Lecture / Ecriture
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La Vie comme une fête : entretiens de Marcel Jouhandeau

Marcel Jouhandeau
  La jeunesse de Théophile
  Les Pincengrain
  Chaminadour
  La Vie comme une fête : entretiens

Marcel Jouhandeau est un écrivain français né en 1888 et mort en 1979.

La Vie comme une fête : entretiens - Marcel Jouhandeau

La fabrique de Chaminadour
Note :

   A la pluie de louanges qui a accompagné le récent décès de Jean-Jacques Pauvert, on n'ajoutera pas nos remerciements pour la précision éditoriale de ce recueil d'entretiens par lui publié. Jouhandeau s'y dit âgé de 90 ans - il est né en 1888 - ce qui est peut-être une anticipation de sa part, ou alors les entretiens ont été réalisés après leur publication ce qui interloque quelque peu. Réalisés par qui ? "Ont collaboré à ces entretiens, à des titres divers : Régine Deforges, Jean Falgor, Chantal Noetzel, Béatrice Shalit". Que signifient ces "titres divers", nul ne le sait. De même, on aurait aimé connaître les conditions de réalisation de cette discussion, qui apparaît continue alors qu'il s'agit sans doute d'éléments recueillis à divers moments puis raboutés. Ce ne sont là que broutilles de pinailleur, l'essentiel étant bien entendu dans les propos tenus par l'auteur. Lequel, nonagénaire ou en voie de l'être, se révèle d'une clarté d'esprit et d'une fraîcheur remarquables. La liberté de ses propos est même surprenante. Il discourt sans fard et sans pudeur sur son homosexualité, sur sa vie conjugale mouvementée, se montre toutefois plus discret et plus rapide quand il s'agit d'évoquer ses articles antisémites et son voyage à Weimar en 1941. Le plus intéressant concerne son œuvre autour de Chaminadour, alias la ville de Guéret dont il a mis en scène les habitants sous une forme qui lui vaudra une détestation durable de la part de certains d'entre eux. Voici comment il explique la construction de ses personnages : "Je prenais mes modèles dans mon entourage et j'en faisais des personnages à ma guise, jamais je n'ai su d'ailleurs si on m'en voulait davantage pour ce qui ressemblait à la personne ou pour ce qui lui était étranger. Presque partout j'introduisais quelque chose d'étranger pour justement masquer l'authenticité et c'était là l'occasion d'un double reproche qu'on me faisait pour une double faute que j'avais commise."
    De Jouhandeau, je me rappelle avoir lu, près de Guéret bien sûr, La Jeunesse de Théophile et Les Pincengrain. Aujourd'hui, je lirais volontiers Le Journal du coiffeur.

critique par P.Didion




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