Lecture / Ecriture
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Les passagers du Roissy-Express de François Maspero

François Maspero
  Le sourire du chat
  Balkans-transit
  Les passagers du Roissy-Express

François Maspero est un écrivain, éditeur, libraire et traducteur français né en 1932 à Paris et mort en 2015.

Les passagers du Roissy-Express - François Maspero

RER B il y a trente ans
Note :

   Photographies d'Anaïk Frantz
   
    Ouf, je l'ai retrouvé, ce truc improbable évidemment disponible au magasin de la bibliothèque! Et vous savez quoi? Dès le départ j'ai su qu’il allait entrer dans la catégorie coup de cœur.
   
    L'idée de départ, c'est de voyager, et pas en Patagonie orientale ou au Turkménistan central, non, il s'agit de se déplacer au moyen du RER B, de Roissy à La Plaine, sauter Paris intra muros, et reprendre de Laplace à Saint-Rémy lès Chevreuse. Totally wild, quoi. "Que sais-tu de la manière dont on vit à une demi-heure des tours de Notre-Dame?" "Est-ce que tu es jamais descendu, rien que pour voir, à Sevran-Beaudottes ou aux Baconnets, des stations où tu passes si souvent depuis tant d'années..."
   

    Pas de vraie enquête sociologique, ni de reportage, juste découvrir, loger à l'hôtel, comme un vrai touriste, rencontrer les gens, parfois des connaissances déjà repérées, pour servir de guide. Dès les premiers jours, des difficultés attendent François Maspero (preneur de notes) et Anaïk Frantz (la photographe) : hôtels miteux ou complets, absence de plans et de guides, découverte qu'une station peut très bien être plus proche de la ville voisine que de celle dont elle porte le nom, beaucoup beaucoup de marche et de retours en arrière (par le RER)...
   
    Le voyage, réalisé en mai 1989, est ponctué de nouvelles sporadiques des événements de la place Tian'anmen, alors qu'en France se préparent les célébrations du bicentenaire de la révolution. En banlieue, on continue à vivre, défilent pavillons en meulière, zones industrielles, grands ensembles tristounets, parfois jardins ouvriers, canaux. Depuis cette époque, tout a dû encore évoluer, pour le meilleur, pour le pire? Une tour a peut-être implosé, d'autres ont été réhabilitées, chômage et trafic, on ne sait pas. Parfois des rappels historiques, guerre de 70, les deux guerres mondiales, la cité de La Muette à Drancy, la misère de certains quartiers il y a si peu finalement.
   
    "Après tout, comme dit Anaïk, les voyages ne sont pas fait seulement pour se donner des souvenirs. Ils sont faits pour se donner l'envie de revenir."
   

    Un récit formidable, plus informatif qu'on ne croit, à découvrir en dépit des années passées depuis sa sortie, et qui fera rêver même les provinciaux, écrit d'un ton plein d'allant, parfois d'amusement, parfois plus sérieux; où il s'agit souvent de lire entre les lignes.
   
    Je note la référence au film d'Eli Lotar sur Aubervilliers (1945) “AUBERVILLIERS”

critique par Keisha




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