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Bob Morane, profession aventurier de Rémy Gallart

Rémy Gallart
  Bob Morane, profession aventurier

Bob Morane, profession aventurier - Rémy Gallart, Francis Saint-Martin

Bob Morane, la Bible
Note :

   Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Bob Morane sans oser le demander !
   
   Des ouvrages sur le célèbre aventurier ont déjà été publiés il est vrai, dont ceux de Jacques Dieu. D’ailleurs, j’aurais pu mettre en accroche dans ce cas, la Bible de Bob Morane !
   Mais cet ouvrage, que je viens d’acquérir, me semble complet, ou presque. En effet édité en 2007, il ne recense ni l’ouvrage de Daniel Fano, Henri Vernes et Bob Morane, une double vie d’aventures, ni les Bob Morane qui ont été écrits depuis, souvent sous la plume de romanciers reconnus dans le domaine de la littérature d’évasion et qui se sont prêtés au jeu sous le regard bienveillant du maître, et donc adoubés. Par exemple Rémy Gallart, Brice Tarvel ou encore Christophe Corthouts, qui tous à des degrés divers possèdent une osmose avec l’auteur et sa créature jamais prise en défaut de vieillissement.
   
   Dans cet ouvrage, décliné en huit chapitres, précédés d’une introduction et suivis d’annexes, nous faisons la connaissance de Bob Morane à ses débuts puis sont répertoriés les personnages récurrents, les genres, les univers parallèles de Jean Ray et d’Henri Vernes, Ming le terrible, personnage quasi omniprésent dans la plupart des aventures fantastiques vécues par l’aventurier, les antécédents littéraires, Vernes et Cie, et enfin, la partie la plus conséquente, les résumés des deux-cent-sept romans et nouvelles qui constituent la saga de Bob Morane et de son indéfectible compagnon et ami Ecossais Bill Balantine.
   
   Souvent, la parole est donnée à Henri Vernes, qui précise certains points concernant des contestations émises par des journalistes et des critiques, et qui sont des reprises d’entretiens publiés dans des revues ou dans des sites d’amateurs éclairés, entretien parfois peu accessibles.
   Mais laissons la parole à Henri Vernes qui explique dans le chapitre consacré aux antécédents littéraires :
   "La part de moi-même est peut-être une part de goût. Il est évident que Bob Morane aime plus ou moins ce que j’aime. Il a peut-être une conscience proche de la mienne, mais je ne peux, dans un ouvrage destiné à la jeunesse, me lancer dans des considérations philosophiques, peut-être un peu révolutionnaires, un peu beaucoup d’ailleurs. C’est une chose que j’évite. J’évite aussi la religion, la politique. Pourtant elles m’intéressent, surtout la politique internationale dont il y a beaucoup de choses à dire, en mal d’ailleurs, mais je ne pense pas que cela intéresse le lecteur. Il est confronté à la politique, aux scandales, à toute minute de la journée, à la radio, à la télévision. J’écris une œuvre purement ludique, divertissante, et je ne vais pas plus loin. C’est destiné à faire rêver, à faire plaisir, à distraire, et pas plus."

   C’était la réponse à Yves Couprie qui dans une interview postée sur son site, demandait Quelle est la part de vous-même dans Bob Morane ?
   
   Depuis sa première aventure, La Vallée infernale, parue en 1953 dans le Marabout Junior N°16, Bob Morane aura fait rêver en effet des millions de lecteurs adolescents puis adultes.
   Et Henri Vernes reprenait le mythe de l’aventurier qui depuis le début du XXe siècle faisait les beaux jours, voire les belles nuits de notre enfance, palliant les manques francophones de Héros invincibles. Auparavant il y avait eu les petits fascicules traduits en France et édités par Eischler, notamment les aventures de Buffalo Bill, puis en romans celles de Biggles, l’aviateur qui fit ses premières armes dans le Royal Flying Corps en 1917, pour un livre signé Captain W.E. Johns et édité pour la première fois en 1932, et servira également dans la RAF durant la seconde guerre mondiale, pour des romans de guerre, d’espionnage et policiers surtout marqué par l’action et l’aventure.
   
   Quant au personnage de Monsieur Ming, il est naturellement à comparer au funeste et maléfique Fu-Manchu de Sax Rohmer. Mais Monsieur Ming, tout comme Miss Ylang-Ylang, et Tatiana Orloff, la nièce de Monsieur Ming, préfigurent peut-être une célèbre créature créée par André Caroff et qui vivra une douzaine d’aventures au Fleuve Noir dans la collection Angoisse, Madame Atomos. Une impression personnelle.
   
   Bien sûr, au cours des cinquante-quatre ans d’aventures de Bob Morane, depuis ses débuts jusqu’en 2007 date de parution de cet ouvrage, si le personnage n’a guère changé, ce sont les éléments et les genres qui vont évoluer. Du roman d’aventures et d’actions purs des débuts, bientôt le fantastique, la science-fiction, l’espionnage et le policier deviendront des supports indispensables au renouvellement des intrigues.
   
   La partie, la plus conséquente, des résumés des romans, permet au lecteur de se plonger ou replonger dans l’atmosphère des Bob Morane et de se remémorer des histoires qu’il a lues ou non. Tout le monde n’établit pas de fiches de lectures, et puis quand bien même, retrouver un ami (car Bob Morane au fil des lectures est devenu un ami) dans ses diverses péripéties est toujours un pur bonheur. Et incite à rechercher les romans qui manquent dans sa collection, afin de se replonger avec ce plaisir ineffable de lecteur impénitent, dans les souvenirs d’une enfance qu’on croyait disparue. Souvent on entend dire, ça ne nous rajeunit pas ! Au contraire cela nous rajeunit et cela fait du bien !
   
   Cet ouvrage se lit comme un roman ou au contraire se compulse au gré du lecteur. On peut passer un chapitre à un autre sans suivre forcément la chronologie. On peut piocher, revenir en arrière, s’intéresser plus à un chapitre qu’à un autre, sans que pour autant la lecture en soit perturbée.
   
   Et si je devais émettre un regret, c’est celui de ne pas avoir acquis ce livre lors de sa sortie et seulement maintenant, à l’occasion des cent ans d’Henri Vernes. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.
   
   Merci messieurs Gallart et Saint-Martin de nous avoir concocté un si bel ouvrage qui ne se démodera pas, dans lequel on pourra toujours piocher des informations, qui servira toujours de référence et de support pour de nouveaux lecteurs de Bob Morane, l’immortel aventurier.

critique par Oncle Paul




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