Lecture / Ecriture
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Le Diable au porc de Monique Zetlaoui

Monique Zetlaoui
  Le Diable au porc

Le Diable au porc - Monique Zetlaoui

Cochon qui s'en dédit !
Note :

   Tabous et interdits alimentaires d'un animal hors-norme
   
   Avec le graffiti "A bas les salafistes, vivent les salamistes !"... et puis avec l'avalanche des "#balance ton porc"... voici le grand retour du cochon dans notre actualité. Adulé par les uns, voué aux gémonies par les autres, le porc a tout une histoire, surtout alimentaire. Ce descendant du sanglier d'Astérix avait des cousins moyen-orientaux qui aiguisèrent les appétits dès le néolithique.
   
   Dans ce livre au titre en clin d'œil, Monique Zetlaoui recourt à la zoo-archéologie pour évaluer la consommation de porc de la Basse-Egypte à la Mésopotamie longtemps avant les mises en garde de la Bible et du Coran. Dans ce lointain passé il se trouva un moment où le cochon devint tabou : les prêtres de Haute Egypte et d'Assyrie ne le consommaient plus. Les Israélites cessèrent d'en manger avant la composition des textes bibliques le rejetant (Lévitique, Livre d'Isaïe). Grecs et Romains s'interrogèrent sur cet interdit. Les Gaulois étaient, eux, déjà spécialisés dans la charcuterie, cochonnailles et salaisons diverses exportées à Rome.
   
   L'islam sera plus catégorique. Dans le Coran, l'interdiction de la viande de porc apparaît dans la sourate II "La Vache" et plus nettement dans la sourate V. Le pécheur involontaire est néanmoins pardonné, sourate XVI.
   
   Le christianisme a eu une position différente. La Chrétienté médiévale a développé l'élevage porcin à grande échelle. Tandis que saint Antoine devenait le patron des charcutiers et des tripiers, des procès en bonne et due forme furent faits aux porcs coupables d'attaques contre des enfants, aux XIII-XV° siècles. Ainsi une truie est pendue en 1457 à Savigny-en-Bourgogne.
   
   Aujourd'hui le porc est presque devenu un symbole de la laïcité ! Il y a ceux qui en mangent et ceux qui s'en abstiennent pour raison religieuse — (sans compter végétariens et végans) et la bataille est allée jusqu'aux cantines scolaires.
   
   Il reste toutefois bien des mystères. L'aversion du porc chez les Ecossais est l'une des surprises de ce petit essai. Sur ce point comme sur les autres, l'auteure recense les explications de l'hostilité au cochon, mais en dernière analyse, selon elle, aucune explication scientifique vraiment indiscutable n'existe. À moins, que le cochon ne soit trop proche de l'homme !
   
   Sur ce, bon appétit, que votre conviction soit hallal, kasher, végane ou charcutière. Personnellement j'opte pour le saucisson… et je recommande ce livre instructif.

critique par Mapero




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