Lecture / Ecriture
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Olga de Bernhard Schlink

Bernhard Schlink
  Le liseur
  La circoncision
  Le week-end
  Le retour
  Amours en fuite
  La Femme sur l’escalier
  Mensonges d’été
  Brouillard sur Mannheim
  Olga

Bernhard Schlink est un écrivain allemand né en 1944 à Bielefeld (Allemagne).

Olga - Bernhard Schlink

La vie d'Olga
Note :

    J'aime souvent la littérature allemande et notamment Bernhard Schlink (Amours en fuite, Le weekend, Le retour, déjà chroniqués ici). Tant nouvelles que romans atteignent chez cet auteur né en 1944 une profondeur rare. Beaucoup connaissent déjà Le liseur que je n'ai pas lu.
   
    L'Allemagne à la fin du XIXème siècle. Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans un village coupé de toute modernité. Herbert est le fils d’un riche industriel voisin. Tandis qu'’elle se bat pour devenir enseignante, lui rêve d’'aventures et d'’exploits pour la patrie. Amis d’'enfance, puis amants, ils vivent leur idylle dans l’opposition à la famille, on s'en doute. Mais le goût d'Herbert pour le lointain rend leurs relations orageuses et tant d'absences virent au virtuel. Les nouvelles se font rares puis cessent totalement.
   
    Arrivent les conflits mondiaux. Deux guerres plus tard, vers la fin de sa vie, Olga raconte son histoire à un jeune homme qui lui est proche comme un fils. Mais ce n’'est que bien plus tard que celui-ci, lui-même âgé, va découvrir la vérité sur cette femme d'’apparence si modeste.
   
    On est passionné par le destin d'Olga, précurseur d'un féminisme à visage très humain, en cette Allemagne elle-même en proie à tant de démons. L'histoire d'amour reste très présente mais ce sentiment très finement observé se confronte aux utopies d'Herbert et à sa conception du monde. J'ai très rarement rencontré en littérature un discernement pareil chez un auteur germanique et là je fais essentiellement allusion à cette théorie de la rage allemande d'avoir manqué d'être un grand empire colonial. Je n'y avais guère pensé mais Bernhard Schlink, à travers les chimères d'Herbert, ne manque pas, lui, son objectif.
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critique par Eeguab




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Une vie allemande
Note :

   La vie d’une femme allemande, d’origine polonaise, née sous Bismarck, et qui déteste cet homme politique qu’elle rend responsable de tout ce qui ne va plus dans le pays.
   
   Élevée par une vieille tante désagréable, Olga se débrouille pour faire des études et devenir institutrice. Elle s’éprend d’un voisin de son âge, d’une famille bourgeoise, pas facile à vivre, et souvent parti pour des aventures improbables ; rarement réuni, ce couple fidèle est très touchant.
   
   Il disparaît dans une mission destinée à traverser la face nord de l’océan Arctique.
   
   Elle continue son bonhomme de chemin. Une existence difficile, le pays traverse la Grande Guerre puis le nazisme et ses conséquences ; c’est seule, qu’Olga avancée en âge, devient couturière dans une famille accueillante.
   
   Pour son troisième et quatrième âge, elle aura pour ami le petit garçon de la famille, qui devient un homme, et dont elle pourrait être la grand-mère. Il prend en charge la narration de la partie 2 du récit. Après le décès d’Olga, il va à la recherche de sa descendance dont elle a peu parlé, et trouve un paquet de lettres…
   
   La troisième partie ce sont ces lettres, qu’Olga écrivit à son compagnon disparu. Longtemps après qu’elle ait renoncé à le revoir vivant, elle lui écrit encore, poste restante…
   
   Olga, le personnage et sa vie, m'ont plu, et son histoire relatée avec sobriété est souvent émouvante, mais je regrette que les lettres soient données à lire toutes ensemble après le récit de sa vie . En effet, ces lettres se révèlent vite ennuyeuses à lire les unes après les autres ; elles ne nous apprennent rien qu’on ne sache déjà et sont assez répétitives par rapport au récit… on aurait pu en donner simplement des extraits en italique après chaque chapitre.
   
   Évidemment l’auteur a voulu qu’on se rapproche d’Olga petit à petit ; une partie à la 3eme personne, une 2eme partie plus personnalisée racontée par son petit fils d’adoption ; puis les lettres où elle dit " je". mais je n’ai pas goûté la chose ! C’est bizarre mais les récits épistolaires m’ont toujours ennuyée…
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critique par Jehanne




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Une vie simple
Note :

   "Elle aimait les cimetières parce que là ils étaient tous égaux, les puissants et les faibles, les pauvres et les riches, les gens qui avaient été aimés et ceux dont personne ne s'était soucié, ceux qui avaient connu le succès et ceux qui avaient échoué."
   

   Fin du XIXe siècle, Olga orpheline est élevée par sa grand-mère qui ne l'a jamais portée dans son cœur, comme si elle était une déception ou le rappel de quelque chose de fâcheux. Elle est solitaire, elle n'est pas intégrée, n'a aucun ami jusqu'au jour où elle trouve quelqu'un qui est aussi différent. Herbert, son père est l'homme le plus riche du village. L'amitié va se transformer en amour, mais Herbert rêve de vastes horizons, aventurier passionnément attiré par les grands espaces lointains. Il n'aura de cesse de voyager, jusqu'à disparaître.
   
   J'ai bien aimé la construction originale de ce récit en trois parties. Dans la première, le narrateur raconte la vie d'Olga jusqu'à sa retraite. Elle obtient alors un poste de couturière dans une famille de pasteur et se lie d'amitié avec le plus jeune des enfants, Ferdinand. Dans la deuxième partie, celui-ci devient le narrateur jusqu'à ce qu'il retrouve des lettres qu'Olga a adressées régulièrement à Herbert. Ces lettres vont constituer la troisième partie et nous éclairer sur la vie de cette femme volontaire, indépendante, intelligente, tolérante et aimante qui espère pendant des années le retour de l'être aimé.
   
   Un récit tout en sensibilité, une histoire d'amour et de vie triste et aussi un morceau d'Histoire contemporaine de l'Allemagne. La mélodie de la vie d'Olga est son amour pour Herbert entre accomplissement et déception. Des chapitres brefs, une écriture simple, un personnage fort, tous les ingrédients pour un bon roman.

critique par Y. Montmartin




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