Lecture / Ecriture
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Les bras cassés de Yann Le Poulichet

Yann Le Poulichet
  Les bras cassés

Les bras cassés - Yann Le Poulichet

Pas inoubliable
Note :

   Lorsque Jules répond au téléphone dans l'appartement qu'il loue avec ses deux potes Virgil et Nico, il a oublié que l'ancien locataire était un détective privé, et lorsque la voix lui demande s'il exerce cette profession, il ne peut s'empêcher de répondre par l'affirmative. Partant sur un banal adultère, le voici embarqué dans une enquête beaucoup plus compliquée dans laquelle des coups, un enlèvement et des cadavres apparaissent. Une histoire qui dépasse le trio qui va pourtant devoir faire face.
   
   Pas inoubliable mais loin d'être désagréable, tel pourrait être mon résumé laconique de ce roman. Il démarre très fort, un langage jeune, moderne, pas mal d'humour dans les personnages un peu décalés, dans les expressions, je me dis que je vais passer un excellent moment.
   
   "Finalement, il est sorti à la suivante, à la hauteur de Longjumeau. en voyant le panneau, je me suis dit que c'était la ville où les 2Be3 avaient passé leur enfance. Puis je me suis demandé comment je pouvais savoir un truc pareil, c'était pas vraiment ma génération ces trois couillons. Ça m'a un peu turlupiné en suivant de pas trop loin la Mercedes. Pas longtemps." (p.19)
   

   Ce qui est le cas jusqu'au milieu du livre, et puis, un petit coup de mou, je ne sais pas si c'est le mien ou celui du romancier. Des longueurs, des répétitions, on tourne en rond, comme les trois copains d'ailleurs. Il y a toujours ici et là des pages plus intéressantes, plus drôles, même si cette fin de roman est nettement moins légère que son début. Je frôle l'agacement et l'épuisement lorsque la petite lueur -l'indice- vient mettre le feu au final et je retrouve de l'allant pour aller au bout des aventures de Jules, Virgil et Nico.
   
   Globalement, je garderai l'idée d'un roman agréable, un peu long (les 280 pages auraient pu être condensées), des mecs sympas, décalés, un peu glandeurs, pas mal alcoolisés, perdus et qui se découvrent des ressources qu'ils ne soupçonnaient pas, des amateurs quoi ; c'est cela qui les rend touchants, attachants et sympathiques. On n'a pas envie qu'il leur arrive des bricoles, ils pourraient être nos fils, neveux, frères, cousins (rayez la mention inutile). Des à-peine trentenaires qui découvrent la vie, une sorte de roman initiatique moderne, très ancré dans la société actuelle.

critique par Yv




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