Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

G comme: Vies volées – Buenos Aires, place de mai de Matz et Mayalen Goust

Matz et Mayalen Goust
  G comme: Vies volées – Buenos Aires, place de mai

G comme: Vies volées – Buenos Aires, place de mai - Matz et Mayalen Goust

Abuelas de la Plaza de Mayo
Note :

   J’ai connu l’histoire des Grands-mères de la place de mai dans Luz ou le temps sauvage d’Elsa Osorio (magnifique roman, soit dit en passant, que je conseille). Du coup, une BD qui traite du sujet, je ne pouvais pas résister. Et j’ai bien fait parce que j’ai été fort touchée par cette histoire et que j’ai apprécié le traitement du sujet. Et les illustrations. Bref, une réussite pour moi.
   
   C’est donc l’histoire de deux jeunes adultes, Mario et Santiago. lls vivent à Buenos Aires dans les années 90 et Mario est en plein questionnement sur ses origines. En effet, il ne ressemble pas à ses parents, il n’y a aucune photo de sa mère enceinte et ses questions restent sans réponse. Il décide donc de faire les démarches auprès des Grand-mères pour faire les tests d’ADN et à la clinique, Santiago, a un réel coup de foudre pour la jolie infirmière… et l’histoire va commencer à ce moment.
   
   Ces Grand-Mères, ce sont des femmes dont les enfants ont été assassinés pendant les années de dictature en Argentine (fin des années 70, début des années 80). Des milliers de personnes ont disparu. C’étaient pour la plupart des étudiants, des communistes, des idéalistes, ils avaient souvent moins de 30 ans et environ 500 enfants font partie de ces gens qui manquent à l’appel. Ils ont été donnés à des familles proches du régime, qui les élèveraient "bien". C’est horrible. Rien de moins. Dans cet album, nous verrons donc évoluer des jeunes qui recherchent leur identité mais également, en arrière-plan, deux Grands-mères.
   
   J’ai réellement apprécié la volonté de l’auteur de nous faire voir plusieurs parcours différents, plusieurs réactions différentes. On voit les choses venir, mais ce n’est pas l’intérêt de la BD et si on ne nous épargne pas grand chose, on ne tombe jamais dans le pathos. J’ai aimé le trait, aimé les sauts dans le temps, le choix des scènes. La BD nous expose ainsi les heures terrifiantes de l’Argentine contemporaine ainsi que le combat touchant et humaniste des fameuses Abuelas de la Plaza de Mayo. Ça parle d’origines, de recherche du passé et de redéfinition de soi et de sa famille. Et ça m’a plu.

critique par Karine




* * *