Lecture / Ecriture
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La distance de fuite de Catherine Safonoff

Catherine Safonoff
  La distance de fuite

La distance de fuite - Catherine Safonoff

Proche
Note :

   "Présomption stupide, qui vient du fait que tout ce que j'écris depuis le début, que la critique a classé comme autobiographique, est avant tout une longue lettre au lecteur."
   

   Ça arrive rarement, mais ça arrive: vous ouvrez un livre et, d'emblée, dès les premières lignes, vous avez l'impression que ce livre vous parle directement, que l'autrice s'adresse à vous en particulier.
   Les préoccupations de Catherine Safonoff sont en effet aussi les miennes: le rapport à l'autre, la distance de fuite qu'il faut savoir respecter, la fin de la vie, l'usage de la langue...
   Dans ce roman, j'ai découvert une femme qui, bien qu'âgée, sillonne son territoire à vélo, affronte un géant surgi de la nuit avec des mots qu'elle lui retourne, même si chez elle, bien à l'abri la peur la saisit rétrospectivement. Elle anime un atelier d'écriture en prison et découvre que le rapport au langage des détenues est totalement différent du sien, revient sur l'histoire d'amour essentielle de sa vie, va chez son psychanalyste, reçoit bien malgré elle son ex-mari, se bat avec son ordinateur, tente d'assumer ses contradictions...
   Le style est alerte et la fin, un peu abrupte, arrive bien trop vite. j'aurais bien prolongé la découverte de cette écrivaine suisse.
   
   L'auteur en a dit :
   "L'expression la distance de fuite vient de l'étude des animaux. Distance ici désigne l'espace protecteur que veille à garder autour de lui l'animal dont la seule défense est la vitesse de sa course.
   
   L'expression m'a frappée comme image poétique touchant également les rapports humains : eux aussi sont faits de distance relative, de recherche du meilleur lien possible, proche ou lointain.
   
   Ce livre ne fait pas tant l'éloge de la fuite que du refuge qui l'oriente: les cabanes de l'enfance, un jardin, le bord d'un lac, un regard ami, une chambre à soi, la lecture.
   
   Le titre n'est donc pas de mon invention. Il m'a paru traduire la double idée de fuite et de refuge. Si l'écriture a quelque chose d'un mouvement de fuite, en même temps elle cherche à rejoindre ce lieu d'intime hospitalité, un livre : écrite, la distance deviendra peut-être lien."

critique par Cathulu




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