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Ados: Harry Potter et les reliques de la mort (Tome 7) de Joanna-K. Rowling

Joanna-K. Rowling
  Dès 10 ans: Harry Potter à l'école des sorciers (tome 1)
  Dès 10 ans: Harry Potter et le Prince de sang mêlé (tome 6)
  Ados: Harry Potter et les reliques de la mort (Tome 7)
  Dès 11 ans: Les Contes de Beedle le Barde
  Une place à prendre

Joanne K. Rowling (le K est un hommage à sa grand-mère de sa grand-mère Kathleen), est une romancière anglaise née en 1965.

Elle a publié également sous le pseudonyme de Robert Galbraith

Ados: Harry Potter et les reliques de la mort (Tome 7) - Joanna-K. Rowling

Bouquet final
Note :

   Du septième et dernier épisode des aventures d'Harry Potter, il y a tout ce que tout le monde sait déjà: c'est un des livres les plus noirs de la série (selon moi, à l'égal du cinquième tome, "Harry Potter et l'Ordre du Phénix"), mais il n'en a pas moins battu tous les records de vente...
   
   Ensuite, il y a ce qu'aucun potterophile digne de ce nom ne veut savoir avant de tourner lui-même la dernière page de ce septième volume: la fin de l'histoire, et plus particulièrement si Harry et/ou Voldemort sont alors mort(s) ou vivant(s). Ce que bien sûr, je me garderai bien de révéler dans ce commentaire, pas plus que je ne révélerai les noms des nombreux personnages dont nous devons ici déplorer le décès (ni d'ailleurs de ceux dont la disparition n'a rien de déplorable!). Le chantage ni la torture ne m'arracheront ses informations - inutile donc d'essayer et d'inonder ma boîte-mail de messages enjôleurs ou menaçants...
   
   Finalement, il ne reste qu'une seule question à débattre ici: J.K. Rowling a-t-elle, oui ou non, réussi à boucler la boucle d'une façon convaincante et à renouer de façon cohérente tous les fils de son intrigue laissés épars au cours des épisodes précédents? A quoi je répondrai sans hésiter: oui, définitivement oui. "Harry Potter and the Deathly Hallows" regorge encore de surprises - la principale victime du sixième tome, dont je tairai le nom ici, toute morte qu'elle soit, était bien loin d'avoir dit son dernier mot en la matière, de même que son meurtrier dont nous n'avons pas fini d'entendre parler. Et s'agissant justement du sixième épisode, certains développements qui m'avaient alors paru bizarres ou pas très convaincants ont à présent pris tout leur sens. Petit conseil, donc, à ceux qui n'auraient pas encore lu "Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé": prévoyez d'enchaîner la lecture des deux derniers volumes, je pense que vous en tirerez plus de plaisir.
   
   "Harry Potter and the Deathly Hallows" met un terme aux aventures de Harry Potter par un beau bouquet final, et confirme que J.K. Rowling a bien su mener de bout en bout la barque de son histoire. Et last but not least, ce dernier épisode m'a permis de passer un très bon moment d'évasion.
   
   
   1.Harry Potter à l'école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher's Stone)
   2.Harry Potter et la Chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets)
   3.Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban)
   4.Harry Potter et la Coupe de feu (Harry Potter and the Goblet of Fire)
   5.Harry Potter et l'Ordre du phénix (Harry Potter and the Order of the Phoenix)
   6.Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (Harry Potter and the Half-Blood Prince)
   7.Harry Potter et les Reliques de la Mort (Harry Potter and the Deathly Hallows)
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critique par Fée Carabine




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De la magie plein les yeux.
Note :

   Fin de la saga des Harry Potter, ce dernier opus est riche en révélations et, bien sûr on attend la conclusion avec une vive impatience.
   
