Lecture / Ecriture
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Les primates de Park Avenue de Wednesday Martin

Wednesday Martin
  Les primates de Park Avenue

Les primates de Park Avenue - Wednesday Martin

Etude du riche en son milieu
Note :

    Originaire du Midwest, Wednesday Martin poursuit ses études à New York et s'intéresse particulièrement à l'anthropologie. A la trentaine bien entamée, elle épouse un autochtone, résidant avec leur jeune fils dans une maison au sud de Manhattan. Enceinte d'un deuxième fils, elle se lance à la recherche de l'appartement idéal qu'elle veut absolument situé dans l'Upper East Side de Manhattan, en gros à l'ouest de Central Park, qui semble être le top du top pour y élever ses enfants. De l'autre côté, l'Upper West Side, sans être la zone, est moins coté.
   
    Une 'note de synthèse' résume cela ainsi :
    "A l'origine, j'étais un nouvel élément tout juste transféré dans ce groupe spécifique de primates d'ordre supérieur : une fois arrivée à maturité sexuelle, j'avais quitté un groupe assez éloigné de celui-ci sur les plans géographique et culturel, pour m'établir au sud de l'île, adoptant les pratiques et les attitudes en vigueur dans ce nouvel habitat, avant de migrer vers la partie la plus septentrionale de l'île, une véritable niche de surabondance, en quête d'opportunités pour ma progéniture et moi."
   

    Braves gens, on est là dans le territoire des extrêmement riches. L'auteur et son mari, financièrement assez à l'aise pour s'offrir un appartement proche de Central Park, ne sont pas du tout les plus riches là-bas, et c'est un vrai parcours du combattant pour trouver un appartement dans ses moyens (même grands, les moyens), inscrire son fils à l'école maternelle, puis cesser d'être snobée par les autres mères d'élèves. Elle s'en tire grâce aux réseaux et à une discussion avec un 'mâle alpha'.
   
    Avec Wednesday, nous découvrons ce monde là, à mille lieues sans doute du nôtre (si c'est le vôtre, désolée). Dès le matin il faut absolument être parfaitement coiffée, maquillée et habillée (et pas chez Tati), demeurer mince (au-dessus du 34, t'es morte), faire face au stress et à la compétition. Tout cela pour donner le meilleur à ses enfants, ce qui est l'aspiration de toutes les mères du monde, non?
   
    On pourrait se sentir à mille lieues de ces problèmes d'ultra riches (la recherche d'un Birkin m'a quand même fait ouvrir de grands yeux, j'ai cherché sur wikipedia pour voir une photo, bon, oui, c'est un sac pratique et solide, mais what else?) (phase d'indigénisation pour l'auteur) (et elle a dû le mettre au rancart, pour raisons de santé) (je suis preneuse, tiens) mais vers la fin j'ai été touchée à cœur par un épisode tragique de la vie de l'auteur, découvrant à ce moment la solidarité et l'amitié de bien de ces mères paraissant frivoles et hostiles.
   
    Je ressors donc enthousiaste de la lecture de ce récit qui, cerise sur le gâteau, est présenté sous les auspices de l'anthropologie (et de l'humour), dans un savoureux décalage, en particulier dans les 'notes de synthèse'.

critique par Keisha




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