Lecture / Ecriture
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L'agence Combes et Cie de Alain Gandy

Alain Gandy
  L'agence Combes et Cie
  Un week-end meurtrier

L'agence Combes et Cie - Alain Gandy

A la façon de Columbo : Ma femme me dit toujours…
Note :

   Jeune retraité de la gendarmerie, Joseph Combes, 54 ans, se reconvertit comme détective privé à Villefranche-de-Rouergue, petite ville où il a passé quelques années à la tête de la brigade locale.
   
   Sa première enquête lui est confiée par Montagnac, entrepreneur en construction, dont la voiture de luxe a été volée. Dans le même temps, le juge Massac l’informe qu’il pourrait avoir besoin de ses services, un adolescent ayant disparu.
   
   Toute la famille Combes est réquisitionnée afin de retrouver le véhicule. C’est Joseph qui décroche le gros lot, avec dans le coffre de la voiture le cadavre du présumé fugueur. Pierre, le fils Montagnac, qui avait emprunté la voiture de son père pour emmener sa petite amie, Gaby, au cinéma, est soupçonné de meurtre par le commissaire Battioli, un homme qui a tendance à établir de rapides conclusions. Combes et Claire, sa femme, interrogent les amoureux et leur innocence ne leur fait aucun doute.
   
   Le nouveau détective s’attache donc à percer la personnalité de Michel, la jeune victime. C’était un gamin solitaire, renfermé, qui aimait passer ses soirées dehors, en bas de chez lui, à rêvasser. Il se renseigne également auprès des voisins, des commerçants, dont Mélisson, un photographe. Un personnage assez trouble, louche.
   
   Il aimerait rencontrer aussi Olga Swaloska, une ancienne concertiste dont la carrière a été brisée à cause d’un accident. Sa passion pour la musique perturbe quelque peu le voisinage, car elle écoute des disques jusque tard dans la nuit. A tort ou à raison les rumeurs vont bon train, lui prêtant une vie de débauchée, ce qu’elle ne peut réfuter, étant absente. Mélisson est retrouvé dans le coma, gisant dans son magasin dévasté. Les pronostics vont en faveur d’un chantage, ou d’un simple vol. Il décèdera peu après, gardant pour lui le nom de son agresseur.
   
   Roman rural, familial, bon enfant qui outre l’enquête est une étude de mœurs, avec ces personnages qui sont le lot des petites villes où tout le monde se connaît, ou presque.
   
   Les rumeurs et les ragots sont allègrement colportés par des aigris, des jaloux. Alain Gandy apostrophe également le rôle ingrat et frustrant des journalistes localiers, mais également celui joué par leurs confrères nationaux. Ainsi page 209 :
   “ Déjà perceptible dans les salles de rédaction des périodiques nationaux, qui gèrent l’actualité sous forme de “ dossiers et de “ billets d’opinion ” rédigés souvent par des spécialistes inconnus qui traitent de ce qu’ils pensent bien plus que des faits eux-mêmes, cette amertume inavouée devient aigreur déclarée chez ceux qui besognent dans un hebdomadaire à diffusion locale ”.

   Est-ce pour ne pas froisser les représentants de cette profession, souvent à l’affût du moindre scandale susceptible d’augmenter le tirage, qu’Alain Gandy place son histoire en 1972 ?

critique par Oncle Paul




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