Lecture / Ecriture
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Instantanés d'Ambre de Yôko Ogawa

Yôko Ogawa
  La piscine
  La grossesse
  La formule préférée du professeur
  Les abeilles
  Les paupières
  Tristes revanches
  La Bénédiction inattendue
  Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie + un thé qui ne refroidit pas
  La marche de Mina
  L'annulaire
  Une parfaite chambre de malade
  La mer
  Cristallisation secrète
  Amours en marge
  Les tendres plaintes
  La Petite Pièce Hexagonale
  Le musée du silence
  L'hôtel Iris
  Parfum de glace
  Manuscrit zéro
  Les lectures des otages
  Petits oiseaux
  La Jeune fille à l'ouvrage
  Instantanés d'Ambre

Yōko Ogawa (小川洋子°) est une écrivaine japonaise née en 1962.
Elle a obtenu:
Le Prix Akutagawa pour "La Grossesse" en 1991
Le Prix Tanizaki
Le Prix Izumi
Le Prix Yomiuri
Le Prix Kaien pour son premier court roman, "La désagrégation du papillon"


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Instantanés d'Ambre - Yôko Ogawa

Hors du monde
Note :

    L'histoire commence dans une résidence de personnes âgées, la narratrice qui a des doigts déformés, a été autrefois accompagnatrice au piano, elle se lie d'amitié avec M. Amber dont l’œil gauche couleur ambre ne semble plus voir.
   
   Ce roman est donc l'histoire de ce vieil homme qui n'a qu'un filet de voix, il ne produit qu'un semblant de murmure. Parler fort était une des interdictions de sa maman. L'autre interdiction était de ne jamais sortir à l'extérieur du mur de briques. Pendant près de sept ans, Ambre, sa sœur aînée Opale et son petit frère Agathe ont vécu enfermés dans la villa, sans téléphone, ni télévision, ni journaux, sans fréquenter l'école, avec pour seuls amis les insectes et les petits animaux du jardin. Seule l'aînée Opale garde des souvenirs du monde extérieur qu'elle a connu. Leur mère travaille comme assistante pour les curistes. Ils ne connaissent rien du monde en dehors de ce qu'ils lisent dans les encyclopédies.
   
   C'est dans l'encyclopédie illustrée des sciences pour les enfants qu'ils ont choisi leur nouveau prénom, maman veut qu'ils oublient leur nom d'avant. Tout cela à cause d'un chien maléfique qui a emporté leur petite sœur. Ils ne s'éloignent jamais l'un de l'autre, on peut dire qu'à eux trois ils ne font qu'un. A eux trois ils partagent des secrets, ils s'inventent des jeux, les olympiades, le jeu des circonstances, celui des situations.
   
   J'ai trouvé ce roman difficile à lire, le récit est rempli de métaphores, nous sommes plongés dans un monde de l'imaginaire auquel il ne m'a pas été toujours facile d'accéder. Une atmosphère particulière entre conte de fées et huis clos angoissant.
   
   L'auteur avec son écriture poétique nous décrit le monde que les enfants se sont inventé et M.Amber Ambre, n'a vraiment existé que pendant les années où il est resté enfermé avec sa sœur et son frère dans cette villa entourée d'un mur de brique. Leur univers se résume à un âne, un chaton, un professeur qui vit dans l'oreille de la sœur, et surtout Joe le marchand ambulant, qui tel un prestidigitateur fait apparaître toutes sortes d'objets de ses sacoches et leur apporte la totalité du monde. Ambre qui dessine dans la marge des encyclopédies des instantanés, des silhouettes fragiles comme sa voix, des dessins minuscules, microscopiques où vient habiter sa petite sœur décédée.
   
   Un roman très original, à lire doucement pour en comprendre toute la magie et ne pas sombrer dans l'ennui. L'univers de Yôko Ogawa est toujours étrange, baroque, beaucoup de choses sont suggérées, il faut accepter ces règles pour profiter pleinement de ce livre.

critique par Y. Montmartin




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