Lecture / Ecriture
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Sale boulot de Larry Brown

Larry Brown
  Fay
  Dur comme l'amour
  L'usine à lapins
  Joe
  Père et fils
  Sale boulot

Larry Brown est un écrivain américain, né en 1951 dans le Mississippi et décédé d'une crise cardiaque en 2004.

Sale boulot - Larry Brown

Un roman qui fait mal
Note :

   J’ai repéré ce roman dans plusieurs tops 2018 et je me suis souvenue qu’il était dans ma pile (comme bien d’autres, direz-vous). Je l’ai donc immédiatement pris et j’en suis ressortie complètement secouée. Je me demande s’il est possible de ressortir indemne de cette lecture, qui se déroule le temps d’une nuit, dans un hôpital pour vétérans.
   
   Deux lits, deux hommes, deux vétérans du Viet Nam. L’un est noir, l’autre blanc. L’un n’a plus de bras ni de jambes et l’autre n’a plus de visages et des balles de fusils encore logées dans la tête. Vingt-deux ans après la guerre, ils sont cabossés, brisés, et vont se raconter leur histoire, en deux monologues parallèles.
   
   Ce roman, en peu de pages, nous fait voir les horreurs de la guerre et leurs conséquences. En effet, les deux hommes ont laissé bien plus que des membres ou un visage au Viet Nam. Les blessures sont beaucoup plus profondes et ont changé leur façon de se définir. La souffrance psychologique est omniprésente et on ressent de façon très tangible "l’interruption" qui a eu lieu dans leur vie. Les deux hommes ne se connaissent presque pas mais en une nuit, ils vont se raconter, raconter leurs familles, leurs rêves de l’époque… et comment tout a volé en éclat. Chacun d’entre eux tente de s’évader à sa manière et une partie d’eux est toujours un peu ailleurs. Et la fin, la fin…
   
   Le style est simple, direct, parfois presque oral quand les hommes racontent leur histoire. Mais il va droit au but. Un roman qui fait mal, qui nous met extrêmement mal à l’aise et qui fait réfléchir sur la guerre et ce qu’il advient de l’humanité de ces personnes qui côtoient l’impensable.
   
    À tenter.

critique par Karine




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