Lecture / Ecriture
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Les brumes du passé de Leonardo Padura

Leonardo Padura
  Vents de Carême
  Adios Hemingway
  Les brumes du passé
  L'automne à Cuba
  L'homme qui aimait les chiens
  Hérétiques
  Les quatre saisons - T1 - Passé parfait

Leonardo Padura Fuentes est un journaliste et écrivain cubain né en 1955.

Les brumes du passé - Leonardo Padura

Un policier, mais pas que
Note :

   La «quadrilogie» dont Tistou et Fée Carabine nous ont déjà parlé et qui devait se terminer avec la démission de Mario Conde de la police, celle-là même qui s’était enrichie d’un 5ème titre « pour pouvoir parler d’Hemingway », eh bien voilà qu’elle en compte un sixième parce que… eh bien parce que les lecteurs et Léonardo Padura y prennent plaisir et donc, dans ces conditions… pourquoi se priver ?
   
   Je n’ai pas lu les précédents et je peux donc témoigner que cela n’est pas nécessaire à la compréhension de celui-ci. Alors, est-ce que, chemin faisant, la recette se bonifie ? Ce n’est pas impossible car moi, ces brumes du passé, je les ai trouvées excellentes. Il y a peut-être bien eu du progrès depuis les vents de Carême. Guère d’amélioration météo en tout cas.
   
   L’histoire : A Cuba, la situation économique est de plus en plus désastreuse. Les gens n’ont plus d’argent du tout et si la bande d’amis de Mario se réunit encore, ce n’est plus pour de bons gueuletons. On est plus proches de la soupe au caillou.
    Les familles aisées sont toutes réduites, les unes après les autres à vendre leurs trésors. Les maisons se vident de leurs bibelots précieux. On a beau garder le plus longtemps possible ce à quoi l’on tient le plus, on finit par être obligé de le vendre. Les intermédiaires, vers les Etrangers, sont acheteurs. Mario Conde est l’un d’eux.
   Ainsi les bibliophiles les plus passionnés tenaillés par la faim, doivent-ils se résoudre à essaimer au fil des semaines ou des mois les perles de leurs bibliothèques et, depuis qu’il a quitté la police, Conde vit de la revente de beaux livres anciens. Un jour, il découvre La Bibliothèque Idéale Cubaine (avec des majuscules partout) et elle est à vendre.
   
   Avouez que pour les serial-lecteurs que nous sommes, un détective fin bibliophile, fou de littérature et de Salinger, qui a des prémonitions et un cadavre dans la bibliothèque de rêve, si ce n’est pas du Cluedo, c’est très alléchant. Toute résistance semblait impossible. Je l’ai donc lu, sans me faire prier davantage.
   
   Léonardo Padura nous fait ici une peinture de la société cubaine en pleine déliquescence qui est très intéressante pour ce qu’elle nous apprend de la vie quotidienne dans l’île et l’état d’esprit de ses habitants qui subissent cette misère. Il y a pénurie de tout et, autant que tout autre bien, pénurie culturelle. C’est un vrai naufrage qui nous est montré. Le naufrage d’une société qui fut riche à tous points de vue et raffinée.
   
   J’ai trouvé que le livre ne devenait vraiment intéressant qu’après 100 pages. Au début, il y a des longueurs, des recettes, de musique, de cuisine, des listes. Par exemple des listes détaillées d’ouvrages anciens rares avec description des illustrations, dates et éditeurs… Et il y en a beaucoup. Pour nous prouver que Conde s’y connaît ? Que Padura s’y connaît ? Par pur plaisir de parler de trésors culturels ? Pas passionnant en tout cas pour le lecteur néophyte …
   Bref, après 100 pages, cela va mieux et l’action se lance.
   
   Les chapitres de récit alternent avec des lettres qui parlent d’une mort suspecte remontant à bien des années. Le problème, c’est qu’on ne sait rien de ces lettres, ni qui les a écrites, ni pour qui, ni qui les lit ou si quelqu’un les lit. On met beaucoup trop longtemps à le comprendre ne serait-ce qu’un peu, pour en profiter vraiment et pour que cela anime réellement l’action.
   
   Pour l’instant, je n’ai parlé que des reproches que j’ai à faire à cet ouvrage et pourtant, je lui ai mis quatre étoiles. C’est que je trouve que, plutôt qu’un bon polar, c’est un bon roman. Les situations sont humainement crédibles, les personnages ont un vrai passé qui est traité avec autant de soin que leur présent, les liens avec les situations historiques successives connues par le pays sont profonds, mais surtout, ce sont la peinture de la société cubaine quotidienne actuelle et son évolution au niveau de la rue qui m’ont intéressée.
   
