Lecture / Ecriture
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Un appartement à Paris de Guillaume Musso

Guillaume Musso
  Et après ?
  Parce que je t’aime
  Seras-tu là ?
  Sauve-moi Musso
  L’instant présent
  La fille de Brooklyn
  Un appartement à Paris

Guillaume Musso est un auteur français, né en 1974.

Un appartement à Paris - Guillaume Musso

Le fantôme de l’artiste
Note :

   Je ne sais pas comment je m’y prends mais j’ai le chic pour être souvent en total décalage avec mes lectures.
   C’est par une journée magnifique que je vais me plonger les bourrasques neigeuses de Frison Roche, quand je suis à la montagne que je vais ouvrir le Vieil homme et la Mer ou Moby Dick, quand je suis à la plage que je…
   Non, je ne suis jamais au bord de la mer.
   
   Au cœur de l’hiver par moins quinze, je vais errer au cœur du Sahara ou dans les lumineuses iles grecques et, inversement, dans un mois d’Août à la limite de la canicule, je me plonge dans un roman de Noël.
   Parce que l’action de ce nouveau Musso est bien datée : Trois jours avant Noël et comme dans le roman homonyme de Mary Higgins Clark, il ne va pas nous laisser tranquille une seconde.
   Le point de départ est trompeur.
   
   Un auteur de pièces de théâtre, vaguement misanthrope et aigri, loue une maison située en plein Paris de carte postale.
   Une ex flic en post dépression loue le même appartement.
   Erreur informatique, méprise lors de la réservation? Peu importe. Le décor est planté. On s’attend donc à une fabuleuse histoire d’amour avec des H et A majuscules s’il vous plait. Puisque, visiblement, les deux protagonistes vont se détester d’emblée, il ne peut y avoir d’autre issue.
   Faux.
   
   Très vite un troisième personnage apparait. Le rôle principal en quelque sorte. Et qu’il soit mort un an plus tôt ne va rien changer à l’affaire. Un peintre. Un génie. Emporté au faîte de son art. L’ancien propriétaire de cet appartement à Paris qu'un ami galeriste a reçu en héritage et qu’il entend louer sans déplacer un seul meuble ni toucher à la déco de l’artiste disparu.
   Bien entendu, les deux protagonistes vont se passionner pour la peinture de ce fantôme qui hante encore les lieux. On pense donc à une exploration de la vie de cet artiste génial. La possible histoire d’amour (H et A ramenés à des caractères communs) tient toujours.
   Raté.
   
   Car le peintre avait un fils. Mort dans des circonstances plus ou moins troubles deux ans avant son père. Tout un passé va ressurgir face à ce couple improbable (à cet instant que l’on peut situer au milieu du bouquin, l’histoire d’amour commence sérieusement à capoter) qui va se transformer en un binôme enquêtant sur quelques zones d’ombre.
   
   Au passage, Musso s’amuse à faire réapparaitre des personnages croisés dans ses autres romans, comme cette Madeline ou bien n’allez pas chercher sur Amazon ou, mieux, chez votre libraire chéri le livre "la ville qui ne dort jamais" de Costello.
   Une fois encore, l’auteur aura le dernier mot dans un dénouement inédit. Entre temps, il aura été question de nos démons cachés qui, parfois, font surface.
   Un roman sur un peintre est forcément empreint de multitudes de références à la peinture. J’avoue être un peu imperméable à cet univers, mais peut-être ce roman va-t-il enfin m’ouvrir les yeux. Déjà, je ne regarde plus les tableaux de la même façon.
   
   Un régal, tout juste tempéré par une seconde partie (située à New York) où l’intrigue, si elle ne perd pas en suffocation, semble avancer par à-coups, cette détestable sensation que l’auteur en rajoute à chaque page, qu’il remplisse des feuillets commandés sans s’aider de coups du sort un peu trop facile pour faire avancer une enquête qui piétine.
   Et cette fameuse histoire d’amour, alors?
   Hé, je ne vais pas tout vous dire quand même!

critique par Walter Hartright




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