Lecture / Ecriture
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Les dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

Isaac Asimov
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Isaac Asimov est né en 1920 en Russie et mort en 1992 à New York. C'est un écrivain américain, naturalisé en 1928, surtout connu pour ses œuvres de science-fiction et ses livres de vulgarisation scientifique.

Il a été lu dans le cadre des mois "L'Age d'or de la Science Fiction "

Les dieux eux-mêmes - Isaac Asimov

Mon premier Asimov
Note :

   Nous sommes en 2070, presque demain, sur la Terre. Il n'y a plus de souci d'énergie ni de pollution grâce à la Pompe à Electrons: l'énergie est illimitée mais aussi gratuite! La population mondiale est de 2 milliards d'individus (il y a eu un conflit terrible et catastrophique), le gouvernement est mondial, la lune a été colonisée, on parle même d'univers parallèle. Pas de doute, c'est de la Science-Fiction, de la vraie et de la belle!
   
   « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes »? La découverte scientifique extraordinaire du professeur Frederick Hallam s'avère peu à peu être une bombe à retardement, capable de pulvériser l'Univers. Bien entendu, personne ne prête l'oreille aux avertissements lancés par le jeune professeur Lamont: en effet, pourquoi affoler la population avec un risque non seulement lointain mais peut-être improbable? Mais Lamont ne se résigne pas et décide de poursuivre ses recherches afin de prouver la dangerosité de la Pompe. Il est d'autant plus déterminé qu'il sait que les auteurs des plans de la Pompe sont les para-hommes (vivant dans l'univers parallèle) et qu'il y a des messages de ces derniers exprimant la peur des effets de la Pompe. En effet, au fil du temps, les lois de la physique des deux univers s'interpénètrent et se déséquilibrent de manière alarmante. Le soleil risque d'exploser et de tout pulvériser, l'Humanité est au bord de la destruction, de l'anéantissement. Ainsi s'achève la première partie du roman « Contre la stupidité... ».
   
   
   La seconde partie, « les dieux eux-mêmes... », nous entraîne dans l'univers parallèle avec lequel se font les échanges énergétiques. Là vivent les Solides et les Fluides. Ces derniers forment trois espèces essentielles les unes aux autres: les Rationnels, les Parentaux et les Emotionnelles. Les Fluides ont besoin de l'énergie solaire pour se nourrir et vivre. Leur soleil se refroidit et les Solides ont mis au point une Pompe à Positons leur permettant un échange d'énergie vitale avec la Terre. Au fil des pages, nous comprenons que l'Emotionnelle Dua saisit le péril encouru par la Terre: l'explosion de son soleil, la disparition de son système et donc de toute forme de vie. Dua comprend que c'est le but recherché par les Solides: ainsi, l'énergie dispensée par ce cataclysme garantirait pendant des millions de générations la survie des Solides et des Fluides. Elle ne peut se résoudre à laisser mourir des êtres vivants et envoie des messages d'alarme aux Terriens.
   
   La dernière partie du roman, « luttent en vain », nous entraîne sur la Lune, colonie ruant dans les brancards, désirant s'affranchir de la tutelle terrienne. Entre en scène, un personnage évoqué dans la première partie du roman: le professeur Ben Denison, laminé par son rival F.Hallam, père de la Pompe.
   La concurrence est féroce entre lunarites et les terriens: les premiers veulent posséder une Pompe à Electrons afin de ne plus avoir à sortir du ventre lunaire, utérus rassurant pour certains extrémistes. Aidé par une Lunarite intuitionniste, Denison travaille à mettre au point une anti-Pompe : il a entendu les alarmes de Lamont et sait que la Pompe est dangereuse.
   
   Ce roman, publié en 1972, articulé en trois parties étroitement liées par la citation « Contre la stupidité, les dieux eux-mêmes luttent en vain » de Johannes Friedrich von Schiller dans « La pucelle d'Orléans », est un roman d'une actualité étrange pour un lecteur d'aujourd'hui: doit-on accepter sans réfléchir aux conséquences possibles, le progrès? Le culte de la science n'occulte-t-il pas la notion d'humanité? Le bien-être immédiat et sans contrainte est-il la panacée? Lorsque le danger se profile, doit-on persister dans une politique de l'autruche? Dans le roman, Asimov de son écriture enlevée et agréable, malgré les notions de physiques incompréhensibles pour une profane telle que moi, nous parle du plutonium 186 (élément fantaisiste) mais nous pourrions mettre à la place du plutonium 186 le réchauffement climatique ou la destruction de la couche d'ozone.
   
