Lecture / Ecriture
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Brouillard sur Mannheim de Bernhard Schlink

Bernhard Schlink
  Le liseur
  La circoncision
  Le week-end
  Le retour
  Amours en fuite
  La Femme sur l’escalier
  Mensonges d’été
  Brouillard sur Mannheim
  Olga

Bernhard Schlink est un écrivain allemand né en 1944 à Bielefeld (Allemagne).

Brouillard sur Mannheim - Bernhard Schlink, Walter Popp

On se comprend mal, là
Note :

   Ce roman policier, écrit à quatre mains est le premier roman de Bernhard Schlink. J'ai voulu le lire parce qu'après l'engouement pour le Liseur, je m'étonnais qu'on n'en parle pas plus sur le net. Après l'avoir lu, je m'en étonne moins. Il y a un tas de raisons de ne pas en parler.
   
   D'abord, le rythme: Très lent, Le détective aime cuisiner, et nous détailler ses menus, ses amours dispersés, On n'est pas forcément intéressé par tout. Ca n'avance pas.
   
   Ensuite l'histoire : Nous sommes juste après guerre. Une grosse firme chimique fait appel à Selb, détective privé (le héros et narrateur) car son système informatique a été piraté d'une façon pour le moment assez anodine mais une fois hacké, tout devient à craindre... Selb a été choisi, c'est qu'il est l'ex-beau-frère et encore ami d'un des PDG.
   
   La firme s’avère tricher un peu avec la législation sur les produits toxiques (ben voyons) et nous avons au départ une belle pollution avec victimes et tout, mais dont on ne parlera bientôt plus (à ma surprise).
   
   Par ailleurs, le hacker identifié par Selb, se fait liquider... Dommage, c'était le seul personnage un peu sympathique.
   
   Notre détective mène par ailleurs pour une compagnie d'assurance, une enquête parallèle sur un danseur, qui m'a plongée dans une grande perplexité et qui ne grandit pas l'image que je me faisais de notre "héros" vraiment prêt à tout pour servir l'ordre. D'ailleurs, que vient-elle faire là-dedans ? Je dois avouer que je n'ai pas vraiment compris sa présence. A part peut-être pour rendre un peu plausible (mais pas vraiment quand même) un voyage aux USA...
   
   L’intérêt de cette histoire est qu'elle se passe en Allemagne, avec des Allemands, juste après la chute du nazisme. C'est une période délicate. Comme le dit Schlink, "Le fait que les années 1933 à 1945 restent dans l'oubli est le socle sur lequel repose (notre) Etat.") Il a bien fallu, pour que la machine se remette à tourner, maintenir en poste ceux qui savaient la faire marcher, et, moyennant quelques marques de contrition, ceux qui venaient de si bien servir le Führer, ont pu poursuivre leur carrière. C'est une situation complexe et intéressante, mais pas très explicitée ici. A part pour le personnage principal et avec vraiment la plus grande ambiguïté. On a crédité B. Sclink d'avoir "évité l'écueil de la banalisation des crimes de guerre nazis" dans Le Liseur. Je n'en dirais pas autant ici. Et je passe ainsi au troisième point faible :
   
   Le personnage principal : Ce n'est que page 150 (sur 356) que nous apprenons le passé de Selb. Je suppose que c'est pour nous laisser le temps de nous attacher à lui avant, mais franchement, moi, ça ne m'a pas suffi. Notre héros a, pendant toute la guerre été procureur. Il requerrait (et obtenait) la peine de mort pour des crimes comme de mal servir le nazisme ou les fameux crimes raciaux (relations sexuelles entre juif et non juif) et ce, sans état d'âme. Il n'en dit guère plus sur ses éventuels regrets actuels, sauf qu'il a refusé de reprendre son poste comme il aurait pu le faire "dégouté par l'attitude de mes collègues lorsqu'ils ont été réintégrés dans la magistrature et par la suite. L'absence de toute conscience de leur propre responsabilité."
   
   Et pourtant, ce qui va ici le rendre fou de rage, sera de découvrir qu'à cette époque il a été manipulé, et a envoyé un innocent à la mort.
   
   Donc, pour résumer, il a fait exécuter un type qui n'avait pas trahi le nazisme plutôt qu'un type qui l'aurait saboté. Et il ne peut pas accepter qu'on se soit ainsi joué de lui !! J'avoue que j'ai du mal à comprendre. Et c'est bien dommage parce que ce sera le nerf moteur de la conclusion et moi, là, j'aurais perdu mon Selb depuis longtemps. Je ne pense pas lire les autres.
   
   
   Série Selb :
   Brouillard sur Mannheim

   Un hiver à Mannheim
   La Fin de Selb

critique par Sibylline




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