   Dumbledore, au-delà du tombeau a laissé un lourd héritage aux trois héros, Harry , Ron & Hermione qui doivent se lancer dans un jeu de piste dangereux à la recherche de ces fameux «Horcruxes», parties de l’âme de Voldemort disséminées dans des objets précis en des endroits divers. Leur quête s’apparente à celle du Graal et nos héros vivent des aventures diverses s’en sortant toujours avec finesse et magie. En effet, jamais autant ils ne se seront déguisés grâce à la «pollyjuice potion», cachés sous la fameuse cape d’invisibilité et parcouru tant de distance d’un endroit à l’autre, car, bien sûr, Voldemort cherche à affronter Harry mais on garde le meilleur pour la fin. De plus en plus, le nouveau ministère de la magie dirigé par un homme de paille à la solde de Voldemort, s’apparente à un gouvernement totalitaire et l’on ne peut s’empêcher de penser aux nazis lorsque celui-ci promulgue des lois visant les sorciers de «sang impur» c’est-à-dire issus de «muggles» («moldus» en Français) qui sont les gens ordinaires non-sorciers, nous quoi !
   
   En plus des «horcruxes» qui doivent détruire Lord Voldemort vient se greffer cette histoire des «deathly Hallows», «les reliques de la mort», en Français. A noter qu’aucun des mots de ce titre ne figure dans les différents dictionnaires que j’ai en ma possession et cette construction adjectivale avec «death» est assez surprenante pour ne pas dire rare (on connaît «deadly» = mortel) ; quant à «Hallows», hormis l’adjectif «Hallowed» = "saint, sanctifié ..", force sur la connotation religieuse et mystique que rend effectivement très bien «reliques» (sous entendu «enchâssées»). Ces fameuses «reliques» donc apparaissent sous la forme d’un conte, histoire dans l’histoire qui s’avère.
    Car, JK Rowling joue aussi avec le «vrai». Un conte peut-il se révéler dans la «réalité» («la diégèse» comme on dit maintenant) de même ce qu’il se passe dans l’esprit de Harry relié comme une webcam aux funestes projets de son pire ennemi, et revisitant les morts dans une espèce d’Hadès trop réelle pour lui. Mais n’en révélons pas trop.
   
   Contrairement au précédent roman, celui-ci a gagné en efficacité et les tâtonnements des héros débouchent assez rapidement sur des éléments nouveaux, et l’auteur n’oublie pas le côté «romance» de ces jeunes gens de 17 ans. Les couples se forment mais pas forcément ceux qu’on croit. Il y a d’abord le mariage de Fleur Delacour (la petite Française à l’accent hilarant tout en «ze» et «eez , sans «h» aspirés et tutti quanti, une mine de prononciation «à la française» vue par une Anglaise…) avec Bill un des grands garçons des Weasley. D’autres personnages non-humains réapparaissent parfois pour un dernier tour de piste : les elfes, les gnomes de la banque Gringott, les centaures, les géants… Tout ce petit monde se dirige vers la scène finale à Hogwarts, la fameuse école de sorcellerie pour un combat final haut en couleurs dont les tenants et aboutissants ne sont pas à révéler pour les futurs lecteurs de la traduction française. La fin peut-être traîne légèrement en longueur sous les explications abracadabrantesques du passé qui explique le présent, occasion pour Harry de se replonger dans la «pensieve» et de découvrir le vrai Snape (Rogue).
   
   Parmi tous les personnages, Snape est celui qui a, au cours de mes lectures, toujours eu ma préférence tant son rôle paraît défini de prime abord et tant les épisodes successifs ajoutent de l’épaisseur à ce sorcier tout en subtilité. En tout cas, ce dernier Harry me rassure quant à lui et confirme ce que j’en ai toujours pensé mais que je n’écrirai pas ici.
   
   Il reste un roman prenant mais long, mais cela semble plus justifié dans cette dernière scène que précédemment. Evidemment, il faut tout révéler. Là, on ne s’en sort pas si mal et l’on sent combien l’auteur avait déjà élaboré son final depuis longue date. Ceci étant, la longueur et l’effet absorbant de l’intrigue, nous font quitter Harry sans finalement trop de regrets tant notre esprit en ressort farci de magie et de merveilleux.
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critique par Mouton Noir




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Ce n'est qu'un au revoir
Note :

   PAS DE SPOILERS! AVANCEZ SANS CRAINTE! (je n'ai jamais parlé de façon aussi abstraite d'un livre, parfois je m'impressionne moi-même.)
   
