Lecture / Ecriture
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Farallon Islands de Abby Geni

Abby Geni
  Farallon Islands

Farallon Islands - Abby Geni

Un animal doué de raison
Note :

    Au large de San Francisco, Miranda débarque sur les îles Farallon pour une année. La jeune femme photographe et bourlingueuse sans attaches a pour colocataires des biologistes. Spécialiste de la photographie d’environnements bruts et naturels où l’interférence humaine est quasi inexistante, Miranda n’a pas droit à un accueil des plus chaleureux. Obnubilés par leurs travaux d’études sur les animaux, les six scientifiques sur place sont peu loquaces.
   
    Dans ce décor loin d’être hospitalier, les journées se déroulent selon l’activité des oiseaux, des phoques ou des requins. Avec une écriture qui fait appel à tous les sens, très rapidement une certaine tension s’installe car le danger ne vient pas forcément de l’environnement mais des humains.
   
    Absolument prenant et impossible à lâcher, ce premier roman conjugue des descriptions passionnantes de ces îles et des espèces animales tout en distillant un vrai suspense.
   
    Les sentiments sont merveilleusement rendus tout comme les questionnements de Miranda. De main de maître, Abby Geni nous harponne pour mieux nous surprendre jusqu’à la dernière page.
   
   Un roman fascinant et dépaysant, âpre et hypnotique, lu en apnée totale!
   
   "Galen m’a dit qu’il glanait tout ce qui parlait de la vie sur les îles. Il ne faisait pas de distinction entre le trivial et l’essentiel, l'humain et l' animal, le tragique et le merveilleux. Pour lui la plus grande illusion des humains était de croire qu’ils étaient en dehors de la nature – qu’ils ne faisaient pas partie de la chaîne alimentaire – qu’ils n’étaient pas eux-mêmes des animaux."

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critique par Clara et les mots




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Six petits biologistes
Note :

   Coup de cœur pour ce premier roman sombre et saisissant avec pour décor les îles Farallon, au large de San Francisco, inhospitalières et sauvages, battues par les vents. Sur l'une d'elles vivent six biologistes à l'année, observant soit les oiseaux, les baleines, les phoques ou les requins.
   
   Miranda a choisi de venir là une année en résidence. Elle est photographe, a bourlingué à travers le monde sans jamais se poser. Sa spécialité ce sont les photos de paysages extrêmes et elle est habituée aux conditions de vie spartiates.
   
   Son arrivée sur l'île l'impressionne pourtant, son accostage risqué, l'absence d'accueil de ceux qui vont devenir ses compagnons pour plusieurs mois. Ils sont là pour observer et sont indifférents à tout le reste. Ils sont entassés dans un refuge inconfortable où Miranda va devoir faire sa place.
   
   Miranda est une jeune femme qui ne s'est jamais remise de la mort accidentelle de sa mère lorsqu'elle avait 13 ans. Depuis, elle lui écrit régulièrement des lettres qui ne partent pas ou qu'elle disperse dans la nature ou qui vont se perdre dans d'improbables boîtes aux lettres. C'est à travers ces lettres que nous découvrons ce que Miranda va vivre sur l'île et que nous suivons ses questionnements et son évolution.
   
   Après, le mieux est de ne rien dire de l'histoire, dont je vous garantis qu'on ne peut pas la lâcher. L'atmosphère de l'île est superbement rendue, le vacarme, l'odeur, les éléments, les dangers, les innombrables souris, les précautions à prendre, casque sur la tête à cause des oiseaux, bracelets à poux aux chevilles, poncho pour le guano, rochers glissants. Miranda se plaît dans cet endroit qui lui correspond profondément pense-t-elle.
   
   Mais il n'y a pas que les animaux qui peuvent se révéler dangereux, l'île abrite des secrets, les biologistes confinés dans un espace étroit ne sont pas très sociables, sont en apparence indifférents aux autres, mais en réalité tout se sait.
   
   Les nerfs sont mis à rude épreuve, on sent une menace qui plane en permanence, on redoute ce qui peut arriver, à juste titre et à plusieurs reprises, croyant savoir ce qui allait suivre, j'ai été surprise par un évènement inattendu, jusqu'aux dernières pages qui donnent encore plus d'épaisseur à tout ce qui a précédé.
   
   Un premier roman à ne pas manquer.
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critique par Aifelle




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Un roman puissant
Note :

   "J'ai été cette personne constituée de sensibilité artistique et de chagrin. J'ai cru que mon esprit était primordial et mon corps secondaire."
   
    "Photographe, nomade, orpheline de mère. Une épistolière, laissant derrière elle une traînée de papier et de mots partout dans le monde, comme celle d'un avion, une artiste avec un appareil photo en guise de cerveau: froid, précis, calculateur. Une femme en noir."
Ainsi se définit a posteriori Miranda, la narratrice qui va passer une année sur les Farallon slands. Des îles tout sauf hospitalières où ne vivent que des biologistes chargés d’étudier la faune locale.
   
   Rebaptisée Melissa, voire Souricette, la narratrice va peu à peu prendre ses marques et se laisser fasciner par cet environnement violent et meurtrier, peu accessible, où "tout est dangereux, même la peau des requins", ce qui nous donne un étonnant huis-clos en plein air.
   
   Roman initiatique, se déroulant dans un environnement oppressant, où les distinctions entre humains et animaux ont disparu aux yeux des biologistes qui semblent détachés et sans empathie, Farallon Islands distille une sourde fascination qu'il faut prendre le temps de laisser agir. Un roman riche aussi en informations étonnantes sur les animaux qui la peuplent, avec un mention spéciale pour le poulpe "domestique".
   
    Oliver. Abby Geni, par son écriture précise, nous fait ressentir l'odeur du guano, sentir les poux d'oiseaux ou les attaques des goélands furieux avec une acuité sans pareille. Un roman puissant qui file sur l'étagère des indispensables.
   
   Magnifiquement traduit de l'anglais (E-U) par Céline Leroy, 381 pages piquetées de marque-pages.

critique par Cathulu




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