   Pour conclure: un début un peu lourd, une action un peu lente, mais un roman au charme certain.
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critique par Sibylline




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L'amour des livres
Note :

   Mario Conde, l'emblématique commissaire de La Havane, et héros récurrent de Leonardo Padura, est bien là. Pour autant il ne s'agit pas vraiment d'un polar.
   
   D'abord, Mario Conde, il a quitté la police. Faudrait voir à ne pas l'oublier! Il est vieux, se sent vieux, vit relativement misérablement d'achat et revente de livres anciens et se satisfait de la compagnie de ses vieux amis, aussi misérables que lui – mais qui n'est pas misérable à Cuba et à La Havane en particulier (notre histoire se situe en 2003)?
   Donc, les livres. Les livres anciens. Achat au petit bonheur, au coup de chance, à l'intox et revente … pareil, à l'intox, au coup de chance et au petit bonheur. En tout cas à la sauvette.
   
   “A mesure qu'il s'enfonçait dans les mystères du métier, Mario Conde découvrit qu'il préférait l'exercice de l'achat à celui de la revente. Vendre des livres sous un porche, sur le banc d'un parc, à un coin de rue prometteur, rongeait les restes de son orgueil dévasté et lui causait surtout l'insatisfaction d'avoir à se défaire d'un livre qu'il aurait souvent préféré garder. C'est pourquoi, même si ses revenus en souffraient, il avait adopté une stratégie qui faisait de lui un simple pisteur, chargé d'alimenter les stocks des autres bouquinistes. Dès lors, au cours des prospections destinées à découvrir des mines de livres, le Conde, comme tous ses collègues de la ville, avait adopté trois techniques complémentaires et d'une certaine façon antagoniques ...”
   
   Et puis il y a cette bâtisse du Vedado, vieille maison coloniale en voie de décrépitude où Mario Conde rencontre Dionisio et Amalia, un frère et une soeur déjà vieux, qui survivent dans la maison … familiale (?), gardiens en quelque sorte de trésors de livres comme un revendeur de livres n'oserait en rêver. Mais, bien entendu, Mario Conde n'est pas un revendeur de livres comme les autres. Surtout, il n'est pas vénal, et, atavisme d'ancien commissaire oblige, il flaire un mystère, une tension attachée à cette maison et ses deux habitants.
   
   Se greffe là-dessus, car notre homme n'est pas cubain pour rien -il est sentimental, une affaire “d'envoûtement” à une voix écoutée et réécoutée sur un 45 tours d'une chanteuse quasi inconnue qui se révèle avoir des liens avec … la maison, ses occupants, voire Mario Conde. Ce n'est donc pas qu'une affaire de livres.
   
   Mais c'est d'abord une affaire de livres et quelque part “Les brumes du passé” m'ont fait penser à “L'ombre du vent” de Carlos Ruiz Zafon, en moins baroque, en plus “réel”, mais avec cette même démarche de partir des livres, d'un livre, pour y revenir.
   
   Leonardo Padura traite là de Cuba, de sa misère, de ses joies aussi, et de l'amour des livres.
   
   Son écriture est très agréable. Il écrit des polars, mais pas que. Il y a bien d'autres sentiments qu'une simple quête ou enquête dans ces «brumes du passé».
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critique par Tistou




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Bibli et banquet
Note :

   J’ai déjà fait un brin de chemin avec Mario Condé et les fantômes d'Hemingway, je le retrouve alors qu’il a quitté la police depuis treize ans. Il approche dangereusement de la cinquantaine, ses amis vieillissent eux aussi, seule la belle Tamara son amour de jeunesse semble ne pas prendre une ride.
   
   Pour vivre Condé s'est fait acheteur de livres anciens, les Cubains sont obligés pour survivre de vendre leurs biens; les pauvres vendent leurs corps, les nantis leurs bijoux et leurs bibliothèques. Parfois un livre rare lui permet de vivoter pendant quelques semaines, cela lui arrache le coeur, lui l'amoureux des livres, il écume les beaux quartiers à la recherche de trésors cachés.
   
   Quand il pénètre dans la belle villa coloniale de Dionisio Ferrero, le coeur lui manque, il a trouvé une bibliothèque de plusieurs milliers de livres, le pactole assuré.
   
   Il ne sait pas qu'il vient de commencer une enquête qui le fera partir à la recherche d'une chanteuse de boléro mystérieusement disparue quarante ans auparavant, symbole du Cuba des années cinquante. Son enquête le conduira dans les quartiers les plus miséreux de La Havane, il sera en danger dans cette ville gangrenée par le crime et les trafics en tous genres.
   
   Dans les nuits étouffantes de Cuba, Mario Condé va poursuivre une ombre, les témoins de l'époque évoqueront pour lui un monde disparu dans les Brumes du passé, balayé par le régime castriste. Un monde de violence, de prostitution, bref très ressemblant à celui d’aujourd’hui. J'ai beaucoup aimé ce roman, le terme de polar ne convient pas vraiment, c'est un récit nostalgique, plein de tout l'amour de Leonardo Padura pour son pays qu'il sait évoquer magnifiquement.
   