   Bien sûr, je suis une grande fan.
   
   Pas de quoi me pointer déguisée à minuit le 21 juillet devant le WH Smith. Pas de quoi non plus me lancer dans le marathon "lire-en-une-nuit".
   J'étais même prête à laisser la priorité de lecture à mon frère, rendez-vous compte.
   Je lui ai laissé 24 heures. Ce n'est pas la fête non plus.
   
   Maintenant j'ai enfin la réponse à mes questions les plus obsédantes:
   - qui va y passer: Voldemort et/ou Harry?
   - Snape est-il un fils de sa mère ou un gentil qui avance masqué comme j'aime à le penser?
   - Que devient-IL?
   - Harry va-t-il passer du côté obscur de la force? (je sais, c'est absurde)
   Voilà, vous ne saurez rien, sauf qu'il s'agit d'un des meilleurs livres de la série: il est riche en nouvelles aventures, en rebondissements et en coups de théâtre auxquels IL n'est pas étranger. J'étais un tout petit peu déçue par les deux précédents ("l'ordre du phoenix" et "le prince de sang mêlé"), du fait du manque d'action pendant 500 pages que les 50 dernières tentent de rattraper comme elles peuvent. Dans les "Deathly Hallows", tout est parfaitement dosé et l'on ne s'ennuie pas une seule seconde.
   
   Si ce tome est le plus noir, il s'y trouve tout de même de beaux moments d'émotion et d'amitié. J'en ai pleuré comme une madeleine. Ce que j'admire chez l'auteur, c'est qu'elle est parvenue à les rendre attachants sans qu'ils paraissent gnangnan, ce qui n'était pas gagné. Il s'agit d'un livre mûr, qui a évolué avec son héro et qui conclut la série en beauté. Car la boucle se boucle, de façon cohérente et convaincante.
   
   La seule chose avec laquelle j'ai eu du mal (mais c'est depuis les premiers tomes), c'est la façon dont l'auteur justifie l'über power d'Harry vis-à-vis de Voldemort: il serait protégé par l'amour de ses parents morts pour lui. Je trouve qu'il s'agit d'une pirouette un peu trop facile et bien pensante, mais bon je veux bien marcher.
   
   J'ai eu une difficulté pendant la lecture: le récit fait appel à des souvenirs très précis des autres tomes, et si on ne s'en souvient plus très bien, on a du mal à se rappeler certains sorts et personnages, à comprendre la référence à certaines blagues et anecdotes. Mais heureusement, certains sites peuvent nous rafraîchir la mémoire.
   
   Potterophiles de tous les pays, manifestez-vous!
   
   Et les autres, veillez à ce qu'il ne vous arrive pas la même mésaventure qu'à une de mes connaissances. Appelons le Paul. Paul en est aux tout derniers chapitres du "Deathly Hallows". Il est trois heures du matin. Paul est tout content à l'idée qu'il va ENFIN connaître la fin. Aussi, quelle n'est pas son horreur quand il s'aperçoit qu'il lui manque les trente dernières pages! Non, ce n'était pas un coup de Bellatrix Lestrange, mais d'un ami (?) à lui dont la cruauté et le sadisme dépassent l'imagination moldue.
   
   Rassurez vous, Paul a fini par récupérer ses pages (soigneusement enfermées dans une enveloppe) le lendemain soir après une longue journée de torture, non sans avoir sérieusement malmené son ami(?).
   Il y en a qui méritent Azkaban parfois.
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critique par La Renarde




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La fin
Note :

   La fin
   
   Même si j’ai une nette préférence pour les trois premiers tomes de la saga, j’attendais le final avec impatience. Je n’ai pas été déçue, car “Harry Potter et les Reliques de la Mort” clôt en beauté les aventures du sorcier à lunettes.
   
