Lecture / Ecriture
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Un homme de tempérament de David Lodge

David Lodge
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  Un homme de tempérament

David Lodge est un écrivain britannique né en 1935.

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Un homme de tempérament - David Lodge

Sacré H.G. !
Note :

   J'aime beaucoup H.G. Wells, l'homme, et l’œuvre. Les deux sont pleins de qualités et pleins de défauts, mais je passe sur les seconds eu égard aux premières. J'ai lu les deux biographies de lui qu'ont publiées Joseph Altairac et Laura El Makki, sans parler de la très honnête Tentative d'autobiographie, il me restait celle-ci. Elle est passée en dernier car c'est un gros bouquin, plus de 700 pages, mais qui se lisent comme un roman pour la plus grande part. David Lodge a pris le parti de placer le focus sur la vie sexuelle de Wells, estimant sans doute que c'était également ce que ce dernier faisait, et il a peut-être raison. Mais au bout de 700 pages d'histoires détaillées qui sont quand même un peu toujours les mêmes (comme quoi il semble bien qu'on ait des schémas), on se lasse un peu. J'ai préféré la première partie, où les choses se mettent en place, où l'on découvre. Les autres biographes, sans nier totalement l'aspect sexuellement très actif de sa personnalité, ont plutôt parlé de son œuvre, limitant les renseignements sur sa vie amoureuse aux conséquences que celle-ci pouvait avoir eues sur sa vie sociale, ou sa carrière (et il y en eut!). Les romans où il vantait les mérites de l'amour libre, ont fait scandale.
   
   Wells était pour l'amour libre, ce qui en cette fin de 19ème, début du 20ème, choquait encore beaucoup. C'était une époque hypocrite où presque tout était toléré du moment que c'était caché et H.G ne voyait pas pourquoi il faudrait qu'il dissimule. Il avait clairement annoncé ses idées et intentions, chacun n'avait qu'à se le tenir pour dit. D'autant qu'il avait semble-t-il la manie d'initier les jeunes filles de ses amis (bientôt ex-amis) et connaissances. Lui, ce qui le choquait, c'était la dissimulation des bourgeois en vue dont il n'hésitait pas trop à dévoiler les coucheries cachées. Il lui est arrivé accidentellement de faire quelques enfants et il a toujours veillé à leur entretien, bien que le rôle de père ne soit pas celui qui l'inspirait le plus. Il était favorable à la liberté des femmes, même si on ne peut se cacher l'ambivalence de sa jalousie éventuelle. Ce n'était ni un coureur ni un don Juan. Il ne cherchait pas à accumuler les conquêtes et ne se donnait pas beaucoup de mal pour en faire, elles venaient à lui attirées par sa réputation. Il conservait souvent des années la même maitresse et n'était pas sans arrêt à la recherche de nouveauté et surtout, à chaque fois, il tombait amoureux. Par contre, il lui fallait des femmes intelligentes et libérées, et il lui en fallait constamment.
   
   Ses démarches politiques soutenues et infructueuses, sont aussi racontées. Mais là encore, ses idées étaient trop originales, sans parler de ses dérives finales vers le côté obscur, type : vous imaginez une société idéale parfaitement organisée et qui fonctionne le mieux du monde pour le plus grand bonheur de tous ses membres, mais l'éventail humain est large et le meilleur système est inapplicable à certains spécimens, que faire d'eux ? Bah, les tuer.
   Ben voyons... H.G. !!! Tu t'égares.
   
   Revenons à notre biographie. David Lodge a très bien travaillé. Il semble maitriser parfaitement une documentation détaillée et il sait nous faire vivre vraiment derrière le dos de Wells. C'est très bien fait, vivant, parfaitement écrit, et réaliste. Cependant, ne nous le cachons pas, c'est un peu longuet. A la Xème maîtresse, allez savoir pourquoi, on est moins captivé...
   
   Sacré H.G. ! En tout cas il avait des idées, beaucoup d'imagination, une énorme capacité de travail, une pensée originale et libre et le courage de la défendre. Tout cela n'est pas rien.

critique par Sibylline




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