Lecture / Ecriture
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Markheim suivi de Janet la revenante de Robert Louis Stevenson

Robert Louis Stevenson
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  Markheim suivi de Janet la revenante

Grand voyageur, Robert Louis Stevenson est un écrivain écossais né en 1850 à Édimbourg et mort en 1894 dans les Samoa d'une crise d'apoplexie.


L'écrivain japonais Nakajima Atsushi a consacré un roman à Stevenson : "La mort de Tusitala".

Markheim suivi de Janet la revenante - Robert Louis Stevenson

Bon à rien, prêt à tout
Note :

   Cet ouvrage réunit deux nouvelles, la plus longue (Markheim - 1885) étant la première et, à mon sens la moins intéressante. Un jeune homme glissant sur la pente du vice, en vient à assassiner un prêteur sur gage. Au lieu de s'emparer du meilleur butin pour s'enfuir aussitôt, il s'attarde dans la boutique à la recherche de ce qu'il emportera, et poursuit même ses investigations dans l'appartement attenant.
   
    Pendant ce temps, alors qu'au début on ne voyait que l'action des deux hommes, nous lisons de plus en plus ses réflexions et pensées. Il se félicite de ne pas céder à l'affolement et note même ne pas éprouver de remord. Il traine sur les lieux, sans trouver de magot et se perd dans ses réflexions jusqu'à en discuter avec un étrange personnage qui vient d'apparaitre et en sait beaucoup. Qui est cet homme? Et s'il s'agissait de sa conscience?
   
   Difficile aujourd'hui de trouver cette histoire originale. Elle est au contraire extrêmement banale et n'offre pas grand intérêt malgré l'intervention du personnage mystérieux, et tendrait à prouver que, quand on n'est bon à rien, c'est incurable. La médiocrité de tous les personnages aidant, j'ai été peu intéressée.
   
   
   La seconde nouvelle (1881) s'est vue affubler d'un titre français qui n'a aucun sens "Janet la revenante", car il n'y a pas de fantôme à proprement parler dans cette histoire, tout au plus, peut-être le diable se serait-il emparé du corps de cette malheureuse Janet... si on est très superstitieux. Le titre original convient mieux: Thrawn Janet, Janet la tordue.
   
   Cette fois, c'est une assez consternante affaire d'obscurantisme et de superstition. Ce n'était sans doute pas comme cela que pouvaient la lire les lecteurs de Stevenson, mais c'est peut-être bien comme cela qu'il l'avait écrite lui, esprit plus délié et éclairé, car le lecteur de notre époque note parfaitement que tout ce qui est décrit a des explications rationnelles. Stevenson ne s'est pas envolé dans des scènes complètement surnaturelles.
   
   Janet est la brebis noire du village en particulier parce qu'elle est mère célibataire. Les "honnêtes" gens après l'avoir exclue de toute vie sociale, voient dans son isolement le signe qu'elle est une sorcière. Janet se prête un peu à l'accusation, car la peur qu'ils ont des sorts qu'elle pourrait jeter est la seule chose qui retient leurs bras. Arrive au village un jeune prêtre qui décide de l'engager comme bonne. Les mégères furieuses décident de prouver qu'elle est une sorcière selon la bonne vieille méthode bien connue qui consiste à l'entraver et la jeter à l'eau pour voir si elle flotte ou se noie. Si elle se noie, c'est que ce n'en était pas une, si elle flotte, son compte est bon. S'ensuit une belle bagarre où Janet finit par succomber mais heureusement pour elle, le prêtre survient et l'arrache aux mains des furies.
   
   Le lendemain, le village découvre avec stupeur une Janet toute tordue, bloquée de corps et de visage, et ne pouvant plus émettre que des sons inarticulés. AVC, pour nous. Pour eux, l'affaire est claire, cette fois, le Diable s'est vraiment emparé d'elle, et les braves gens décident de ne plus avoir aucun contact avec. Mais le prêtre persiste et elle commence son travail chez lui, fuyant autant qu'elle peut le village. Il nie que le diable puisse s'emparer ainsi des gens, bien que cette idée le tracasse peut-être un peu au fond puisqu'un été torride, alors qu'il tombe malade et a une forte fièvre, il se met à douter de cela aussi et même à avoir des visions...
   
   Histoire navrante qui m'a surtout amenée à détester ces braves gens dont la stupide superstition couvre surtout la cruauté et, signe des temps, le caractère effrayant du récit m'a totalement échappé, il m'a été impossible d'imaginer l'effet que ce récit pouvait avoir sur des gens croyant ne serait-ce qu'un peu à ces choses.
   
   Bref, je voulais lire un recit d'horreur de Stevenson, ou une histoire jouant avec le suspens, mais cela n'a pas été une vraie réussite. L'auteur était sans doute lui-même trop rationnel, on est loin de la prose "habitée" ou envoutée d'un Lovecraft.

critique par Sibylline




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