   La magie de conteur d'Asimov comble le lecteur par ses références, non seulement scientifiques, mais aussi philosophiques (un passage important est consacré à la maïeutique socratique), littéraires (on ne peut s'empêcher de penser au roman « De la Terre à la Lune » de J.Verne) et aux échos de ses propres oeuvres (les Fluides sont-ils des robots?). Le foisonnement d'images, de récits complexes, rendent difficile l'écriture d'un commentaire digne de ce nom: comment donner envie de se plonger dans cette aventure sans trop en dire? La quadrature du cercle!
   
   Toujours est-il que ce « premier Asimov » fut une très agréable surprise: je n'osais pas aborder cet auteur avec le cycle des « Robots ». M'étant affranchie de cette crainte, je compte me lancer dans une exploration plus approfondie de son univers et son imagination fascinants.
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critique par Chatperlipopette




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Vieilli
Note :

    «En 2070, la Terre vit dans la prospérité et le bonheur grâce à la Pompe à Électrons, qui fournit une énergie illimitée et gratuite. Une découverte extraordinaire, à moins que...
   À moins que cette invention miraculeuse ne constitue à plus ou moins longue échéance une menace imparable pour notre Univers; un piège tendu par une civilisation parallèle pour annihiler notre réalité.
   Seules quelques personnes ont pressenti la terrible vérité: un jeune physicien marginal, une Lunarite intuitionniste, un extraterrestre rebelle vivant sur une planète qui se meurt.
   Mais qui les écoutera? Qui les croira? Contre la stupidité, les Dieux eux-mêmes luttent en vain.
   Ce roman a obtenu le prix Nebula 1972 et les prix Hugo et Locus 1973.»

   
   Le héros de ce roman va surprendre plus d'une personne puisqu'il s'agit de l'énergie / du soleil. Ce livre est écologique avant l'heure et comme bien souvent un roman visionnaire: le premier choc pétrolier n'a pas encore eu lieu mais déjà Asimov anticipe les problèmes humains et économiques liés à l'énergie. Mais il ne s'agit pas que de cela, il attire également discrètement l'attention sur les manipulations génétiques, l'avenir de l'homme et revient sur un de ses credo: la psychohistoire, avec la manipulation exercée par les politiques ou les pouvoirs accordés à quelques uns (rien de bien nouveau). C'est étrange de lire cet ouvrage dans le contexte actuel.
   
   La notion de roman d'anticipation utilisée avant la SF me paraît tout à fait justifiée ici.
   Si vous vous référez à la quatrième de couverture ne vous leurrez pas; aucun des 3 personnages ne se rencontreront, mais l'ouvrage découpé en 3 parties nous fait suivre la quête de l'énergie selon 3 points de vues distincts mais qui s'imbriquent et essaient de contrer les incrédules ou plus simplement ceux qui refusent de modifier leurs petites habitudes au risque de détruire des civilisations.
   
   J'ai trouvé le 1er chapitre assez hardus car il est question dans les dialogues de théories physiques, mathématiques (fumeuses en ce qui me concerne) afin d'expliquer le danger que pourrait représenter la Pompe à Electrons et, les explications de Lamont, le jeune physicien qui s'oppose à Hallam, le "Père" de la Pompe à Electrons, ne sont pas forcément des plus attrayantes (Asimov a beau avoir écrit de nombreux ouvrages de vulgarisation sur le sujet, je me suis quelque peu embrouillée devant toutes ces notions mathématiques, chimiques). Fort heureusement l'histoire suit son cours et Lamont fait appel à un professeur archéologue, versé dans la "traduction d'inscriptions étrusques" qui, il l'espère, pourra l'aider à communiquer avec les para-hommes qui se trouvent de l'autre côté de la Pompe à électrons dans un para-univers, hommes plus avancés technologiquement et qui ont fourni toutes les indications permettant la construction de la pompe.
   
   Le second chapitre nous décrit ce para-univers, nous permet de découvrir sa population ainsi qu' une triade particulière composée d'un Rationnel doué, d'une Emotionnelle à l'esprit rationnel et d'un Parental téméraire. Il confirme les craintes de Lamont et résout quelques unes des interrogations de la première partie.
   
   La dernière partie se situe sur une colonie de la Terre: la Lune. Nous rencontrerons une intuitionniste qui grâce à ses qualités va aider celui qui fut à la source de la montée en puissance d'Hallam.
   
   Comme vous pouvez le voir cet ouvrage est assez foisonnant et fait de rebondissements dans le dernier chapitre - je vous ai donné quelques informations car je me suis interrogée sur le bien fondé de cette partie lorsque je l'ai débutée -.
   
   Ce livre est réellement différent dans sa construction de ce que j'ai pu lire en SF jusqu'alors. J'ai particulièrement aimé les vues d'Isaac Asimov sur le développement de la civilisation dans le para-univers, la notion de la triade. Passé le 1er chapitre, la lecture est relativement aisée. Néanmoins ce n'est pas mon préféré. J'espère que le prochain bouquin de SF que je vais ouvrir répondra davantage à mes critères.

critique par Delphine




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