Lecture / Ecriture
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Ados: Mosquitoland de David Arnold

David Arnold
  Ados: Mosquitoland

Ados: Mosquitoland - David Arnold

Grands ados ou jeunes adultes
Note :

   Dans les remerciements finaux de l’auteur, figurent ceux adressés à sa famille ; une famille suffisamment aimante pour avoir fait de lui un être humain sécurisé, armé pour pouvoir se plonger et décrire une cellule dysfonctionnelle.
   
   Il emprunte la forme du « road-book" afin de nous narrer l’histoire de Mim, Mary Iris Malone. Cela commence par une implosion, une goutte d’eau qui fait déborder le vase : celui d’une jeune fille de 16 ans que son père craint de voir devenir folle et qui vient de se remarier. Ils ont déménagé loin de la mère de Mim soignée pour sa santé fragile.
   
   Mim prépare quelques affaires dans son sac à dos, « emprunte" de l’argent et prend l’autocar pour rejoindre sa mère. 1524 km. De mauvaises rencontres en belles rencontres, la colère et la révolte de Mim s’avèrent salvatrices, allégée du poids des angoisses paternelles. Au bout de la route pointe l’espoir de guérison ?
   
   Le vocabulaire est foisonnant, âpre parfois cru. Le récit alterne entre action au présent, les embûches du voyage et un journal intime adressé à un être que l’on ne cerne pas bien et qui prendra toute son importance en révélation finale. Des scènes du passé surgissent, témoins du mal-être de Mim et du bonheur perdu avec sa mère. Mais il ne nous aide pas à saisir l’ensemble de la situation qui s’avère compliquée.
   
   L’auteur, après nous avoir plongé dans l’œil du cyclone, nous fera prendre de la hauteur et nous livrera les clés de ce labyrinthe familial.
   
   Des passages sombres alternent avec d’autres magnifiques. Les mauvaises rencontres s’avèrent dangereuses et les belles rencontres nous bouleversent par leur intensité ; plusieurs formes d’amours en surgissent. Des liens réparateurs se tissent.
   
   Avec beaucoup de justesse et d’acuité, l’auteur nous décrit la haine que l’on ressent pour une belle-mère, voleuse de maman, d’un père rendu rigide par l’angoisse. Il nous démontre que les symptômes d’une folie ne sont pas la folie. Et que l’on peut se créer un foyer avec d’autres membres que ceux de sa famille. Il démontre, une fois de plus dans un roman, combien les secrets de famille sont mortifères. Il rend vibrant l’importance du regard que l’on porte sur les jeunes gens en devenir et combien ils ont besoin qu’on les rassure tout en les laissant être ce qu’ils sont.
   
   Lorsque le puzzle est reconstitué, le lecteur reprend sa respiration. Ce fut un voyage mouvementé mais il valait la peine d’être vécu.

critique par Nathalire




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