Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

L'arbre monde de Richard Powers

Richard Powers
  Le temps où nous chantions
  La chambre aux échos
  L'ombre en fuite
  Générosité
  Gains
  Le dilemme du prisonnier
  Orfeo
  L'arbre monde

"Richard Powers est un écrivain américain né le 18 juin 1957 à Evanston dans l'Illinois aux États-Unis.

Après quelques années d'études de physique, il commence des études de littérature à l'Université de l'Illinois où il obtient son Master of Art en 1979. Il devient un auteur reconnu et à succès aux États-Unis au début des années 1990, avec des romans explorant la relation entre sciences (physique, génétique), technologie, et art (musique). "La Chambre aux échos" reçoit en 2006 le National Book Award." (Wikipedia)



* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

L'arbre monde - Richard Powers

Les voix des arbres
Note :

   Rentrée littéraire 2018
   
   Titre original: The overstory
   
   Ce billet (écrit avant le festival America) risque de manquer (encore une fois diront certains) d'objectivité. En effet j'ai lu tous les romans de Richard Powers (sauf le premier, que je garde pour une période de disette), j'espère voir l'auteur en vrai au festival America 2018 (hiiiii) et last but not least, ça parle des arbres!!! Le thèmes à la mode, semble-t-il à voir les rayons en librairie, mais je ne vais pas m'en plaindre, les arbres le méritent.
   
   On devine donc vite ce qu'il y a de commun entre ces neuf personnes qui ne se croiseront pas avant un bout de temps, patience, c'est annoncé page 150 (sur 430) : Nick, un artiste issu d'une ferme de l'Iowa dont les aïeux prenaient le même châtaignier en photo durant des décennies (et Powers est génial, il évoque l'évolution de cette femme en une ou deux pages, là où Jane smiley en prenait 600, mais chacun son projet); Mimi, fille d'un chinois ayant fui la Chine communiste; Adam Appich, étudiant en psychologie puis professeur ; le couple Ray et Dorothy, qui se sont connus en jouant Macbeth (la forêt qui se déplace!); Douglas l'ancien combattant sauvé par un gigantesque banian ; Neela Mehta, le créateur de jeux vidéos ; Patricia Westerford, découvrant la première la communication entre les arbres; Olivia, morte une fois déjà et entendant les voix des arbres (?).
   
   Cinq d'entre eux se retrouveront 'sur le terrain' à tenter de sauver des arbres, dont un gigantesque sequoia (et franchement les moments où deux vivent à soixante mètres de hauteur au creux des branches sont fantastiques!).
   
   Pour ceux qui connaissent déjà Powers, ils ne s'étonneront pas de ce foisonnement de thèmes parfois, et du choc des mots qui sautent aux yeux au détour d'une phrase. Pour moi la cerise sur le gâteau, ce sont toutes les connaissances - nouvelles ou pas- sur les arbres. Mais chacun y trouvera matière à intérêt...
   
   "Les arbres s'abattent dans un fracas spectaculaire. Mais le semis est silencieux, la croissance invisible."
   
   "Les sorties d'autoroute ont des noms de personnages de romans, d'aristocrates sudistes maniérés et capricieux: Wilton Muscatine, Ladora Millersburg, Newton Monroe, Altuna Bondurant..."
   
   "Pour Ray, l'objectif est d'être prêt : un livre pour chaque besoin imprévisible. Dorothy, elle, s'efforce de maintenir à flot les librairies indépendantes du quartier et de sauver du bac à soldes des joyaux négligés. Ray se dit : Tu ne sais jamais quand tu finiras par lire ce volume acheté il y a cinq ans. Et Dorothy : Un jour, tu auras besoin de reprendre un volume corné pour retrouver ce passage en bas à droite, dix pages avant la fin, qui t'emplit d’une douleur si mauvaise et si douce."
   
   " Ça porte un nom. On appelle ça l'effet spectateur. Un jour, j'ai laissé mon prof mourir parce que personne d'autre dans l'amphi n'avait réagi. Plus le groupe est massif...
   - plus c'est dur que crier : Au feu?
   - Parce que si c'était un vrai problème, alors forcément quelqu'un...
   - plein de gens auraient déjà...
   - puisqu'il y a six milliards de ...
   - Six? Plutôt sept. Quinze, dans quelques années. Bientôt, on dévorera les deux tiers de la productivité nette de la planète. La demande en bois a triplé depuis notre naissance."

   ***
   Edit : Depuis l'écriture de ce billet j'ai rencontré Richard Powers au festival America (et hyperventilé façon midinette), il est terriblement gentil en face à face et je garde précieusement une carte dédicace. Ensuite j'ai assisté à plein de débats où il participait (groupie même pas honte) et c'est quelqu'un de grand, calme, passionnant, intelligent (parfois je regrettais de ne pouvoir réécouter, tellement l'idée méritait d'être reprise). Il a parlé de son livre bien sûr, sans divulgâcher, et j'étais à l'aise puisque je l'avais lu. Ses opinions sur la politique écologique actuelle de son président est claire (applaudissements dans le public), expliquant qu'il voulait que son livre sorte maintenant même s'il aurait voulu le fignoler plus, histoire qu'il fasse réfléchir? A un moment il a expliqué comment il a ramé un an et demi sur son roman, mélangeant ses personnages, jusqu'à ce qu'il ait l'idée de les présenter dans des sortes de 'nouvelles' avant de les lancer en chœur, et là -je confirme- c'est limpide à lire. Ensuite lui est venue l'idée des parties, Racines pour présenter les neuf, Tronc pour leurs rencontres éventuelles, Cime, et puis Graines pour les conséquences? Je crois qu'il a dit que sur ce coup il a été chanceux (lucky)(rires dans le public)

critique par Keisha




* * *