Lecture / Ecriture
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Celle qui a tous les dons de M.R. Carey

M.R. Carey
  Celle qui a tous les dons

Celle qui a tous les dons - M.R. Carey

Pas d’avenir radieux
Note :

   Comme le signale la quatrième de couverture – "la rencontre entre les univers de Kazuo Ishiguro et The Walking Dead" - je n’ai pu m’empêcher de penser au Kazuo Ishiguro de "Auprès de moi toujours" ou "Quand nous étions orphelins". Avec une tendance plus marquée à l’anticipation pure, une anticipation tendance "post-apocalyptique", moins subtile que les finesses "Ishiguriennes".
   Ca attaque tout de suite dans le vif du sujet avec Melanie, dont on apprend qu’elle est une enfant de dix ans, qu’elle se trouve dans une espèce de cellule, dans un Centre d’éducation, de soins, de surveillance... on ne sait pas trop :
   "D’ici là, elle a cette cellule, le long couloir, la salle de classe et celle des douches.
   La cellule est petite, carrée. Il y a un lit, une chaise, une table, des images accrochées aux murs peints en gris : une grande photo de la jungle amazonienne et puis une, plus petite, d’un chat buvant son lait à sa soucoupe. Des fois, Sergent et son équipe déplace les enfants. Certaines cellules montrent d’autres images."
   

   On le constate, l’heure n’est pas aux longues phrases avec des subordonnées en rafale. M. R. Carey écrit simple, c’est son propos qui doit emporter l’adhésion, pas forcément un style flamboyant.
   Et de fait le propos est fort. Fort pessimiste aussi ! A l’instar de tous les romans post – apocalyptiques, bien entendu. C’est la loi du genre.
   
   Au fil des pages – et il y en a tout de même 442 – M. R. Carey nous distille les informations, les clés de compréhension. Nous sommes en Angleterre, dans un futur non précisé, dans un camp retranché à une soixante de kilomètres de Londres. Un camp retranché, en fait un Centre d’Etudes et d’Expérimentations sur de jeunes enfants. Il y a vingt ans a eu lieu "la Cassure". On comprend qu’il s’agit d’une infection qui a contaminé la majeure partie du genre humain sous forme d’un champignon qui prend le contrôle de l’homme et le pousse à aller contaminer le reste du genre humain et à manger, à nourrir le champignon, en mangeant tout ce qui bouge, hommes y compris.
   On le comprend très progressivement tout ceci et bien entendu ça ajoute à l’angoisse naturelle générée par ce genre de lecture. Il s’agit en fait d’une histoire de "zombies" plus sophistiquée.
   Plus sophistiquée parce que tout de même, il y a de vrais et – parfois - beaux personnages qui entourent Melanie. Telle Helen Justineau, un de ses professeurs, qui a conservé un sens de l’humanité. Mais il y a aussi Caroline Caldwell, la froide scientifique qui mène une lutte désespérée pour tenter de trouver une parade à ce désastre "champignonnier" et pour qui les enfants ne sont que cobayes éliminables à volonté, ou Sergent, le soldat responsable de la sécurité du Centre sans trop d’états d’âme.
   
   Et ces personnages vont devoir évacuer le Centre suite à l’attaque des "affams" (c’est ainsi que sont qualifiés les contaminés, qui ne pensent plus qu’à manger) et errer en direction de Londres, dans un monde dévasté et peuplé "d’affams" qui vous guettent à chaque coin de rue. Les relations entre les protagonistes décrits plus haut et Melanie, en cavale avec eux, va être le vrai sujet du roman. Certainement très réussi pour les amateurs du genre, honorable pour des amateurs simplement de... romans.

critique par Tistou




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