Lecture / Ecriture
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L'appel de Cthulhu de Howard Phillips Lovecraft

Howard Phillips Lovecraft
  Epouvante et Surnaturel dans la Littérature fantastique
  Le monstre sur le seuil
  Celui qui chuchotait dans les ténèbres
  La peur qui rôde et autres nouvelles
  Les Montagnes hallucinées
  Le témoignage de Randolf Carter
  Par-delà le mur du sommeil et autres nouvelles
  L'appel de Cthulhu
  Le temple
  L'Affaire Charles Dexter Ward
  La Cité sans nom
  La couleur tombée du ciel

Howard Phillips Lovecraft est un écrivain américain d'horreur, de science-fiction et de fantastique, né en 1890 et décédé en 1937.

L'appel de Cthulhu - Howard Phillips Lovecraft

Gare aux Grands Anciens
Note :

   Pour ne rien vous cacher, je suis totalement néophyte en Lovecraft que j'avais vaguement testé dans mon adolescence mais auquel je n'avais pas vraiment accroché. Le hasard, en me mettant ce petit livre entre les mains, m'a donc donné l'occasion de retourner voir si mon goût avait changé.
   
   L'Appel de Cthulhu est le récit qui a fondé ce qu'on a appelé "Le Mythe de Cthulu", c'est à dire une série de récits mettant en scène la divinité monstrueuse appelée Cthulu et ses adeptes. Ces récits ont été écrits par Lovecraft, bientôt rejoint par d'autres auteurs, qui ont même continué après sa mort. C'est quand même le signe que cette fiction était très porteuse et inspirante, tant pour les lecteurs, toujours prêts à dévorer de nouvelles histoires, que pour les auteurs, inspirés par cette univers et désireux de se l'approprier et d'y participer. Et ça, c'est toujours un signe indéniable, et c'est toujours intéressant. Si bien que l'adolescente pas très séduite par la fiction présentée a laissé la place à une lectrice bien mûre, nettement plus intéressée par le phénomène créatif et le mythe engendré.
   
   Pour les encore plus néophytes que moi (qui le suis d'ailleurs bien moins maintenant), situons l'action. Le narrateur a hérité d'un vieil oncle, professeur renommé, mort dans la rue à 92 ans, de tout un tas de documents rangés dans des malles. Parmi celles-ci, l'une, cadenassée, contient une étrange statue d'une laideur repoussante, et même génératrice de malaise, et les notes de l'étude approfondie entreprise par l'oncle à son sujet.
   
   La curiosité et l’intérêt du professeur avaient été éveillés par le récit d'un jeune artiste de sa connaissance qui lui avait montré un bas relief qu'il avait créé sous l'influence des rêves récurrents qu'il faisait. Ce bas relief montrait une scène de danses sauvages autour d'une idole monstrueuse et parfaitement inconnue aussi bien de l'oncle que de toutes les autres sommités qu'il consulta à ce sujet. L'artiste sculpteur, pendant toute une période, fut la proie de ces cauchemars qu'il raconta au professeur qui nota tout scrupuleusement.
   
   Je ne vais pas en dire davantage sur le déroulement de l'histoire, car je ne voudrais pas enlever tout le sel de votre prochaine découverte. Toujours est-il que cette novella mettait en place le monde des "Grands Anciens" venus sur terre bien avant l'homme et qui s'y trouveraient encore... bien que confinés dans des mondes enfouis et inaccessibles, car leur présence sur ce monde n'était viable pour eux que dans une certaine configuration de planètes, actuellement absente, mais qui surviendra à nouveau un jour. Seul un tremblement de terre a accidentellement permis d'entre apercevoir leur monstruosité tant mentale que physique et parmi les quelques humains à les avoir aperçus, plusieurs sont morts d'épouvante tandis que les autres décédaient pour des raisons plus matérielles, la seule activité de cette engeance étant l'appétit de massacre.
   
   Quelques humains, parmi les plus arriérés, tentant de se concilier leurs bonnes grâces, se sont érigés en secte depuis les temps les plus reculés et tentent de leur rendre un culte, forcément assassin, vu les goûts de la divinité. Cthulu (s-tu-lu ou k-tu-lu ou k-tou-lou, allez savoir?) est leur dieu. Il aurait une tête qui ne serait qu'un bouquet de tentacules... Lovecraft lui-même en avait fait un dessin, que l'on peut voir sur Wikipedia (je dis "voir" et non pas "admirer" car, hormis la laideur intrinsèque du monstre, l’œuvre n'est pas bien belle non plus et ne fera pas date dans les annales de l'Art) . Il nous parait d'ailleurs bien anodin aujourd'hui, ce Cthulu, à nous à qui les effets spéciaux sidérants ont fait voir tant de monstruosités impressionnantes, mais à l'époque... Nous sommes au début du 20ème siècle et Cthulu fait peur. Il fascine et épouvante, il dépasse en atrocité ce que l'on peut exprimer et le champ lexical propre à l'évoquer multiplie les "odieux, abominable, monstrueux, indicible, innommable, abomination" etc. tentant d'exprimer une absence de limite dans l'horreur.
   
   Tout Lovecraft était là: les Grands Anciens tapis dans les entrailles de notre monde depuis des millions d'années et "rêvant"... ne rêvant que de notre massacre sanglant et du jour où ils pourront enfin le réaliser... Pour Lovecraft, la nature n'était pas un vert paradis mais la cachette de monstruosités infernales.
   
   Comme je vous le disais, d'autres récits ont été écrits, reprenant le thème des Grands Anciens. Je vais quand même aller y jeter un œil parce que je suis curieuse et qu'on ne peut pas dénier à l'auteur, malgré l'obsolescence de ses ressorts horrifiques face à tout le gore qui nous a submergés depuis, on ne peut pas lui dénier disais-je, un art du récit qui tient le lecteur -même actuel- en haleine et, pour peu qu'on veuille bien se prêter au jeu, cela peut nous faire vibrer un peu. Pour ne reprendre que ceux écrits par Lovecraft lui-même, nous avons principalement avant L'Appel de Cthulhu" (1926) : Dagon (1919)
   et après
   L'Abomination de Dunwich (1928) ;
   Les Montagnes hallucinées (1931) ;
   La Maison de la sorcière (1933) ;
   Dans l'abîme du temps (1936) ;
   Le Cauchemar d'Innsmouth (1936).
   

   Tout Lovecraft, maintenant libre de droits, peut se trouver en ebooks gratuits sur internet.
   
   Michel Houellebecq dit dans sa biographie " Howard Phillips Lovecraft constitue un exemple pour tous ceux qui souhaitent apprendre à rater leur vie, et éventuellement à réussir leur œuvre."
   Joli.

critique par Sibylline




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