   Le personnage de Mario Condé est très attachant, son amour des livres, sa fidélité aux amis, jusqu'à ses défauts qui le rendent sympathiques, et puis comment en vouloir à un homme qui dès qu'il a trois sous offre à ses amis un banquet digne de Lucculus.
   
   Récit désenchanté au rythme du Boléro dont retentit La Havane.
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critique par Dominique




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Enquête nostalgique
Note :

   Titre original : « La neblina del ayer, » 2003.
   
    
   La Havane, début du vingt-et unième siècle. Une grave crise économique sévit à Cuba. Une partie importante de la population, y compris des gens autrefois à l'aise, vivent dans la précarité et souffrent de malnutrition.
    
   Mario Condé, qui fut policier, s'est reconverti dans le commerce noir du livre précieux. Il parcourt l'île à la recherche de livres rares recherchés par des bibliophiles. Ses amis les revendent et tous se partagent le bénéfice.
   Il est tombé sur une bibliothèque fabuleuse, qui à elle seule, contient une partie essentielle du patrimoine de l'île de Cuba.
   Ce trésor est gardé par Amalia et Dionisio Ferrerro, frère et sœur âgés, qui survivent difficilement à la crise. Les livres appartiennent à la famille Montes de Oca qui a quitté le pays depuis longtemps et dont les héritiers sont introuvables.
   Mario a trouvé aussi dans un livre de cuisine coûteux une page de revue arrachée où figure la belle Violeta de Rio, ancienne chanteuse de boléro, qui n'a enregistré qu'un seul disque avant de quitter mystérieusement la scène. Mario ressent une attirance irrésistible pour Violeta. Il se souvient que son père écoutait souvent ce disque lorsqu'il était enfant.
    
   Cette enquête, d'abord toute nostalgique, suit la piste de la chanteuse et plonge dans une époque révolue (les années cinquante à Cuba) pour révéler des drames enfouis et remettre Mario sur la piste d'une intrigue criminelle...
    
   L'écriture est à la fois ironique, nostalgique, un brin romantique. Le roman nous entraîne dans le vécu de la crise socio-économique actuelle à Cuba, et les souvenirs des années 50 qui apparaissent en regard comme un âge d'or à jamais disparu.
   A cette époque, Le pouvoir était encore aux mains de Batista. La corruption régnait, mais aussi, semble-t-il, une certaine joie de vivre, du moins pour Mario et ses amis.
   
   Les personnages sont sympathiques et vivants. Les dialogues sont fort agréables d'autant plus que dans la narration, le style est souvent lourd, quelque peu indigeste:
      
   «Au cours de son existence, Mario Conde s'était entraîné à vivre avec les idéalisations et les diabolisations du passé les plus variées, avec les réécritures opportunistes, les affabulations et les silences impénétrables, perpétrés parfois avec un soin dramatique ou de la façon la plus arbitraire.
   Au long de cette cohabitation, il avait appris que, même contre son gré, chaque personne, chaque génération, chaque pays, tout le monde doit traîner, comme les fers d'une condamnation, ce passé qui est inévitablement le sien, avec toute la vacuité des maquillages flatteurs ou la laideur volontairement exacerbée. »

    ↓

critique par Jehanne




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Un hymne aux livres
Note :

   "Les brumes du passé" de Léonardo Padura, écrivain cubain, est un très beau livre dont on subit le charme, peu à peu, en entrant dans l'histoire du personnage récurent Mario Conde et d'un pays Cuba.
   
    Mario Conde est entré dans la police par idéal, parce qu'il n'admet pas que les coupables ne soient pas punis pour leurs actes. Mais ce qu'il a vu dans la police, corruption, malhonnêteté, l'a dissuadé d'y rester. Il s'est donc reconverti dans le commerce des livres anciens que les collectionneurs revendent pour ne pas mourir de faim dans l'île qui subit la crise de plein fouet. Un jour d'été 2003, il découvre une bibliothèque inestimable dans la maison d'un riche propriétaire qui a dû fuir l'île après la révolution cubaine de 1959. Et dans un de ces livres prestigieux, il trouve la photo d'une ancienne chanteuse de bolero, Violeta del Rio. Sans trop savoir pourquoi l'image et bientôt la voix de cette femme envoûtante vont le hanter. Il part donc à la recherche des brumes du passé, essayant de retrouver les traces de cette artiste qui a brutalement disparu de la scène. Parallèlement, Dioniso Ferrero, le propriétaire de la bibliothèque découverte par Mario, est assassiné et six livres disparaissent. Ceci suffit à expliquer que Mario Condé et son associé soient considérés comme les premiers suspects. L'ancien policier, pour se disculper, va donc se lancer dans une enquête pour retrouver le meurtrier. Quelque chose lui dit que cette recherche est indissociable de celle qu'il a entreprise à propos de Violeta del Rio.
   
