Lecture / Ecriture
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Le soleil des rebelles de Luca Di Fulvio

Luca Di Fulvio
  Le gang des rêves
  Le soleil des rebelles

Le soleil des rebelles - Luca Di Fulvio

Fin du Moyen Âge
Note :

   Nous sommes à Raühnvahl dans une petite vallée des Alpes orientales, à de la fin du Moyen Âge, Marcus II de Saxe prince héritier, âgé de neuf ans, assiste au massacre de son père, de sa mère et sa petite soeur par une troupe de bandits commandée par Agomar et commanditée par Ojsternig le seigneur de Dravocnik. Ojsternig a ordonné de ne laisser personne en vie, le destin a été cruel avec lui, il lui plait d'être cruel avec les autres. Les mines de Dravocnik s'épuisent, les mineurs parlent de Liberté, certains ont pris le maquis avec à leur tête Volod le noir. Ojsternig rêve d'être le nouveau seigneur de Raühnvahl.
   
   Sauvé par Eloisa une petite fille, Marcus II est recueilli par sa mère, Agnete, la sage-femme. Sa seule chance de survivre, c'est de ne plus être qui il est, plus jamais personne ne l'appellera prince. Il doit changer de nom et d' habits, il s'appelle désormais Mickaël.
   
   Luca di Fulvio entraîne le lecteur dans le Moyen Âge, où le système féodal a divisé la société en serfs et en maîtres. le contexte historique est décrit avec précision, il crée un personnage, antihéros qui, a tout perdu sa famille, le pouvoir et son identité, et qui par un parcours initiatique fait d'enseignements et de rencontres va affronter la vie avec courage, aidé par Raphaël le vieux sage et Emöke, la folle devenue la sainte.
   
   Si le talent narratif de Luca Di Fluvio reste entier avec un style grandiose et réaliste, un récit ponctué de scènes parfois sanglantes et crues, avec des personnages forts et toujours parsemé de nombreux rebondissements, ce livre est moins convaincant que les précédents, Les enfants de Venise et surtout le magnifique Gang des rêves parfois même il m'a paru un peu long, cette fois-ci la magie n'a pas opéré.
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critique par Y. Montmartin




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Pas à la hauteur de ses ambitions
Note :

   Je serai la voix discordante dans le concert d’éloges face à ce roman. En effet, si j’admets volontiers le talent de conteur de l’auteur et sa capacité de créer des personnages vivants, l’écriture, elle… ouf! Il y avait longtemps que je n’avais pas autant sacré en lisant un roman. Et comme j’en écoutais des parties en audio, je ne pouvais même pas passer certains passages vite… bref, ce livre et moi, on a une histoire compliquée.
   
   L’histoire commence alors que le prince Marcus II de Saxe, encore enfant, voit toute sa famille sauvagement assassinée par Agomar sous les ordre du prince d’Ojsternig, qui veut le pouvoir à tout prix. Il sera recueilli par Agnete, la sage femme, ainsi que sa fille Eloisa, qui vont le sauver et le faire passer de l’autre côté, celui des serfs. Nous sommes donc au Moyen-Âge (au début du 15e siècle), les paysans appartenaient corps et âme au seigneur, comme des animaux et la violence et la famine sont omniprésentes.
   
   Il y a certes des points positifs à ce gros roman de plus de 600 pages. Je ne suis pas maso, quand même. C’est très romanesque, on suit les personnages pendant une décennie, on les voit grandir et du coup, on s’attache. Les péripéties s’enchaînent, ça parle de dignité, de courage, de résistance et de passage à l’âge adulte. De plus, les paysages semblent grandioses et j’ai bien aimé me retrouver dans ce Moyen-Âge. Ça faisait longtemps. Toutefois, je doute qu’à cette époque, on parlait déjà de "centre de gravité"… mais ça, c’est moi qui chipote hein!
   
   Là où je vais bougonner, c’est au sujet des personnages qui manquent, selon moi, totalement de nuances. Les bons sont bons et les méchants sont vraiment, VRAIMENT méchants. Et comme si le fait de tuer pour le fun, de violer les femmes, de trahir à tous vents et à faire souffrir par pur plaisir n’était pas suffisant, l’auteur ressent le besoin de nous inonder d’adverbes et d’adjectifs pour que nous ne croyions surtout pas qu’il a une once de bonté en lui. Cruel, cruellement, méchant, méchamment, les rires sont cruels, les regards sont cruels… Pour trois personnages, ça devient redondant et terriblement agaçant. Ajoutons à ça le personnage qui appelle Marcus-devenu-Mikael "Crottin sec" à CHAQUE FOIS qu’il lui adresse la parole et l’autre qui le nomme quant à lui, tout aussi souvent "Ramasse-merde" (on sent le champ sémantique), j’ai passé vite la plupart des passages qui les concernaient. Pour moi, c’était de la surenchère. Dans l’écriture, la violence, les malheurs… dans tout. Et en plus, la finale m’a déçue, trop convenue et trop Hollywoodienne. On aurait pu la prévoir page 2.
   
   Un roman au sujet duquel je n’ai vu QUE des avis dithyrambiques. Je me sens donc pas mal seule de ma gang et il m’a fait penser aux Piliers de la terre de Follett, que j’avais par ailleurs bien aimé. C’est juste que cette fois, le contexte historique étant moins creusé, ça n’a pas passé.
   
   Et vous, votre avis?

critique par Karine




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