Lecture / Ecriture
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G comme: QRN sur Bretzelburg de Greg

Greg
  G comme: QRN sur Bretzelburg

G comme: QRN sur Bretzelburg - Greg

Spirou, 80 ans et tout son talent
Note :

   Dessins: FRANQUIN
   
   Né en 1938 par Rob-Vel pour le dessin, et par Blanche Dumoulin pour les textes, ce que l’on sait moins, Spirou a fêté en avril 2018 ses quatre-vingts ans. Il ne les paraît guère.
   
   Faut dire qu’au fil des années et des différents contributeurs qui lui ont permis d’évoluer graphiquement et narrativement, le petit groom n’a pas vieilli. Il s’est même bonifié, même si l’on peut préférer les histoires dessinées de certains auteurs par rapport à d’autres.
   
   Personnellement, je professe un faible pour la période Franquin et l’apport humoristique de Greg joue un rôle majeur.
   
   QRN sur Bretzelburg est le sixième et dernier album où les deux compères se retrouvent associés, en dépannage pour Greg car un problème éditorial oblige Franquin à appeler le scénariste en catastrophe.
   
   Lorsque débute l’histoire, Spirou, le Marsupilami et Spip l’écureuil, ont les oreilles polluées par la musique tonitruante que diffusent les postes de radio de Fantasio. Mieux, ou pire, celui-ci vient d’acquérir un transistor miniaturisé de conception japonaise et il en est fier. Un faux mouvement provoqué par Spip qui mord Fantasio à la jambe dans un élan de colère justifié et le minuscule objet est envoyé en l’air, rattrapé par Marsupilami qui l’avale.
   
   Quelques claques dans le dos n’ont jamais fait de mal à personne, sauf que le minuscule engin se trouve coincé dans le nez de Marsu. Il n’y a plus qu’à attendre que les piles s’usent afin de recouvrer la tranquillité auditive car le déluge de décibels commence à prendre sur les nerfs de nos personnages.
   
   Un qui n’est pas content, c’est un voisin, Marcelin Switch, qui habite la même rue et dont la passion est de naviguer sur les ondes en tant que radio-amateur. Ses réceptions sont brouillées et la faute en incombe au transistor indûment ingéré par Marsu, et si la moutarde lui monte au nez, c’est bien à cause du brouillage occasionné par le nez du marsupial.
   
   Or Marcellin Switch était en communication avec le roi Ladislas de Bretzelburg qui se plaint d’être prisonnier en son château. Il propose à Spirou de l’emmener avec le Marsu chez un ami vétérinaire qui s’y connait aussi en radio, et pendant ce temps Fantasio va se rendre chez lui afin de réceptionner la femme de ménage. Un service en vaut un autre, sauf que Fantasio est en pyjama. Un accoutrement vestimentaire qui induit en erreur deux policiers du royaume de Bretzelburg qui kidnappent notre ami.
   
   Naturellement Spirou et consorts alertent la police, mais devant le peu d’empressement manifesté par cette noble profession et ses représentants, ce sera direction Bretzelburg afin de délivrer Fantasio.
   
   Les gags s’enchaînent dans cette histoire pas si farfelue. En effet, entre Bretzelburg, royaume dirigé par le général Schmetterling, et le Maquebasta, du prince Farfalla ministre de l’Intérieur, une sourde rivalité mine les deux pays. Et l’on pourra reconnaître, grâce à certains dessins et allusions, des pays d’Europe Centrale. D’ailleurs l’uniforme des soldats de Bretzelburg, rappelle étrangement celui de la Wehrmacht. Il s’agit d’un épisode réel historique qui s’est déroulé quelques vingt-cinq ans avant l’écriture du scénario.
   
   Et si les gags en tous genres ainsi que les jeux de mots foisonnent dans cette bande dessinée, il ne faut pas oublier que souvent romanciers et scénaristes s’inspirent de faits réels. Mais seuls les adultes connaissant cette période pourront y déceler les allusions. Pour les enfants, il s’agit juste d’une bande dessinée humoristique aux dessins nets, précis, travaillés, au service d’une histoire riche en rebondissements, prêtant à sourire. Mais les adultes ne dédaigneront pas ce qui est plus profond que l’on pourrait croire.

critique par Oncle Paul




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