Lecture / Ecriture
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Nature morte de Patrick Mosconi

Patrick Mosconi
  Nature morte

Nature morte - Patrick Mosconi

Normal pour un romancier qui est également artiste peintre...
Note :

   David Detmer est chauffeur de taxi à Paris, mais pas que. Un chauffeur de taxi qui travaille quelque peu en dilettante. Etant son propre patron, il peut, si ceux-ci ne lui plaisent pas, refuser des clients. Il habite en solitaire dans un duplex aménagé dans un petit immeuble, au fond d'une cour, protégé des agressions des rues environnantes.
   
   Comme seule compagne, Detmer possède Prune. Une chatte. Enfin, quand je dis possède, c'est faux. C'est Prune qui a adopté Detmer et malgré ses balades nocturnes, elle revient toujours au foyer.
   
   Ce serait une vie paisible pour Detmer et sa féline compagne, si tout cela n'était qu'un trompe-l'œil, une couverture.
   
   Detmer est un tueur professionnel, et réalise de temps en temps ce que l'on appelle un contrat, même si après avoir accompli celui-ci, Detmer est malade, moralement. Ce n'est que lorsqu'il a accepté son travail que Detmer connait l'identité de la future victime. Detmer va se trouver engagé dans un engrenage infernal.
   
   Pradel. Tel est le nom de celui qu'il doit abattre. Pradel. C'était aussi le nom de son capitaine lorsque Detmer effectuait son service militaire en Algérie. Après une courte enquête, Detmer a la confirmation de ce qu'il pressentait. L'homme qu'il doit effacer du monde des vivants n'est autre que le fils de son ex-capitaine, un ancien para qui s’est retrouvé du mauvais côté du mur lors du putsch d’Alger.
   
   Qui sortira gagnant de cet imbroglio ? Pradel père qui n'a en rien perdu de sa verdeur et de son sens militaire ? Pradel fils, qui malgré ses dénégations, est soupçonné d'espionnage industriel ? Cécile, la compagne de celui-ci et qui va tomber sous le charme de Detmer ? Et qui sont ces barbouzes commandés par un certain Lambert ?
   
   Patrick Mosconi inaugurait avec cet excellent roman la nouvelle collection intitulée Collection Noire destinée à remplacer la mythique collection Spécial Police du Fleuve Noir. La collection a sombré, peut-être à cause d’une couverture peu engageante et ne reflétant pas la teneur des romans publiés.
   
   Nature morte se situe dans le contexte du Paris des années 1980 et donc la prégnance de la guerre d’Algérie, qui longtemps a tu son nom sous celui d’événements d’Algérie, était plus forte lors de sa première édition qu’aujourd’hui. L’Histoire a joué son rôle et avec le recul la guerre d’Indépendance ne s’impose plus dans les esprits comme trente ans auparavant. D’autant que depuis de nombreux remous ont secoué ce qui était un département français jusqu’en 1962 (en réalité il y en eu trois, composés des trois provinces algériennes).
   
   Mais ceci n’est pas le propos du roman, le ressort de l’intrigue, comme l’indique fort justement Jérôme Leroy dans son avant-propos, s’appuie sur le fonctionnement des démocraties et le terrorisme d’état de l’époque. Mais est-ce que cela a vraiment changé ?
   
   Patrick Mosconi fut un découvreur de talent puisqu’il a lancé, dans principalement dans la collection Sanguine mais également en Spécial Police de nombreux auteurs qui deviendront des romanciers de référence tels que Fajardie, Jonquet, Pouy, Raynal, Michel Quint, Gérard Delteil ou encore Benacquista. Sans oublier, mais cela je l’ignorais, qu’il fut auparavant l’éditeur de Guy Debord.

critique par Oncle Paul




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