Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La traversée du miroir de Patrick Poivre d'Arvor

Patrick Poivre d'Arvor
  La traversée du miroir

La traversée du miroir - Patrick Poivre d'Arvor

L'homme qui aimait les femmes
Note :

   Il existe des hommes à femmes comme il existe des blonds et des bruns, des noirs et des blancs, des timides et des expansifs.
   Je ne parle pas de ces don Juan de pacotille qui papillonnent d'un lit à l'autre en se cherchant eux-mêmes sans jamais se trouver vraiment et causant plus de mal que de bien, ne cherchant que leur propre plaisir.
   Non, je parle de vrais séducteurs pour qui les femmes resteront les plus insondables mystères de l'univers. On les reconnait davantage à leur sollicitude envers le beau sexe qu'à leur réel charme. Leur force? Ils s'adressent aux femmes en leur parlant d'elles.
   François Mitterrand, Jean d'Ormesson ou encore Patrick Poivre d'Arvor sont de cette trempe.
   Le journaliste vedette a écrit "la traversée du miroir" à l'apogée de sa réussite, au milieu des années 80, après deux romans remarqués.
   On sent bien, dès les premières pages, que le chantre de l'information a mis beaucoup de lui-même dans ces lignes.
   
   La crise de la quarantaine d'un gynécologue (pour un amateur de femmes, il y a pire comme occupation…) qui part au bout du monde pour en finir, ou plutôt, tenter de se retrouver. Et le bout du monde à la fin des années 70, c'est le Cambodge de Pol Pot.
   Là-bas, il va frôler la mort, être fait prisonnier pendant trois ans et parvenir à s'échapper enfin. Une idée lui traverse alors l'esprit : revenir parmi les siens en changeant d'identité. Un autre homme, travestissement rendu plus facile par trois ans de brimades, trois ans de tortures plus mentales que physiques. Cela laisse des traces. Cela métamorphose.
   Mais à vouloir jouer au chat et à la souris, on gagne rarement.
   Cet autre côté du miroir va lui révéler des choses tues par sa propre femme. Mais il finira par s'y brûler les doigts. L'arroseur arrosé.
   
   Bref, le court roman de PPDA est le prétexte à plusieurs portraits de femmes et surtout, il peint avec justesse le profil d'un homme à femmes.
   D'un homme qui aimait les femmes, aurait dit François Truffaut.

critique par Walter Hartright




* * *