   Le roman démarre sur les chapeaux de roue avec une mémorable poursuite en balais. J.K. Rowling avait annoncé des morts, eh bien il y en a dès les premiers chapitres (snif). L’histoire bifurque ensuite vers des sentiers inhabituels. Pas de voyage en Poudlard Express, de quidditch ou de cours de potion et de défense contre les forces du mal dans cet opus. C’est la guerre, on ne rigole plus ! Harry, Ron et Hermione voyagent à travers le pays pour mettre la main sur les horcruxes. Toute cette partie se lit très agréablement, mais j’ai parfois eu l’impression que l’intrigue tournait en rond et qu’il ne se passait pas grand-chose.
   Qu’importe, le dernier quart du roman, grandiose, rattrape tout, et il devient très difficile de lâcher le livre avant le point final. Car à Poudlard se déroule l’ultime bataille opposant les forces du Bien et du Mal, et là, c’est l’apothéose. Tous les personnages principaux sont présents, à commencer bien sûr par les membres de l’Ordre du phénix, et J.K. Rowling multiplie les références aux tomes précédents (les centaures, les araignées géantes, le basilic, la Chambre des secrets etc.). Le suspense est presque insoutenable : impossible de savoir qui va s’en tirer et qui va succomber aux assauts des troupes de Voldemort. Le sort de Harry lui-même est incertain. Pratiquement jusqu’à la dernière page, il est difficile de deviner s’il va s’en sortir vivant ou pas.
   En ce sens, le roman est très bien construit : le suspense va crescendo pour exploser dans un final épique. Bon, je me suis un peu perdue dans les histoires de baguettes, mais on ne va pas chipoter pour si peu. Au final, on ne peut qu’admirer la cohérence de l’ensemble de la série.
   
   S’agissant des personnages, certains finissent de se révéler, comme Neville Londubat, d’autres créent la surprise (Molly Weasley et Bellatrix Lestrange). Quant à Dumbledore, même mort il reste omniprésent, et les révélations qu’a faites J.K. Rowling sur sa relation homosexuelle avec Grindewald apportent un éclairage intéressant à l’intrigue.
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critique par Caroline




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Adieu Harry!
Note :

   Avec "Les reliques de la mort", J.K Rowling achève l'histoire du jeune sorcier Harry Potter. Que dire de ce dernier opus sinon qu'il se dévore, qu'il est trépidant et que tout se retrouve à sa place....le puzzle est achevé avec brio.
   
   Harry va fêter ses 17 ans et deviendra donc majeur. Cette majorité le rendra vulnérable: le contre sort de sa mère s'évanouira. Dès lors, la confrontation finale entre Lord Voldemort et Harry est inévitable. De ce combat sortira l'ombre ou la lumière, la guerre ou la paix, le malheur ou le bonheur. C'est ce dénouement que nous conte l'ultime opus des aventures du jeune sorcier!
   
   Les pistes qui prenaient forme dans le précédent tome mènent le lecteur à l'ultime rebondissement dans un rythme effréné et endiablé.
   
   Dumbledore a été tué, Severus Rogue lourdement soupçonné de félonie, l'Ordre du Phénix est bien malmené et Harry devient un paria: l'école des sorciers de Poudlard est passé sous la tutelle du ministère de la Magie phagocyté par les Mangemorts inféodés à l'horrible, l'ignoble, le désespérant "Vous savez qui"! L'avenir apparaît bien sombre pour nos jeunes héros: s'enfuir et résister au mieux ou courber l'échine et être broyés par "Celui-Dont-On-ne-Prononce-pas-Le-Nom".
   
   Harry, suivi de Ron et Hermione, part à la recherche des fameuses Horcruxes, rencontre bien des tourments et doit déjouer bien des pièges. La quête des trois adolescents leur apprendra des vérités dérangeantes qui les rendront plus forts et plus adultes: la personnalité exceptionnelle de feu Dumbledore sera écornée par des révélations de prime abord peu avantageuses, Rogue endossera beaucoup de rôles, bons et moins bons voire carrément mauvais et la famille Malefoy en surprendra plus d'un. Mais la meilleure des révélations concerne Lord Voldemort... dont le profil d'homme mesquin et maladivement envieux ne peut que le mener sur les sentiers de la tyrannie non éclairée!
   
