Lecture / Ecriture
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Maria de Angélique Villeneuve

Angélique Villeneuve
  Grand Paradis
  Un Territoire
  Les fleurs d'hiver
  Dès 04 ans: Le festin de Citronnette
  Nuit de septembre
  Maria

Angélique Villeneuve est une auteure française née en 1965.

Maria - Angélique Villeneuve

Non genré... pas facile
Note :

   C’est à travers ce très beau roman, que je découvre l’écriture si poétique d’Angelique Villeneuve.
   
   Conquise je suis.
   
   C’est donc par un roman bien étrange que j’aborde cette écrivain.
   
    Maria a perdu son mari assez jeune, elle a élevé sa fille seule et ensuite avec son nouveau compagnon William.
   
    Tout va bien, elle est la grand-mère d’un petit Marcus. Elle lui a appris à aimer les oiseaux. Le petit est aussi passionné qu’elle. Son travail : shampouiner et coloriser des têtes dans le salon de coiffure de Bernadette.
   
    Tout va bien. Oui mais.
   
    Sa fille et son gendre ont décidé que Marcus devait avoir le choix de ce qu’il voulait être. Il veut porter des robes, pas de souci. Il veut poser du vernis à ongle, pas de problème. Il se nomme Pomme, la vie est belle.
   
    Maria encaisse car c’est son petit fils, donc Pomme ou Marcus elle l’aime de toutes les manières.
   
    Quand le deuxième enfant vient au monde, les parents ont toujours l’idée de ce choix dans le futur pour l’enfant, donc ce sera le bébé. Fille ou garçon personne ne doit savoir.
   
    Un roman qui nous entraine dans le questionnement. Nous sommes dans une période où certains aimeraient gommer la masculinité autant que la féminité. Pas d’inégalité. Et je m’interroge. Maria réagit selon son cœur de grand-mère. Tant pis si elle n’est pas d’accord avec sa fille, ses petits enfants sont son trésor.
   
    Etre différent dans notre société complètement formatée n’est pas aisé. J’avoue que petite je rêvais d’être un garçon donc je grimpais aux arbres, je jouais aux autos mais j’étais une fille donc j’adorais les poupées. J’avais libre choix mais jamais je n’imaginerais que je puisse être un homme. A 55 ans, je ne me sens vraiment pas amoindrie par le masculin. Je suis leur égale un point c’est tout.
   
    Oui un livre qui questionne mais l’écriture est si belle …. et les oiseaux volent si haut, qu’on peut imaginer…
    ↓

critique par Winnie




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Difficile expérience
Note :

   Maria va être grand-mère pour la seconde fois. Avec Marcus, trois ans, son petit-fils ils s'installent sur le balcon pour examiner le ciel et guetter les oiseaux, plus tard Marcus saura voler, c'est un enfant du ciel. Marcus aime porter une robe et mettre de la couleur sur ses ongles ce qui énerve, William son grand-père.
   
   Quand Thomas le gendre téléphone pour annoncer la naissance, il dit c'est un bébé, ni le papa, ni la maman ne sont disposés à révéler le sexe de l'enfant, il s'agit d'un être humain qui un jour, le plus tard possible ou jamais, décidera du genre qu'il souhaite habiter. Comme on choisit d'habiter une maison, une région ou un pays. le bébé s'appelle Noun, un prénom universel, ni masculin, ni féminin. William ne supporte pas, c'est trop difficile, il claque la porte du domicile.
   
   Petit à petit, Maria va évoluer. Les petites filles ont droit aux petites voitures et aux pistolets et les garçons aux poupées et aux dinettes. Maria a la sensation d'avancer. Mais Maria a changé la couche du bébé, elle a trahi, elle est démasquée, c'est fini, tout se referme, on lui tourne le dos, dorénavant, elle ne fera plus qu'apercevoir les enfants au loin dans le square.
   
   Un sujet difficile à aborder, l'histoire de parents militants qui ne veulent pas cantonner leur enfant à n'être que celui ou celle que leur sexe leur impose depuis la nuit des temps, et une grand-mère désemparée, qui essaye de comprendre, mais qui n'a que ses bras à offrir que son cœur à donner, elle rêve de s'envoler avec ses petits-enfants.
   
    Une écriture poétique qui nous éblouit dès les premières pages. Un récit tout en finesse et en émotions porté par un personnage attachant qui ne peut que nous émouvoir.

critique par Y. Montmartin




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