   Le récit est raconté à la troisième personne et suit le personnage de Mario Conde évoluant dans le Cuba contemporain des années 2000. Il est entrecoupé des lettres d'une femme inconnue mais dont on devine vite la personnalité qui sont écrites dans les années post-révolution.
   
    Non, Les brumes du passé, n'est pas un livre policier, même s'il l'est, oui. C'est aussi un roman noir avec Violeta del Rio, La Dame de la nuit, ce personnage de femme fatale qui évolue, dans les années 1950, dans un univers sinistre où les plus grands bandits sont les hommes qui ont le pouvoir. Mais il est tellement autre chose aussi, tellement riche avec ces thématiques passionnantes et ses personnages qui finissent par être attachants même s'ils ne sont pas exempts de défauts. Représentants de l'humanité moyenne, ils doivent composer avec leur conscience pour s'en sortir dans un pays où les restrictions alimentaires sont terribles depuis la crise, où les tickets d'alimentation ne permettent que de survivre, où l'on n'est pas sûr de pouvoir manger le lendemain.
   
    Ce livre c'est d'abord l'Histoire de Cuba dont le passé s'accumule par strates, expliquant le présent des personnages et du pays. L'écrivain nous présente plusieurs époques , instaurant un va-et-vient désordonné de l'une à l'autre au gré du récit, de la présidence de l'immonde dictateur Batista, à la révolution de Fidel Castro, jusqu'à notre époque qui se marque par un constat d'échec... Ces allers-retours permettent de comprendre ce qu'était Cuba sous Batista avec un gouvernement et des riches qui ne se préoccupaient que de s'enrichir encore plus, organisant eux-mêmes la prostitution de luxe avec des mineures, la vente de la drogue, faisant en sorte que le pays serve de bordel aux Etats-Unis... Face à eux, un peuple affamé et inculte livré à la prostitution, à la drogue, au banditisme... On comprend pourquoi la révolution a été si bien accueillie par les gens modestes. On comprend pourquoi Mario Condé et ses copains y ont cru et ont sacrifié les meilleures années de leur vie pour parvenir à créer un monde meilleur. On comprend aussi ce qu'ils éprouvent à présent en voyant leur pays à l'agonie, en comprenant qu'ils ont été floués, que leurs idéaux ont été bafoués, qu'une autre caste sociale détenant le pouvoir a remplacé l'autre. La révolution a échoué, ils doivent renoncer à un rêve qui aurait pu être beau mais qui a été corrompu. Cuba est redevenue aujourd'hui un lieu de tourisme sexuel pour les étrangers, un immense terrain où la drogue, la corruption, la violence et le vol règnent en maître... à faire regretter sinon la vie avant la révolution, du moins les lieux d'amusement - comme l'explique un vieux musicien- les cabarets qui permettaient sous Batista d'oublier la misère, la musique populaire et surtout le bolero, chanson sentimentale cubaine, souveraines dans l'île à cette époque et qui a disparu de nos jours! Le lecteur ressent avec beaucoup d'acuité le désenchantement, la nostalgie de ces vieux bonshommes, ces personnages qui sont à l'heure du bilan, Mario et ses amis, Flaco et sa mère, Candito, le Paloma..
   
    Car "Les Brumes du passé" est une belle histoire d'amitié. Quand on est à l'heure des illusions perdues, il n'y a vraiment que les amis qui comptent. C'est ce que pense Mario Conde qui veille sur ses copains comme une mère sur ses enfants, se faisant du souci pour leur santé, partageant avec eux, en beuverie et en ripaille, l'argent qu'il gagne avec la vente de livres.
   
    Et c'est aussi un hymne aux livres. Mario Conde a appris à aimer les livres grâce au vieux bibliothécaire de son lycée qui lui a fait découvrir tous les classiques. Cet amour, il le porte en lui comme la part la plus propre qui compose sa personnalité. Il vend de vieux livres, poussé par la nécessité, certes, avec un brin de culpabilité, mais il les aime, il les protège, il refuse que les grands livres patrimoniaux quittent le territoire de son pays. Et c'est ce que j'ai aimé dans le personnage, cette pureté qu'il parvient à conserver quand il s'agit de tout ce qui lui tient à coeur, les amis, les livres, l'honnêteté. J'ai aimé qu'il soit "un Martien" comme lui dit son ami Yoyi Palomo, incorruptible, refusant la cupidité, la prostitution, la drogue, n'ayant même jamais fumé un joint de sa vie.
    Un très beau livre. J'ai vraiment découvert un écrivain de talent et j'ai hâte de lire d'autres livres de lui!

critique par Claudialucia




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