Lecture / Ecriture
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L'encyclopédie du petit cercle de Nicolas Dickner

Nicolas Dickner
  L'encyclopédie du petit cercle
  Nikolski

L'encyclopédie du petit cercle - Nicolas Dickner

La Chafouderie et autres chenilles gastriques
Note :

   Nicolas Dickner, lors d’une frénésie de lecture, tombe en 1996 chez un bouquiniste sur un mensuel des années 70, relié en 4 tomes à la manière d’une imposante encyclopédie, L’Encyclopédie du petit cercle. Farfelues, déjantées et follement amusantes, les définitions l’enchantent. Ni une ni deux, le voici qui en décline dix nouvelles, dans ce recueil tout à fait original.
   
   Très difficiles à caractériser, elles sont un mélange de fantaisie, d’imaginaire, de voyages et d’évasion, avec un zeste d’humour, et surtout ce petit plus tout spécial de la littérature québécoise. Quoi exactement, je suis bien en peine de le définir ; une sorte de grâce à la fois innocente et très franche, un rapport aux autres différent, et extrêmement séduisant.
   Deux préférences dans ce recueil (mais j’ai aimé toutes les nouvelles !):
    « Printemps », qui nous raconte le formidable fou-rire d’Orville et Wilbur, aux dépens du féroce critique d’art Peter Vlumt.
   Et « Reconquista », qui nous plonge le temps d’un été dans une amitié très forte entre deux fillettes. L’une est amoureuse de Madagascar, l’autre est un mélange de plusieurs influences, et on est complètement avec elles, dans leur petite rue canadienne. La rencontre, par exemple. Alors que Karyne dessine sur l’asphalte brûlant une forêt de minarets à la craie, Aïcha l’observe, et voici leur tout premier dialogue :
   « - Charles Perrault je présume ? qu’elle me lance.
   Elle a un drôle d’accent, Aïcha, un registre à la fois tunisien, parisien et montréalais qui casse légèrement le chant de sa voix – je n’apprendrai les subtilités de son ascendance que plus tard, bien sûr, on ne déballe pas sa famille comme ça, dans la rue, dès la première rencontre. Pour l’heure, il ne fait aucun doute qu’elle est une ange fraîchement débarquée de Madagascar, et je lui parle donc comme à une ange, soucieuse d’être compréhensible malgré mon accent du bas du fleuve.
   - Schéhérazade, je suppose ? que je lui réponds.
   Rigolade entre perspicaces. »

   
   Nicolas Dickner. Voilà un nom que je vais retenir, révérence et grand merci à ma fournisseuse québécoise préférée.

critique par Cuné




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