Lecture / Ecriture
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Il n'y a pas d'internet au paradis de Gaelle Pingault

Gaelle Pingault
  Il n'y a pas d'internet au paradis

Il n'y a pas d'internet au paradis - Gaelle Pingault

Titre regrettable
Note :

   Comment parler d’un premier roman que vous avez tellement aimé ? Comment transmettre ce bonheur de lecture porté au bord du cœur ? Les mots sont si futiles, dérisoires pour transmettre l’émotion.
   
   Le thème en est tragique et pourtant Gaelle Pingault nous pousse dans le dos et nous chuchote avance, avance, tu peux atteindre non pas le bonheur mais ramasser ces petits éclats qui font partie de la vie.
   
   Prendre de la distance face à cette société qui broie, aveuglée et démesurée. Alex a essayé mais la ligne d’arrivée lui a semblé si lointaine qu’il a préféré s’immoler par le feu, laissant la silhouette d’Aliénor s’éloigner de son regard.
   
   Ils avaient tant de projets : aller voir l’expo Monet, acheter cette ferme dans l’Eure, peut -être un enfant. Mais l’entreprise avec un grand E est impitoyable. Vos rêves, elle s’en fout. Votre humanité, elle s’en contrefout. Vous êtes un simple pion que l’on fait disparaitre dans le pli d’une manche. Peu importent vos états d’âme, vous êtes le serviteur de leur désir d’argent.
   
   Suicide ! Derrière leur bureau, les chefs bourreaux s’en contrefichent.
   
   Aliénor n’a pas désiré que cette Entreprise soit présente à l’enterrement d’Alex. Alors elle reçoit une lettre avec tous ces mots qui suintent l’hypocrisie. Eux coupables : jamais !!!! Un pion qui s’est désolidarisé, tant mieux.
   
   Alex était informaticien. Aliénor travaille dans sa boite d’architectes. Une couple heureux.
   
   Comment continuer à vivre sans l’autre ? Comment ? Comment ?
   
   Aliénor a décidé qu’elle y arriverait. Une sacrée bonne femme. S’isoler des autres ce serait l’idéal. S’enfermer dans sa douleur et en vouloir quand même à Alex qui n’a pas eu le courage de lui parler ou elle, si elle l’avait écouté. Peu importe, il a fait son choix. Aliénor doit s’en sortir. Un petit pas, puis un autre pour atteindre la résilience.
   
   A travers Alex et Aliénor, Gaelle Pingault décortique cette société devenue égocentrique à l’extrême, cette course de l’humanité vers sa perte qu’elle tente de freiner mais les freins sont déjà si usés… et entre chaque page, il y a cet petit éclat caché dans les mots qui vous emporte.
   
   "Je l’ai peut-être dit : un jour je ferai la liste de tout ce que dois à la beauté de l’art. De toutes les fois où elle m’a sauvée du désespoir. Il se pourrait que la liste soit longue."

critique par Winnie




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