Lecture / Ecriture
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Classé sans suite de Claudio Magris

Claudio Magris
  Danube
  Une autre mer
  Enquête sur un sabre
  Microcosmes
  A l'aveugle
  Classé sans suite

AUTEUR DES MOIS D'AOUT & SEPTEMBRE 2018

Claudio Magris est un universitaire, journaliste et écrivain italien, né à Trieste en 1939.

Classé sans suite - Claudio Magris

Sans plus aucune illusion
Note :

   Un livre magnifique, mais un livre un peu difficile, en raison peut-être de son style soutenu, mais surtout de la masse énorme de renseignements, de références, de citations etc. qui réclament du lecteur une attention toujours vive et soutenue et ne lui laisse aucune période de moindre effort. J'avoue que je m'y suis fatiguée, et pourtant, quelle œuvre ! J'admire, tout autant.
   
   Ce roman s'inspire librement de la vie d'un original qui a consacré son existence à créer à Trieste (ville dont Claudio Magris est lui-même originaire), un musée de la guerre, des premiers âges à l'époque la plus récente, exposant une quantité jamais suffisante d'armes en tous genres, avec une prédilection toutefois pour les conflits germaniques de l'époque moderne, au cœur desquels la région s'est trouvée. L'idée de ce fondateur obnubilé, était que l'exposition de tous ces vecteurs de morts, ne pouvaient que susciter un dégoût et un puissant désir de paix.
   
   La structure du musée est la structure du roman. Nous y pénétrons, et la première salle est le premier chapitre, la deuxième, le chapitre suivant, et ainsi de suite, jusqu'à la dernière salle. Le contenu de chaque salle amène l'évocation de faits, des récits de toute époque, ayant trait à la destruction de l'homme par l'homme. Et notre guide en cette visite, est la responsable du musée dont la vie, bien qu'elle soit plus jeune, a été entièrement modelée par la dernière guerre. A proximité, se trouvait un camp de concentration et d'extermination. Au fil des salles et des souvenirs, nous découvrons aussi l'histoire de sa famille, si tragiquement mêlée aux massacres triestins.
   
   Ce que Magris dénonce, c'est que les bourreaux d'hier, auteurs des actes les plus odieux, ont été bien accueillis après guerre dans la bonne société qui, au regard de leur réseau d’affaire, de leur fortune, pour les industriels, ou de leurs connaissances, pour les savants, ne s'est guère souciée de rendre la moindre justice. On les a bien vite réintégrés aux meilleures places ; mieux, on les a aidés à cacher leur crimes déjà oubliés (excusés?). En Amérique latine pour les plus voyants, en Europe même pour les autres. Effort nécessaire pour la remise en route ? Vraiment ? Allons donc, pas à ce point là. Nul n'est irremplaçable, on le sait bien. C'était surtout qu'en y regardant de près, personne n'était blanc-bleu à partir d'un certain niveau social, et comme ce sont toujours les mêmes qui sont en place...

critique par Sibylline




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