennent le "Général Soumaré", bateau à aube qui remonte le cours du fleuve, vers Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao. Gao, le terme du voyage de la petite famille.
   
   Maryse Condé raconte tout ceci de manière factuelle, sans vibrations superflues de la corde émotionnelle et "informe" clairement sur ce qu’est la réalité dans ces pays d’Afrique de l’Ouest. Pas l’enfer – au moins en l’absence de zones de conflits – pas le paradis non plus. Mais des pays où des petites filles peuvent mener des vies de petites filles, certes différentes de celles de petites filles européennes mais pas forcément moins intéressantes non plus. Cela dénote d’un amour et d’une connaissance profonde de cette région d’Afrique de la part de Maryse Condé.
   
   On ne retrouve pas dans cet ouvrage la part d’onirisme si souvent présente dans les écrits caribéens. On est plutôt dans le factuel ici. Un factuel bien illustré par Letizia Galli…
   
   Quand l’ouvrage se finit, nous sommes à l’orée des vies d’adolescentes de ces jeunes africaines. A la courbe du Jolima ne fait que relater le trajet qui les met à l’aube de ce nouvel âge pour elles : "Ce qui se profilait au bout de la courbe du fleuve, c’était l’adolescence, ses périls et ses joies."

critique par Tistou




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