Lecture / Ecriture
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Viande froide de Pierre Siniac

Pierre Siniac
  Ferdinaud Céline
  Luj Inferman' et la Cloducque
  Les 401 coups de luj inferman'
  Aime le maudit
  Les sauveurs suprêmes
  Viande froide
  Les âmes sensibles
  De l’horrifique chez les tarés

Pierre Siniac est né à Paris en 1928 . Il n'a pas fait de longues études mais a, au contraire, quitté l'école à 14 ans pour l'apprentissage qu'il quitte également pour parcourir la France en se louant dans les fermes pour gagner de quoi vivre.
Après la guerre, il rejoint les villes et multiplie les petits boulots et pourtant, depuis qu'il est enfant, il se sent l'âme d'un écrivain et, de plus en plus, il écrit.
Son premier roman "Illégitime défense", paraît en 1958. C'est un roman policier et ce seront tous des romans policiers. Ils seront nombreux.
Il reçut en 1981 le Grand Prix de Littérature Policière pour "Un assassin ça va ça vient".
Il est mort seul en 2002. Il n'avait pas fait fortune.

Viande froide - Pierre Siniac

Bonnes nouvelles
Note :

   Recueil de nouvelles de Pierre Siniac qui est un des auteurs de polars que j’aime beaucoup (certains l’auront peut-être déjà remarqué)
   
   Le sous titre de ce recueil de 7 nouvelles est «Nouvelles saignantes». On ne peut pas mieux dire. Le lecteur n’est ni trompé, ni pris par surprise. Au contraire, il est bel et bien enchanté.
   
   Ces sept nouvelles parlent toutes d’assassinats, mais pas forcément d’enquêtes. Nous n’avons pas de héros malin qui, à force de courage ou/et de petites cellules grises, fait rendre gorge à un sombre mystère ou met hors d’état de nuire un tueur jusqu’à présent introuvable. Je ne dis pas que je n’apprécie pas ces histoires «à découverte», mais ce n’est pas ce que nous avons ici. Les choses sont racontées d’un autre point de vue. Siniac nous narre à chaque fois une bien étrange histoire de crime… sans nous demander de chercher quoi que ce soit. Il nous raconte, c’est tout.
   
   Ce pourrait être d’un intérêt tout relatif et rapidement décroissant si l’auteur n’était pas Pierre Siniac qui toujours a allié une écriture aisée et efficace (la gouaille qui le caractérise et qui fait que j’aime tellement ce qu’il écrit ) à une extraordinaire originalité d’inspiration. Ses idées de crimes vont toujours hors des sentiers battus, vraiment. Il vous étonnera.
   
   Siniac n’a pas froid aux yeux, et, sous des dehors anodins, ignore superbement tabous et conventions. Ses bonshommes si proches du pékin ordinaire sont désarmants de naturel (ce qui peut se révéler embêtant quand ils sont dangereux). Si beaucoup de ses histoires se situent dans une sorte de confort poli de petite bourgeoisie, l’horreur ne le rebute pas non plus et il faut s’accrocher par exemple pour lire «Sniff-Sniff». Siniac ose tout. Osait du moins.
   
   Alors, que votre colt se mette à parler ou que vous soyez atteint d’assassinite , que vous soyez bon fils ou touriste en car, réparateur de téléphérique ou drogué… on parle de vous. Pour le plus grand plaisir du lecteur.
   
   Les éditeurs de Siniac sont quelque peu négligents, beaucoup de ses livres sont épuisés et non réédités (vous aurez de la chance si vous trouvez le mien, celui dont je vous montre ici la couverture), mais on les trouve encore dans les vide-greniers et chez les bouquinistes. C’est vrai qu’il y a eu du bon et du moins bon, mais quand même, ça vaut le coup de goûter car il y a dans le lot du vraiment excellent. Alors souvenez-vous, à chaque fois que vous voyez la signature «Pierre Siniac», vous pouvez prendre le risque minime d’acheter et même, je vous le conseille. Moi, c’est ce que je fais.
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critique par Sibylline




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Le look funèbre et Homicide by night
Note :

   Deux nouvelles sur ce roman-cassettes ; «Le look funèbre» et «Homicide by night». Elles sont tirées de ce recueil.
   
   Caractéristiques communes : déjantées ! N’ayant pas lu autre chose de Pierre Siniac, je ne puis que supposer que c’est son genre. Il le semble bien à lire des échos le concernant.
   
   Ces nouvelles sont bien écrites, mais ce qui frappe surtout, c’est l’originalité de l’histoire, la dinguerie des situations.
   
   Dans la première, «le look funèbre», une erreur de manipulation conduit par inadvertance un savant biochimiste que Tournesol ne renierait pas à découvrir le mélange qui rend immortel à la mort violente. Il s’en aperçoit en rentrant de nuit chez lui et se faisant larder de coups de couteaux par un tueur du genre de ceux qui tuent en série. Donc il découvre la chose et c’est la suite qui est délectable, même si la fin tombe plutôt abruptement, nous laissant interrogatifs.
   
   Dans la seconde, ma préférée, «Homicide by night», on s’aperçoit que ce qu’on croyait un simple coup de grisou d’un vieux qui n’en peut plus de sa mégère, et qui se débrouille pour la mettre entre les mains d’un tueur … en série, tiens, encore (?), est en fait davantage que cela mais là, je ne puis rien dire, ça casserait la découverte mais c’est magnifique. Plus glauque … tu meurs !
   
   Tordu le gars Siniac. Et en même temps il fait passer des idées, mine de rien.

critique par Tistou




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