Lecture / Ecriture
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Le maquilleur de cadavres de Jaime Casas

Jaime Casas
  Le maquilleur de cadavres

Le maquilleur de cadavres - Jaime Casas

Au bout des doigts
Note :

   "...mes mains ne m'ont pas obéi. Attachées au monde comme elles l'avaient toujours été, sans se laisser corrompre par les monstres que produit la pensée pure, elles venaient, sûres d'elles, au secours de la mémoire."
   
   Le maquilleur de cadavres
se déroule à l'extrémité de l'autre hémisphère, dans ces contrées où les villes flanquent des montagnes enneigées et des étendues d'eau lisse, étalent un assortiment de pavillons en bois modernes et coquets, éternellement crépusculaires, comme des refuges d'explorateurs en fin de route. L'auteur semble tout aussi exotique, Jaime Casas est né en cette même Patagonie, connu au Chili avec le prix du "Consejo Nacional del Libro y la Lectura" pour des titres non traduits en français.
   
   La collection Tadeys, promet des "textes narratifs dont l'écriture mêle au réalisme des éléments grotesques, surréalistes, absurdes ou fantastiques" : l'histoire romanesque du maquilleur de cadavres répond à ce projet et le recours à l'exagération fait mouche.
   
    Pancho – la genèse de ce prénom est déjà en soi un roman, de la Grèce à Pancho Villa, qui fait se croiser des personnages jusqu'à la dernière ligne – n'a aucun don pour les choses de l'intellect mais manifeste une prédilection innée pour le toucher. Ses mains se meuvent en dehors de sa volonté, elles sont habiles et peuvent détecter les ultimes émotions des morts sur leur visage. Or l'on est croque-mort dans la famille de Pancho, père et oncle. Voilà pour le décor d'un livre où le réalisme macabre, soigneusement documenté (a même été consulté un spécialiste en "pathologie post mortem, naturalisation et conservation"), ne verse jamais dans l'excès au profit d'un conte sensuel, grave et cocasse.

critique par Christw




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