   Au cours de ce dernier épisode, les personnages secondaires, vous savez les sans grades, les chevilles ouvrières d'apparence insignifiante, prennent toute leur véritable dimension: les chaînons et les rouages essentiels d'une histoire épique et héroïque. Ainsi Neville, Luna se révèlent être plein de ressources inattendues. Parfois, on se croirait dans un film de James Bond et c'est absolument jubilatoire!
   
   C'est à regret que l'on ferme "les reliques de la mort" et que l'on quitte Harry Potter et ses amis. Le dernier chapitre fera certainement couler beaucoup d'encre mais il est tout sauf superfétatoire: il évoque un avenir plus tolérant et plus lumineux!
   
   Au revoir, non adieu chers Harry, Ron, Hermione, Ginny, Neville, Luna et les autres... j'aurai le plaisir de vous retrouver dans les films (et dans la relecture du cycle entier!)! Plaise au ciel qu'il n'y ait pas de suite qui pour le coup serait superfétatoire et purement mercantile!
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critique par Chatperlipopette




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L’heure est à la guerre
Note :

   Je reviens maintenant à ces "reliques de la mort":
   Le caractère « extraordinaire » de ce dernier tome a été annoncé par JK Rowling à la fin du tome 6 : Harry ne compte pas revenir à Hogwarts et les rituels que son auteur a tissés au fil des volumes (surtout les premiers) vont donc voler en éclats.
   Le temps des amours est lui aussi suspendu : les effusions sentimentales du tome précédent semblent de toute façon avoir dessiné assez nettement les couples.
   L’heure est à la guerre et la question est donc de savoir comment Harry va vaincre Voldemort, s’il va en sortir vivant et aussi qui va mourir dans ce combat final, car on pressent que cet ultime affrontement ne se fera pas sans sacrifices.
   J’ai trouvé qu’il s’agissait d’un volume un peu aride dans la première partie, car il se resserre sur le trio principal et progresse d’abord de façon chaotique, alternant morceau de bravoure et tunnel un peu morne (c’était déjà le cas dans les autres volumes, simplement la vie d’Hogwarts remplissait les phases de brouille ou d’ennui); en même temps, c’est aussi un bon volume de synthèse, remettant en lumière les sorts et surtout les personnages rencontrés au fil des épisodes.
   
   Je ne suis pas une grande lectrice de combats et autres péripéties rocambolesques. Les échanges de sorts, les éclairs de lumière verte ou rouge, les passages «épiques» me laissent indifférente. Une exception cependant: l’expédition de Dumbledore et de son protégé en quête du médaillon dans le tome 6; cette réécriture de la traversée infernale mêlée de réminiscences horrifiques (les morts-vivants) et la cruauté du supplice que s’inflige Dumbledore m’avaient beaucoup marquée.
   
   Ce que j’aime, moi, ce sont les mystères du roman familial d’Harry, les ambiguïtés des personnages, la création d’un monde parallèle et cohérent.
   A ce titre, l’un de mes épisodes préférés est le récit du souvenir de Rogue (tome 5?), attaqué par James et ses amis, et refusant l’aide de Lily. Le doute ne subsiste pas longtemps; Harry est rassuré par l’un des membres de l’ordre du phénix, mais cette inversion des rôles entre bons et méchants, l’hostilité qui existait alors entre James et Lily, étaient tout de même fort intéressantes. Il est vrai que si cette ambiguïté m’a frappée surtout pour les parents du héros, elle touche toutes les figures paternelles qui entourent Harry.
   Après James et les maraudeurs, c’est Lily que nous découvrons dans ce dernier volume, et j’aime beaucoup les passages qui lui sont consacrés.
   Enfin, les partisans du sang pur ayant pris le pouvoir, le roman prend par endroits des accents de contre-utopie assez glaçants…
   
