Lecture / Ecriture
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Ici, les femmes ne rêvent pas de Rana Ahmad

Rana Ahmad
  Ici, les femmes ne rêvent pas

Ici, les femmes ne rêvent pas - Rana Ahmad

Récit d'une évasion
Note :

   Mon côté psychorigide est mis à rude épreuve, car où caser ce livre? Récit, oui, là n'est pas le problème, mais de quel pays? En effet Rana Ahmad est née et a vécu jusqu'à ses trente ans en Arabie Saoudite, mis à part des vacances annuelles en Syrie, pays de ses familles paternelle et maternelle, et quelques mois d'un mariage raté. En 2015 elle réussit à s'évader - quel mot convient mieux?- d'Arabie Saoudite et atteindre l'Allemagne via la Turquie, suivant là le parcours de bien des migrants. Actuellement elle fignole sa maîtrise de la langue allemande et se prépare à des études de physique à l'université.
   
    Cet apparent happy end ne doit pas cacher la réalité : elle a dû couper les ponts avec sa famille, sa mère l'a reniée, elle craint que son frère ne la retrouve; seul son père lui a gardé le même amour et la même compréhension.
   
    Avant de pouvoir enfin sentir le vent librement dans ses cheveux, quelles années étouffantes sous les différents voiles (noirs) à porter. Chacun a sûrement une idée de la condition féminine à Riyad, mais là on a un témoignage de l'intérieur. Rana par ailleurs est devenue athée, ce qui est inacceptable dans son pays. Les hommes sont tout puissants, les frères chéris de leurs parents, les filles passent d'une autorité paternelle à celle d'un mari. Frères et maris peuvent vous battre, pères et beau-père (etc.) se comporter de façon déplacée (jusqu'au viol) même sur des fillettes. Rana cite aussi le cas de certaines amies.
   
   Un témoignage vraiment intéressant, à découvrir.
   
   
   Présentation de l'éditeur :
   "Rana, dix ans, fonce sur son vélo flambant neuf. Heureuse, insouciante, choyée par son père, un vent de liberté lui caresse le visage. Quinze jours plus tard, c’est terminé. Son vélo est donné à l’un de ses oncles. Encore quelques mois et elle devra, pour être une bonne musulmane aimée d’Allah, porter l’abaya noire sur son corps, le niqab sur son visage et le tarha sur sa tête et ses épaules. Ensuite, ses parents lui trouveront un mari et elle sera condamnée à ne plus rien faire que la cuisine, le ménage et ses cinq prières par jour. C’est la loi. Il ne reste à Rana que ses yeux pour pleurer et contempler son monde : L’Arabie saoudite des années 2000. Mais sur ce monde, elle porte un regard impitoyable. La frustration sexuelle fabrique des obsédés et des hypocrites. L’obsession et l’hypocrisie transforment les hommes en ennemis de leurs propres sœurs, filles ou épouses. Les agressions et les violences quotidiennes donnent aux femmes l’envie de fuir. Très peu réalisent ce rêve fou. Rana sera l’une d’elles. Elle n’a jamais oublié le vent de liberté de ses dix ans, elle est prête à tout pour le retrouver et en jouir, et, cette fois, en adulte.. "

critique par Keisha




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