   Vous avez compris que je suis plus visite au Ministère de la magie qu’évasion des clones, plus plongée dans la pensine que cambriolage à Gringotts…
   Il y a quelques scènes qui m’ont paru particulièrement fortes:
   -la visite au Ministère, donc: j’aime beaucoup le jeu cruel entre les apparences empruntées par les héros et leur identité propre. Harry est ironiquement protégé par son masque de dénonciateur, Hermione est recrutée pour assister à ce qui pourrait être son propre procès, Ron a volé l’identité d’un homme qui subit un chantage odieux; j’aime beaucoup l’aide apportée par son père qui ne le reconnaît pas. La transformation du ministère en repère fasciste parquant les sang-de-bourbe avant un simulacre de procès me paraît bien décrite et terrible.
   -Je trouve très belle la scène de réveil (pas King’s Cross, celle d’après); la trahison immédiate de Narcissa, puis la route vers Hogwarts et Harry porté par Hagrid. Ça me fait penser à une pieta, d’autant qu’Hagrid est celui qui a porté l’enfant aux Dursley, qui est venu le chercher pour l’école, une sorte de nounou. Avant la bataille finale, le temps est suspendu et Harry plus christique que jamais.
   -J’ai pu verser en plusieurs fois toutes les larmes de mon corps, ce qui est bien le moins quand on lit une saga. Comme tout le monde je pense, j’ai très mal supporté la mort de ce pauvre Dobby. Mais «the prince’s tale» m’a aussi terriblement émue, parce qu’il confirmait que Snape n’était pas un traître, qu’il avait juste été un jeune homme arrogant et malheureux; et parce qu’il mettait en scène Lily: sa lettre au début révélait qu’on ne la connaissait que comme partie du couple qu’elle formait avec James. Et là, tout à coup, elle apparaissait, seule, et elle était bien plus attachante que les maraudeurs. Bon, je ne vous parle pas des héros morts au combat, du nouvel orphelin, du collégien sacrifié…
   
   Sinon :
   - on peut légitimement regretter que JK Rowling n’ait pas choisi la voie obscure et ne tue pas son héros. Néanmoins, cette idée de sacrifice que paraissaient annoncer les autres livres est habilement retournée et le fait qu’Harry utilise le même sort de protection que sa mère rend sensible, je trouve, le passage des générations.
   - on peut légitimement regretter que le combat final entre Harry et Voldemort soit si bref, mais pas moi; les jeux sont faits, pas vrai, alors pourquoi en rajouter?
   - on peut tout aussi légitimement regretter cette fin un peu fade, qui semble bien décalée par rapport à la noirceur des derniers volumes… Une façon de fermer (bloquer?) la porte en douceur…
   
   Mes anti-héros :
   - J’aime bien que Neville soit devenu à son niveau un petit Harry tout couturé, un meneur.
   - J’ai une tendresse inconditionnelle pour Luna Lovegood. Comme il n’est pas question d’elle dans le dernier chapitre, je me suis mise à spéculer follement: et si madame Rowling comptait lui consacrer un bouquin pour elle toute seule? d’autant qu’on ne connaît toujours pas les circonstances de la mort de sa mère, non (corrigez-moi si je me trompe)? Mais dans une interview elle révèle que Luna a épousé le descendant de Newt Scamander, l’auteur du livre sur les créatures magiques…
   
   Bon. Harry, c’est fini…
   
   Comme la jubilation de lire tranquillement la fin a vite fait place à la frustration de ne pouvoir en discuter avec quasiment personne, j’ai consulté les impressions de lecteurs sur un forum; il y a d’intéressantes remarques sur la construction en miroir des 7 volumes, une théorie fort convaincante, en tout cas pour les tomes 2 et 6 (même importance de Ginny, découverte et destruction d’un horcruxe…).
   Sinon :
   Vivement le prochain livre de JK Rowling! (et pas le dictionnaire annoncé sur le monde d’Harry Potter, je veux dire que j’attends impatiemment un nouveau roman; elle ne va pas s’arrêter là, quand même?)

critique par Rose




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